Nous sommes tous des Assassins (1952) d'André Cayatte

Vivant plaidoyer contre la peine de mort (bof oui, ça mange pas de pain), le chef d'oeuvre de Cayatte c'est avant tout une galerie de portraits hallucinante (10 premiers rôles, 30 seconds, 50 troisièmes...) où toutes les couches de la société y passent:des condamnés à mort aux gardiens de prison, en passant par les hommes de lois, les religieux, les corses, les enfants, les collabos, les résistants, nous...
Du panoramique à 360 degrés du début au gros plan final en travelling, c'est aussi une leçon de cinéma... Toutes les scènes des condamnés attendant dans la souffrance le petit matin, de peur que, la nuit, les gendarmes en chaussettes viennent les cueillir, sont d'une tension qui ferait passer celle de Dancer in the dark pour une répétion d'un concert de Oui-Oui with the yellow cabs. C'est une leçon tout court lorsque l'un des docteurs affirme que la seule justice valable n'est pas de faire des exemples mais de faire de la prévention (amis californiens, envoyez ce film à Schwarzenegger en espérant qu'il a appris à lire).
Un rythme effréné, un Mouloudji énorme dans la scène où il se flingue lui-même en ne reconnaissant pas son image dans un miroir, po po po po po, des films comme ça on n'en fait plus. Et c'est bien dommage parce que ça réveille.
