15 mai 2012

Dark Shadows de Tim Burton - 2012

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Ça lui tournait autour depuis longtemps. Ça y est, Burton vient de faire une daube, une vraie ; pas seulement un film raté, comme Charlie et la Chocolaterie ou La Planète des Singes. Non, une solide merde désolante, une de celle qui nous font penser que le talent de Burton, jadis assez présent, est définitivement enseveli sous les tonnes d'effets spéciaux à la con et la guimauve grandissante de son cinéma pour enfants. Il essaye bien, pourtant, de reproduire ce qui fit sa grandeur : ambiances gothiques, Johnny Depp et Bonham-Carter en tôliers, humour macabre et personnages souffrant de déclassement ; toute la panoplie est sortie ; et pourtant, rien n'y fait. On s'enfonce progressivement dans une super-production laborieuse, sans fond, consternante dans son humour, mal racontée et envahie par des décors de palettes graphiques mal fagotés et issus de l'éternelle imagerie à la con.

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On se demande bien ce qui a semblé nécessaire à Burton dans ce scénario sur-visité. Le côté "je suis un vampire seul en recherche d'une famille" ? Il aurait alors fallu développer un peu plus la chose, et non pas réaliser ce brouillon de Edward aux Mains d'Argent. Pour cette fois, le personnage principal, interprété par un Depp étrangement terne, n'est jamais touchant, jamais fort psychologiquement. Il n'est qu'une ombre de personnage, mal écrit par le scénario, cantonné à un parler ridicule et une silhouette repérable. Depp n'a rien d'autre à jouer qu'une caricature, et ça se sent. Burton charge l'ensemble des personnages d'un côté "freak", du petit garçon médium à l'ado-loup-garou, de la psy complètement barrée à la voisine sorcière : on dirait un bestiaire de romans pour jeunes filles frêles, et là encore la "monstruosité" des personnages ne débouche jamais sur l'émotion : ils sont juste torves, mais jamais attachants, comme put l'être Ed Wood, Batman, Pee-Wee ou Edward. Les acteurs sont pourtant pas mauvais (surtout les seins d'Eva Green), et on sent que parfois, Burton est un peu embêté de réaliser un film de Michael Bay. Il réussit quelques rares petits moments plus intimes : cette femme qui s'arrache le cœur pour montrer qu'elle est humaine, ce visage parfait qui se fissure comme s'il était en porcelaine, cette douleur que semble porter Bonham-Carter... Mais ce sont quelques secondes perdues au milieu du brouhaha insupportable et de la surenchère d'effets hideux. Il manque finalement un scénario à la chose, tout bêtement, et peut-être aussi un peu plus de mesure dans la mise en scène. Burton préfère désormais les écrans verts aux personnage, pas sûr qu'il gagne au change.

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Alors, c'est peut-être qu'il a été attiré par le côté "hommage au cinéma d'épouvante" ? C'est vrai que les références sont vastes, de Nosferatu aux Sorcières d'Eastwick en passant par La Belle et la bête. Mais ça ne fonctionne qu'en tant que clins d’œil, les références ne servent à rien, sauf à ré-utiliser des effets qui marchèrent jadis pour les recycler éternellement (Michele Pfeiffer qui dessoude au fusil à pompe Eva Green, comme elle le fit jadis avec Susan Sarrandon). Burton a déjà fait maints films gothiques beaucoup mieux tenus, cette tentative tardive de  revenir à ce qui fit son succès s'avère une pitoyable resucée. Même la musique de Elfman, d'habitude, si virtuose, se fait ici aussi pataude que l'esthétique d'ensemble. Quant à l'humour, là aussi souvent brillant dans le passé dans le cinéma de Burton, il est ici d'une lourdeur effarante : une parodie de scène de cul entre vampires ouarf ouarf ouarf, et une caricature de hippies prenant Depp comme idole hi hi hi, n'en jetez plus, trop lol. Les trois premières minutes du film promettaient beaucoup, avec ce rythme insensé pour raconter (200 ans racontés en trois minutes) ; mais très vite, humour, trame, mise en scène s'enfoncent dans l'ennui total, confirmé par la dernière bobine où les images de synthèse se battent entre elles sur un montage épileptique d'amateur. C'est nul, tiens, voilà, je cherchais le mot. Et puis très laid, pesant, triste et banal. J'ajouterai que je n'ai pas aimé.

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29 mars 2010

Alice au Pays des Merveilles (Alice in Wonderland) de Tim Burton - 2010

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Si vous venez chercher des souvenirs émus de votre lecture enfantine de Lewis Carroll, autant vous prévenir, passez votre chemin. Ce serait une litote que de dire que Burton livre ici une lecture très personnelle du chef-d'oeuvre : c'est tout simplement une trahison en bonne et dûe forme, et les puristes risquent l'attaque cardiaque en assistant à ce massacre à la hâche des jolis motifs carroliens. Alice in Wonderland, pour Burton, c'est Lord of the Rings au milieu des champignons hallucinogènes. On n'aurait pas imaginé la petite Alice vêtue en armure et armée d'Excalibur détruire des dragons nommés Jabberwocky ; Burton, si, qui attaque de front et sans complexe le mythe pour le verser dans une inspiration Playstation qui peut tout de même mettre des doutes sur le bien-fondé de l'entreprise.

