Sur le Yangzi (Up the Yangtze) (2007) de Yung Chang
Un peu déçu par ce documentaire salué par la critique qui, par l'intermédiaire de deux petits jeunes employés sur les bateaux touristiques qui remontent le Yangzi, confirme gentiment ce que tout le monde sait (bon, c'est vrai que vivre en Chine aide peut-être à le savoir, mais tout de même): le projet hydraulique du barrage des trois gorges est bien pour le pays mais po forcément pour les individus qui habitaient sur les rives... On suit donc essentiellement la vie d'une famille qui s'est construit une hutte de bric et de broc sur la rive en attendant d'être relogée - et la montée des eaux; vivant de leur modeste culture, ils n'ont pas assez de thunes pour que l'aînée de leurs trois enfants poursuive ses études. A 16 ans, elle se retrouve donc employée à la plonge lors de croisières qui n'amusent que de vieux touristes américains ou européens. De grosses larmes inondent souvent ses petits yeux et elle semble avoir un peu de mal à rentrer dans le moule; l'une de ses collègues résume la situation par une phrase terrible : "Elle devrait faire plus d'effort pour se faire accepter : ses parents sont très pauvres, donc il est normal qu'elle travaille encore plus dur" - Welcome in China. Elle est même, la pauvrette, définitivement ultra mal à l'aise quand le manager rencontre ses parents - la terrible honte de venir d'un milieu pauvre, welcome in... ah oui déjà fait. Elle finit malgré tout à s'habituer à son taff alors que sa seule amie lui peinturlure les yeux et les lèvres; si en plus, elle oublie po de sourire, elle pourra ptêtre monter en grade... Parallèlement ses parents en chient comme des diables pour déménager (la hutte fait de petites bulles dans l'eau à présent) et se retrouvent dans du dur (du gros basique, bien différent des baraques des personnes soi-disant relogées que l'on fait visiter aux touristes qui semblent gober, baba, la mise en scène) avec une pauvre ampoule (merci le barrage) mais plus de culture ni d'eau gratos. On assiste aussi au véritable conditionnement des employés pour ne pas froisser le touriste, poule aux oeufs d'or lorsque celui-ci donne des pourboires - le second jeune employé que l'on suit, ne pense d'ailleurs qu'à la thune (oui, bon, c'est à la mode, je sais), semble bien fier de lui quand il exhibe ses trente dollars de pourboire (on peut pas dire qu'il la joue légère pour les avoir) et se fera débarquer au bout de trois mois... au suivant. Bref, sur les bords du fleuve, c'est pas folichon pour tout le monde : le Yangzi ou la voie royale du capitalisme ?... Vous voulez un poème de Mao, sinon, pour la route ? Mouarf...


