24 juillet 2007

Capitaines d'Avril (Capitaes de abril) de Maria de Medeiros - 2000

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Capitaes de abril appartenant à la catégorie surannée des "films-pour-classes-de-collège-bien-sages", on est très loin du grand cinéma. On ne hurlera donc pas au génie devant cette fresque pleine de figurants et d'héroïsme, de romance et de cris de révolte. Toutefois, il y a là-dedans tellement de sincérité et de juvénilité, et une telle honnêteté par rapport à son public, qu'on ne peut que s'incliner devant cette première oeuvre qui remporte quand même le morceau.

capitaes_de_abril04D'abord, De Medeiros aborde un sujet historique peu (ou pas) exploré jusqu'alors : la Révolte des Oeillets au Portugal en 1974, une seule journée où le destin du pays a basculé sous la pression populaire. En retraçant minute par minute les micro-évènements qui ont fini par en faire un grand, la cinéaste réussit un film précis, sans pathos ou presque, tout en véracité tant historique que psychologique. Quelques scènes surprennent au milieu de ce cinéma de genre : des blindés qui envahissent Lisbonne tout en respectant les feux rouges, une poignées de militaires effrayés qui trouvent le courage d'aller au bout de leurs opinions, la confrontation sidérée d'un jeune gradé avec le Président en poste, la prise d'assaut amatrice d'une station de radio... De Medeiros filme des gens, des vrais, sans chercher à les rendre "bigger than life", et c'est tout à son honneur, puisque le film y gagne en vérité et en modestie. On sent lacapitaes_de_abril03_jpg donzelle avide de rendre justice à ces petites gens qui sont rentrés dans l'histoire presque sans s'en rendre compte, dans le rush et l'euphorie de la foule.

De plus, elle évite soigneusement le piège facile des histoires intimes opposées à la grande Histoire : ici, très peu de scènes d'amour à la con, très peu de trames parallèles qui viendraient briser la course parfaite du récit. On reste sur l'évènement, même si De Medeiros n'oublie pas de faire jouer ses acteurs, et même si elle ne se refuse pas quelques instants d'émotion de bonne guerre. Il faut dire aussi qu'elle est d'une beauté halucinante dans ce film : même si elle ne se donne modestement qu'un petit rôle, elle apporte la petite touche d'humanité supplémentaire pour rendre Capitaes de abril romantique et émouvant. Les autres acteurs sont au diapason, dans un jeu très simple, touchant, sensible. Il n'y a que côté mise en scène que la belle pêche capitaes_de_abril05_jpgun peu, on est dans le cinéma de papa qui ressemble aux autres, sans vraie idée, sans vrai regard esthétique. Tant pis : on apprend plein de choses, on verse sa larme, et on ressort du truc finalement satisfait.

Bref, pour une fois, on a droit à une fresque pas trop lourde, et je vais pas la ramener encore une fois avec Loach, mais si vous suivez mon regard, y en a qui devraient en prendre de la graine.

Posté par Shangols à 17:04 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


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