Overlord (1975) de Stuart Cooper
Le projet de mêler des images d'archives à la fiction d'un jeune soldat anglais anonyme appelé sous les drapeaux pour le débarquement en France semblait au départ plutôt intéressant, d'autant que Cooper pour cette partie fictionnelle s'inspire des photos de Cappa. Le résultat est un peu mi-figue mi-raisin avec ce mélange d'événements historiques "spectatulaires" des incendies de Londres ou de bombardements vus d'avion et d'un parcours plus banal filmé à hauteur d'homme. Mais la sauce entre les deux a vraiment du mal à prendre, d'autant qu'on apprend pas grand chose sur ce parcours très classique d'un soldat: que l'armée britannique, comme n'importe quelle armée dans le monde, ne soit pas une partie plaisir n'est pas nouveau en soi, ouais il prend sa dose d'insultes crachées dans sa figure, ouais il se traîne comme un con dans la boue, bon, bien, l'inverse nous aurait étonnés. Ensuite sa petite amourette avec cette jeune fille de rencontre est à la limite de miêvrerie - oui c'est dommage qu'ils n'aient pas plus de temps pour se connaître, mais Waterloo Bridge tirait de cet élément une force alors que là on tombe plutôt dans la faiblesse - rien ne se passe super, si ce n'est un pauvre baiser de collègien. Enfin, seule véritable surprise, ce que le soldat redoutait le plus, à savoir se faire abattre dès son arrivée sur la plage n'aura point lieu, puisqu'il se prendra une balle dans la tête en étant encore dans le bateau (si ça c'est pas un coup de bol!). On sent bien que Cooper tente de soigner ses plans, dans ce parallèle notamment entre cette course sur la plage pseudo-prémonitoire et le premier plan, au début du film, quand le soldat arrive chez lui avant de s'embarquer mais on a du mal à trouver cela vraiment passionnant.
Ca se veut au plus près du réel mais cette re-création du réel peine à vraiment co-exister avec les images d'archives et c'est un peu l'effet inverse qui se passe: au lieu de plonger dans la fiction, ce va-et-vient constant entre Histoire et petite histoire paraît un peu superficiel - c'est en tout cas une impression toute personnelle et une certaine déception.


