25 février 2012

La Femme de nulle Part (1922) de Louis Delluc

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Une rude journée s'annonce pour Gine Avril, pouvant faire passer une mission de Jack Bauer pour un pique-nique. Elle languit dans sa vaste demeure ; mais attention va y avoir du mouv : son mari doit se rendre à Gênes pour un rendez-vous d'affaire, son amant doit venir ensuite lui rendre une petite visite et l'emmener loin loin loin et cerise sur le gâteau, une femme de nulle part (Eve Francis), celle du titre, va débarquer... Celle-ci est une lointaine parente qui a habité jadis en ces lieux, lieux qu'elle a quittés pour suivre un jeune homme. Cette inconnue ne va pas tarder à voir claire comme de l'eau de roche dans le petit jeu de son hôte et va se faire un devoir de la mettre en garde. Ne fais po n'importe quoi, ma fille, d'autant que toi, tu as une fille. L'autre est toute blackboulée, voit son amant, tergiverse, et celui-ci de lui donner un rendez-vous pour le lendemain... La nuit portera conseil... A la femme de nulle part.

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Elle n'a eu de cesse de se remémorer des images du passé, quand elle voyait son amant, et va finalement essayer de convaincre son hôte qu'elle doit laisser parler ses pulsions. Ah ben oui, en chaque amour, il y a ses joies et ses peines, mais nom de Dieu, qu'est-ce qui nous reste d'autre !!!! Pars, pars, pars et vis ta vie ! Gine ne sait plus sur quel pied dansé. Faudrait sûrement un ptit coup du destin pour que son cœur balance... Eve Francis, maquillée à la truelle, en fait des tonnes, toute nostalgique en repensant à ses tourments amoureux. Gine n'ose se découvrir d'un fil passant des bras vigoureux de son jeune amant qui l'étreint à ceux de l'Eve qui tente de la convaincre de se faire la malle. Delluc n'a guère besoin de carton pour nous rendre son histoire explicite - même les nombreux petit flash-back sont évidents - et dynamise à fond son histoire grâce à un montage particulièrement efficace. Une belle petite rareté animée par la passion amoureuse (mais triomphera-t-elle, hum hum ?) qui fleure bon les années vingt.

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Posté par Shangols à 11:40 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]


15 décembre 2010

Fièvre (1921) de Louis Delluc

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Si l'on est familier avec le "prix", on l'est moins avec l'oeuvre du gars Louis. Atmosphère de petit bar marseillais avec ces joueurs de cartes qui boivent comme des trous, ces étranges individus esseulés qui semblent ne plus rien attendre, ces donzelles qui guettent on ne sait quoi... On ne sortira point de ce lieu si ce n'est, au départ, avec de brefs inserts de plan sur l'arrivée d'un bateau au port et, par la suite, par l'usage de flashs-back subtilement amenés - on a certes paumé les intertitres, mais l'ensemble reste tout à fait "lisible". Une jeune femme derrière le comptoir - dont le compagnon actuel est apparemment le tenancier du bar (vue la grimace qu'elle fait en sa direction, elle ne semble guère le porter dans son coeur) - évoque son ancien amant, marin, à l'une des clientes de passage. Une armada de marins déboule ensuite et on ne tarde point à siffler une brochette de gazelles du coin qui arrivent illico. Petit round d'observation, et hop, celles-ci se retrouvent en un clin d'oeil sur les genoux de ceux-là. Nos marins qui reviennent d'Orient déballent de leur sac leurs souvenirs - animaux, kimono, ombrelles, statues...- et entraînent les gorettes dans la danse.

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La jeune femme se rapproche de son marin, l'ancien amant qui fait partie de cette troupe fraîchement débarquée, et ce dernier évoque sa rencontre, voire son mariage (?), lors de son dernier voyage, avec une Asiatique... Elle fait forcément la moue, mais ils se rabibochent rapidement quand il l'invite à danser. S'en suivra une grosse bagarre (le marin prend à parti un client saoul qui ennuie une jeune cliente - qui se traîne bizarrement par terre... - avant que le tenancier se jette sur lui) au cours de laquelle notre marin perdra la vie... Les flics viennent cueillir la jeune femme (ah !) puis la jeune cliente vient se saisir d'une fleur sur le comptoir... Une ambiance qui ne prète guère à rire avec ces personnages qui semblent traîner leur infinie tristesse, jusqu'au climax - méga baston - qui se termine en tragédie. On ressent dans ce court, très joliment construit, à la fois une évidente énergie - ces couples d'un soir qui s'échauffent autour d'une table puis sur la piste - mais également, notamment lors dans ces gros plans très expressifs sur ces personnages "à quai", une bonne dose de mélancolie. Le final se charge d'une inattendue petite pointe de poésie comme pour adoucir subtilement cette subite fièvre, cette montée de violence lors des différents réglements de compte. Une initiation à l'oeuvre de Delluc qui donne forcément envie de découvrir le reste. A tout prix.   

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Posté par Shangols à 11:07 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
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