Princesas (2005) de Fernando León de Aranoa
Film qui pouvait s'annoncer comme un peu racoleur (l'amitié entre deux prostituées, l'une espagnole, l'autre de Saint Domingue) et si Leon n'évite pas certain poncif (C'est pas une partie de plaisir tous les jours, pute, en fait), il arrive à rendre son histoire touchante, ou tout du moins à nous conter leurs parcours respectifs avec beaucoup de pudeur.
Le jeu des deux actrices principales y est pour beaucoup (Candela Pena déjà vu chez Almodovar dans Tout sur ma mère, Michaela Nevarez jamais vu mais avec beaucoup d'atouts dans son jeu); si l'une a du mal à faire son coming-out à sa famille, l'autre ne cesse de penser au petit garçon qu'elle a laissé au pays. Elle vont peu à peu s'entraider pour essayer au quotidien de surmonter aussi bien les problèmes de visa, que les coups ramassés par les clients ou se tenir compagnie pour faire du shopping et choisir un
string (moi j'ai préféré cet aspect social-là, mais c'est tout personnel). Sans jamais tomber dans le pathos, avec des dialogues qui tiennent souvent la route ("-Tu crois qu'il y a une autre vie après la mort? -J'espère pas, j'ai peur qu'elle soit comme celle-là") Leon filme sur la corde raide à l'image de cette jolie séquence où une très jeune prostituée marche en équilibre sur une mince planche en bois devant les clients (Il y a des rave-party de prostituées en Espagne ou quoi?... On les retrouve toujours dans des terrains boueux...) Certes, Leon abuse un peu de la fonction zoom sur sa caméra pour faire "plus docu" mais c'est de bonne guerre. Le film est prévu pour novembre 2006 en France et il faut espérer que d'ici là Leon aura continué dans cette voie exigeante, avec peut-être encore un peu plus de tranchant.
