28 janvier 2010

Esther (Orphan) de Jaume Collet-Serra - 2010

vlcsnap_2010_01_28_16h39m42s252Orphan ne modifiera sûrement en rien l'histoire du cinéma horrifique, mais parvient à se hisser au-dessus du panier malgré tout. Modeste et bien mis en scène, il ne se targue pas d'être le film le plus effrayant de la terre : juste de savoir instiller une ambiance morbide avec finesse, de bien diriger ses acteurs, et de réserver tranquillement son lot de scènes à chocottes. Loin de ses contemporains qui usent à gogo de trames surnaturelles à base de fantômes ou de zombies, Collet-Serra, lui, flirte plutôt avec les thrillers des années 70 (modèle The Omen), ceux qui ne vont pas chercher la complexité pour expliquer l'horreur, ceux qui s'intressent plus aux déviances humaines qu'aux spectres ricanants.

Ce n'est pas nouveau, certes, cette enfant qui prend sous son emprise toute une famille, innocente en surface, diabolique à l'intérieur ; pas nouvelle non plus, cette façon d'utiliser la maladie mentale (schyzophrénie, complexe d'Oedipe) comme clé du suspense. Mais malgré le passif, Collet-Serra rend vlcsnap_2010_01_28_17h20m30s157particulièrement crédible sa petite orpheline désuette et immonde, et sait très bien raconter la montée en puissance de sa manipulation. En prenant son temps (le film dure plus de deux heures), il dissémine sur un très bon rythme les scènes de suspense, faisant monter avec maîtrise la pression jusqu'au final. Il est bien aidé par cette actrice toute en ambiguité, Isabelle Fuhrman, qui possède une capacité impressionnante à changer de visage en une fraction de seconde. Le reste du casting, constitué de victimes idéales, n'est pas mal non plus, et on prend un réel plaisir à assister à la déréliction de cette famille. Ajoutez à cela une thématique intéressante sur la douleur de la maternité, la trop grande innocence qu'on attribue aux enfants, et les dangers de l'adoption (eheh), et vous obtenez ce machin bien écrit qui vous tient en haleine.

vlcsnap_2010_01_28_18h13m31s230En plus, Collet-Serra n'est pas manchot côté mise en scène, malgré l'abus de ces plongées perpendiculaires qui finissent par lasser, et de ces clichés habituels dans les effets horrifiques (le miroir, comme d'hab) : il sait utiliser une belle photographie hivernale, et rend toutes ses scènes d'action très lisibles, ce qui n'est pas à la mode. Bref, on ne va pas non plus en faire un plat, c'est relativement convenu, mais il y a peut-être là un réalisateur en instance. Collet-Serra n'est peut-être pas qu'une chanson de Philippe Lavil...

Posté par Shangols à 19:44 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


  1