Lonesome Jim de Steve Buscemi - 2005
Encore une fois, et ça finit par devenir lassant, nous voici dans le petit film indy fauché, tout en mélancolie aux tons pastels. Encore une fois, rien n'est vraiment raté dans ce film, mais rien non plus ne remporte l'adhésion. Plus réussi malgré tout que le terne Animal Factory du même Buscemi, parce qu'un peu plus original dans son écriture, Lonesome Jim se regarde gentiment, fait sourire, parvient même parfois à nous toucher légèrement. Casey Affleck est plutôt bien en dépressif chronique, égoïste et inadapté, et le couple qu'il forme avec Liv Tyler est crédible et romantique. De plus, les dialogues sont parfois très drôles, ce qui sauve le film d'une trame sur-attendue (un jeune gars pris dans la dépression, et qui s'en sort doucement par le contact avec autrui et sa vision nouvelle des rapports familiaux). Mais quand on se souvient de ce que Vincent Gallo était arrivé à faire avec Buffalo'66, sur un style et une ambition similaires, on ne peut que regretter le manque d'audace latent de Buscemi, qui ne sort jamais du domaine du gentil et du propret. La modestie n'oblige pas à la disparition complète, et Lonesome Jim n'est pas signé, pas fini, pas soutenu par son réalisateur. Le même film qu'hier et qu'avant-hier, et, je le crains, le même que demain. Un moment ni fait ni à faire, disons, un juste milieu frustrant mais pas non plus désagréable.
Animal Factory de Steve Buscemi - 2001
Oui, ben pas grand-chose à dire de ce tout petit film qui se regarde sans déplaisir, mais sans passion non plus. Buscemi est sympa comme tout, il filme le quotidien d'une prison, et on a droit à plein de choses pas cools vues dans tous les autres films sur la prison : tabassages, traffics, viols, mitards, camaraderie, racisme, dangers, mauvaise bouffe, corruption, innocence baffouée... Que du terrain connu, d'autant que le brave Steve n'arrive jamais à raconter autre chose que ça, malgré ses efforts désespérés et louables de troubler les rapports entre un vieux de la vieille (Dafoe) et un jeunot (Furlong). Raté : rien n'est réellement ambigu là-dedans, et on se laisse phagocyter par le canapé en se demandant vaguement si ces deux-là vont réussir leur tentative d'évasion, et si on a payé la facture d'EDF (oui, c'est bon, je l'ai payée). C'est mollasson mais pas nul, c'est médiocre mais mignon. L'apparition du chanteur Antony est la seule chose vraiment marquante de ce film ni fait ni à faire. Mais bon, ça va, c'est un petit budget, ça a pas dû coûter trop cher au contribuable. Et ça ne dérangera absolument personne. Je l'ai déjà oublié.
