29 avril 2009

Les sept Jours (Shiva) (2008) de Ronit et Shlomi Elkabetz

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Une réunion de famille à l'occasion d'un enterrement qui tourne au règlement de comptes total, Ronit et Shlomi Elkabetz nous livrent une version endeuillée et israélienne d'Un Conte de Noël qui en dit long sur les tensions au sein même de cette communauté. Les deux seules choses qui semblent réellement réunir tous les membres de la famille sont la mort - celle d'un proche en l'occurrence - et les menaces d'attaques irakiennes - on est en 1991 en pleine première guerre de le Golfe.  Pour le reste, ce huis-clos - ils cohabitent ensemble dans l'appartement du défunt pendant sept jours - sera l'occasion entre deux prières de multiples déchirements : problèmes d'argent, trahison, adultère, jalousie et j'en passe. Le ton monte progressivement et va finir par ne laisser personne indemne, chacun ayant droit à sa petite réflexion, qu'il s'agisse de critiquer le caractère de l'un ou les agissements passés de l'autre. Les premiers rounds d'observation où chacun semble maugréer en silence ne vont pas tarder à laisser la place à des assauts d'une terrible violence verbale. Si les dialogues et les acteurs sont au diapason pour faire ressentir ces multiples confrontations, j'avoue avoir un peu plus de réserve sur la façon très à plat dont c'est filmé : dans chaque séquence, chaque personnage est placé pour se retrouver face caméra et ce procédé, répété tout au long du film, - dès que le plan-séquence commence, on peut aisément savoir qui prendra la parole ou l'endroit où la personne se placera pour participer à la discussion - donne parfois un peu trop l'impression d'une sorte de "théâtre filmé". Que les cinéastes prennent le soin de faire tenir dans un même cadre la plupart des membres de la famille pour traduire leur promiscuité (le soir venu, ils campent dans une même pièce à même le sol), c'est un choix tout à fait louable; mais c'est peut-être aussi parfois un tantinet artificiel...  C'est un peu dommage car, ce petit côté calculé à l'avance enlève un peu de vie et de spontanéité au véritable brio de l'écriture. Cette petite réserve mise à part - je suis peut-être un peu pointilleux (on est certes pas non plus obligé de faire du Cassavetes avec une caméra en transe, mais bon) - le film possède une vraie densité pour illustrer ces multiples tiraillements à l'intérieur même du groupe dont chacun des membres possède sa propre culture (le jeu même sur l'emploi des langues - hébreu, français voire même allemand), sa propre histoire, sa propre vision des choses.   

Relkabetz

Posté par Shangols à 16:30 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


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