24 novembre 2022

La Décade prodigieuse de Claude Chabrol - 1971

Une réputation catastrophique suit ce film, qui serait un des pires Chabrol. Même si ce n'est pas complètement faux, je trouve que c'est injuste : il y a beaucoup de choses intéressantes dans La Décade prodigieuse, fors une photographie dégueulasse (les années 70...), un scénario lourdement psychologique et des acteurs un poil en roue libre. L'internationalisme de la distribution a joué des tours à Chabrol, qui mélange monstres sacrés et jeunes filles en fleurs, egos surdimensionnés et artisans modestes, et le déséquilibre handicape... [Lire la suite]
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11 mai 2022

La Rupture de Claude Chabrol - 1970

Un des films préférés de Chabrol lui-même, semble-t-il, ce qui est rare chez lui, La Rupture est un bidule étrange, pas très aisé, pile à cheval sur ses premiers films plutôt simples et les futures expérimentations assez usantes des années 70. Il s'agit en fait d'un film noir, teinté de psychologie et de polar, mais tout y est rendu presque abstrait, en tout cas loin du vraisemblable, ce qui donne à l'ensemble un petit côté rêvé, un côté déconstruit très moderne (pour l'époque). C'est un bel effort de la part de Chabrol, mais le... [Lire la suite]
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17 mars 2022

Jours tranquilles à Clichy de Claude Chabrol - 1990

Catastrophe, échec et gabegie pour cette tentative chabrolienne d'adapter le tonique roman de Henry Miller : il en ramène une carte postale poussiéreuse du Paris des années 30, celle qu'aurait pu envoyer à sa famille un touriste allemand attiré par le "Gross Pariss", le "Moulin rouche" et les "petites temoisselles". A vrai dire, on ne comprend pas trop quel est le projet, tant Chabrol rate tout : son portrait de la France délurée de cette époque, qu'on a du mal à imaginer réalisée par un amoureux de Paris tel que lui, sent le rance... [Lire la suite]
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08 octobre 2021

Madame Bovary de Claude Chabrol - 1991

Il y a eu la version de Renoir, traîtresse et légère, il y a eu celle de Minnelli, hollywoodienne et en Technicolor*... Chabrol revient à la source avec ce film assez classique dans sa forme mais pas inintéressant pour autant, et tente de restituer telle quelle l'histoire pathétique d'Emma Bovary, femme mal mariée à un gentil nigaud, rêvant de romantisme dans son trou de province, prenant les mauvais amants aux mauvais moments, et finissant suicidée et la bouche pleine d'arsenic. On le sait : la grandeur du livre ne tient pas du... [Lire la suite]
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24 juin 2021

La Fleur du Mal de Claude Chabrol - 2003

Chabrol a toujours été capable du pire et du passable, franchement. En tout cas, quand on voit ce qu'il ose nous pondre, pour son 50ème (cinquantième) film, on est en droit de se poser des questions sur son véritable talent et sur son possible statut d'imposteur. La Fleur du Mal est bâclé du début à la fin, tout y est ringard et presque volontairement dilettante, comme si Chabrol voulait bien nous faire comprendre que désormais la sieste était pour lui plus importante que la création. Déjà, au niveau scénar, on tremble devant la... [Lire la suite]
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27 mai 2021

Betty de Claude Chabrol - 1992

Morne plaine en cette année 92 pour Claude Chabrol, qui adapte ici un roman de Simenon et lui rend justice, puisque Betty est moyen (je n'aime pas Simenon). Très classiquement, sans surprise, il dresse son éternel portrait au vitriol de la bourgeoisie, à travers une histoire vénéneuse dont il a le secret, et qu'il ressort tous les deux films de son chapeau : Betty (Marie Trintignant) est une femme étrange, récupérée un soir complètement saoule par une aristo désœuvrée (Stéphane Audran), qui la prend sous son aile. Entre deux petits... [Lire la suite]
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18 octobre 2020

Le beau Serge (1958) de Claude Chabrol

Un premier film de Chabrol qui a déjà la dent dure envers cette pauvre petite vie de province, cette situation qui se dégrade plus qu'elle n'évolue, ces personnages qui se comportent comme des bêtes, cette absence de perspective générale. Dans ce petit village de Creuse, on fait la connaissance d'un florilège de personnages peu ragoûtants, le pote d'enfance, Serge, plus très beau à voir, devenu alcoolique primaire (Gérard Blain et son rire enfantin ET diabolique - automatique et nerveux), la Marie-salope Bernadette Lafont prête à... [Lire la suite]
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30 mars 2020

L'Oeil du Malin de Claude Chabrol - 1962

Chabrol a toujours aimé le ton froid et les objets glacés, et ça a même donné lieu à quelques-uns de ses meilleurs films (La Femme infidèle ou Juste avant la nuit, par exemple). L'Oeil du Malin est la preuve que ça peut aussi donner lieu à ses moins bons. Cette fois le style "nouveau roman" fait pshit, et ce film apparaît non seulement inutile dans sa filmographie, mais aussi raté dans tout ce qui fait l'intérêt du cinéma de Chabrol de ces années-là : trop sophistiqué, trop mal joué, trop bourgeois, le film se plante à tous les... [Lire la suite]
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22 mars 2020

La Ligne de démarcation de Claude Chabrol - 1966

Chabrol délaisse (déjà) ses inspirations Nouvelle Vague en cette année 66, et décide de rendre justice à une période de l'histoire finalement assez peu montrée : les années d'occupation de la France par les nazis. C'est tout à son honneur, et il s'en tire putôt pas mal, mais on remarquera que ce film manque assez cruellement de style, et qu'on cherchera un peu en vain le réalisateur libre et taquin des grands films passés ou futurs. Bon, tant pis : prenons ce film pour ce qu'il est, un portrait de la France profonde à l'heure des... [Lire la suite]
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27 juin 2019

Merci pour le Chocolat de Claude Chabrol - 2000

Pas de bras, pas de chocolat, c'est la conclusion à laquelle on aboutit au terme de ce long-métrage sans âme concoté par un Chabrol pris en flagrant délit de flemmardise à tous les niveaux. Il a beau afficher un casting grand luxe et vouloir travailler à nouveau sur les délicieuses ambiguités de son cinéma des années 70, rien n'y fait : aucun trouble, aucune aspérité, ne viennent entacher le morne déroulement de la chose, si bien qu'on se retrouve avec un film qui a des airs d'introduction à un film plus ambitieux. Ça commence par... [Lire la suite]
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