03 mars 2012
L'Étrange Affaire Angélica (O estranho caso de Angélica) de Manoel de Oliveira - 2011
On retrouve toujours avec bonheur la mise en scène géométrique de Manoel de Oliveira, même si ce film est peut-être un poil en-dessous de la splendeur formelle de Singularités d'une jeune Fille blonde. Là encore, l'architecture des plans est impeccablement ordonnée : Oliveira joue des profondeurs de champs, des amorces, des focales, des compositions, des couleurs, et de la place de chaque objet, de chaque acteur, avec une virtuosité effarante, qui confère il est vrai parfois à un certain exercice de style, mais qui flatte l’œil... [Lire la suite]20 janvier 2012
Christophe Colomb, l'énigme (Cristóvão Colombo - O Enigma) de Manoel de Oliveira - 2007
Pas à dire : même quand il filme un sujet a priori pas passionnant (ici, les origines portugaises de Christophe Colomb), de Oliveira parvient à passionner par son art impeccable du cadre et de la mise en scène. Plus le temps passe plus la simplicité semble de mise dans ses plans d'une épure absolument somptueuse. Il suffit de regarder le dernier plan de ce film pour s'en convaincre : une ligne horizontale (la mer) qui sépare un rectangle (l'écran) en deux, avec juste un lointain point blanc (un bateau) pour rompre très légèrement la... [Lire la suite]16 novembre 2009
Singularités d'une jeune Fille blonde (Singularidades de uma Rapariga Loura) (2009) de Manoel de Oliveira
Pour ne point finir la semaine sur une note cinématographique lourdaude, le dernier opus de Manoel de Oliveira (100 ans, tout rond, au compteur à tel point que sur chaque travelling on craint un arrêt du coeur) est un conte moral d'une légèreté absolument jouissive. Si l'amour est aveugle, le spectateur - comme le personnage principal - l'est aussi, cherchant toujours à vouloir fantasmer sans voir la réalité... qui lui crève les yeux. Une entrée dans le film toute en douceur et en clins d'oeil avec ce contrôleur de train qui vérifie... [Lire la suite]26 juin 2009
Porto de mon Enfance (Porto da Minha Infância) (2001) de Manoel de Oliveira
Voilà un film qui ne mange pas de morue, ma foi. Il est de bon ton apparemment de s'extasier sur tous les films du bonhomme, mais je ne le ferai point. Ce Porto de mon Enfance est bien sympathique - le souvenir d'un cinéaste sur sa ville natale, on pourrait presque faire un cycle - mais n'a absolument rien de transcendantal. A partir de photos - celles notamment de sa maison d'enfance en ruines (forcément, comme les souvenirs sont aussi, par définitions, pleins de trous, cela fait une belle "image"), de petites... [Lire la suite]17 mai 2009
Je rentre à la Maison de Manoel de Oliveira - 2001
Il paraît que la sagesse vient avec l'âge, et ça semble se confirmer avec cet émouvant film du nonagénaire Oliveira : sans aucun effet voyant, avec une sobriété totale, il parvient à faire toucher du doigt une chose éminnemment fragile et indicible : le temps qui passe, la vieillesse, la joie et la simplicité d'être simplement au monde. Je rentre à la Maison est un film en dentelles, tellement fragile, tellement ciselé, tellement délicat qu'on a peur qu'il casse à chaque nouvelle séquence : il ne casse jamais, ne se départant en aucun... [Lire la suite]
