Boy A (2007) de John Crowley
L'accroche est forcément pleine de sous-entendus terribles : peut-on avoir une seconde chance ? On se dit putain, en plus, un film anglais avec Peter Mullan - mais sans Ken Loach (ouf) -, on sent venir le drame de loin!! Mais je suis méchant d'autant que, même si le scénario ne fait pas forcément dans la dentelle, le film, dans le jeu des acteurs et son atmosphère générale, est d'une grande sobriété.
Au début, on se croirait presque dans Nikita (Gasp!) : un jeune gars, tout mal à l'aise, fait face à Peter Mullan et se voit offrir l'opportunité de se choisir un nouveau nom; soit c'est un petit jeu, soit le gars a dénoncé tous les parrains de la mafia, soit il a fait une grosse connerie. Ce sera la dernière option. On joue tout de même à donf sur un suspens un peu malsain, et il faut presque attendre la moitié
du film pour comprendre que notre type a été impliqué dans une histoire... à peine avouable. Mais bon, putain, la question c'est "cette seconde chance, on peut l'avoir oui ou non ???". Notre jeune gars a pas l'air bien futfute mais c'est une vraie crème : maladroit comme un âne avec les gonzesses, po au courant de l'évolution de la société, il ne tarde cependant point à se faire accepter comme pote, voire comme petit copain. Il est encore tout fébrile, frôle le drame lorsqu'il est confronté une première fois à la violence, mais tente de vivre comme n'importe quel individu lambda. La où le scénar enfonce un peu le clou, c'est que notre gars va sauver la vie d'une chtite gamine dans un accident de voiture, ce qui prouve qu'il est bon. Ca rend le type sympathique, genre "rédemption totale après avoir touché le fond"; c'est tellement téléphoné qu'on grince quand même des dents... Dans le même genre, le Peter Mullan est au taquet pour s'occuper de la réinsertion d'ex-prisonniers mais un peu lourdé quand il s'agit de son fils - un contraste genre "vie privée, vie professionnelle : c'est po pareil" aussi grossier que celui entre vie passée et présent du jeune gars. C'est d'autant dommage que le reste du film est construit sans aucune épate, s'intéressant simplement et avec beaucoup de pudeur à son personnage principal, au passé définitivement ultra lourd à porter - Andrew Garfield apporte une évidente émotion à son personnage et c'est bêta que le scénario trébuche sur ces ornières... Sinon cette seconde chance finalement, possible ? Bah bah bah, la rancune est souvent plus forte que tout, vous savez, et pis vous me fatiguez avec vos questions sur les affiches.