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Le film est complètement raté de ce côté-là. On voudrait que Burton nous donne un nouvel exemple de son imagination visuelle : il tombe très vite dans une imagerie heroïc-fantasy pas du tout adaptée à la magie du conte, et une grande partie du film est gâchée par cette pauvreté visuelle. Des armées innombrables qui s'entrechoquent, une Alice-Messie, un bestiaire sorti tout droit de la pire littérature pour ados, on soupire devant le consensus mou de ces images, et on se fatigue devant ces interminables batailles en 3D déjà vues 15000 fois ailleurs. Le film rappelle les pires heures de Burton, celles de La Planète des Singes, avec cette même fascination pour le cinéma hollywoodien le plus commercial. L'originalité de la vision de Lewis Carroll, qui parvenait à trouver dans son livre la texture même des rêves, se perd dans ces dispendieuses scènes trop chères, trop spectaculaires, trop énormes.

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Il en va de même pour l'essentiel des décors : c'est beau, oui, c'est parfois original, c'est très repéré Burton-touch (ces arbres recroquevillés en rond, ces champignons sexuels et légèrement glauques, cette vision de l'enfance entre jouets anciens et aspect malsain des souvenirs) ; il y a même parfois une jolie utilisation des effets spéciaux, notamment dans l'animation du méchant valet noir, qui se meut comme le fantôme de Ring, avec une discrète mais effrayante artificialité ; mais c'est too much, trop travaillé presque, trop pro, en un mot trop lisse pour vraiment convaincre. On préfèrera les oeuvres vraiment dérangeantes de Tim, celles qui traitaient l'enfance comme un univers autant fantasmatique qu'effrayant (Nightmare before Christmas ou Sweeney Todd). Malgré la volonté évidente du cinéaste, rien n'est ici vraiment trouble, et même les tentatives psychanalytiques se noient sous l'imagerie gamineuse : c'était par exemple une bonne idée de vieillir le personnage d'Alice, en en faisant une jeune fille à la lisière de la découverte du sexe et de l'âge adulte, plongée une dernière fois dans son univers enfantin intérieur pour faire le point sur ses choix ; mais ce n'est pas assez développé par le film, qui se réfugie trop vite vers le spectacle pur sans creuser cette veine intéressante.

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Heureusement, sous les couches de pixels, il reste quelque chose d'unique dans le cinéma de Burton : les personnages. On a même droit ici à un des caractères les plus troublants et les plus beaux de son oeuvre, le Chapelier fou, incarné par un Johnny Depp hyper-sensible. La folie bon-enfant du personnage de Carroll devient ici une maladie mentale lourde à porter, et le Chapelier un dément douloureux porté avec force par l'acteur (les variations de son visage, transcendées par les effets spéciaux, sont sublimes). Encore une fois, après Edward, après Ed Wood, après Sweeney Todd, voilà un personnage de grand handicapé de la vie qui bouleverse profondément. Au milieu des chiens qui parlent, des dragons fatigants, et des chats invisibles, ce caractère profondément humain est magnifique : cassé, bancal, fou jusqu'au malaise, à la recherche d'une identité qui lui échappe. Moins fouillée, mais intéressante aussi, la Reine rouge (Bonham Carter, visiblement ravie de son rôle) est une belle personnalité jusqu'au-boutiste, salope sublime par douleur, enlaidie par les effets spéciaux jusqu'à la rendre carrément freak. Heureusement qu'il y a cette humanité-là dans Alice in Wonderland, une humanité qui semble presque lutter contre le projet du film : même passé à l'essoreuse de la 3D, le film reste un film de Burton, de celui qu'on aime veux-je dire, celui qui sait toujours trouver une vérité psychologique très troublante même dans les projets les plus pharaoniques. Si cette justesse ne se montrait pas (trop rarement, cela dit), ce film lourdaud n'aurait aucun intérêt.

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Posté par Shangols à 12:41 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
05 avril 2008

Sweeney Todd, le diabolique Barbier de Fleet Street (Sweeney Todd - The Demon Barber of Fleet Street) de Tim Burton - 2008

sweeney_toddMesdames et messieurs, voici le premier film pour adultes réalisé par Tim Burton (je suis dur, y a eu Ed Wood), et je pense qu'il faut l'affirmer haut et fort : c'est le meilleur film de Tim Burton (je suis dur, y a eu Ed Wood). Je suis rentré un peu à reculons dans la salle, fatigué à force de voir les motifs du gugusse tourner en rond depuis quelques temps. Eh bien, je bats ma coulpe : Sweeney Todd est une merveille, qui, sans aucunement trahir l'inspiration baroque habituelle de son réalisateur, pousse sa noirceur jusqu'à ses limites. On a toujours souri devant les récurrences morbides de Burton, sa façon de jouer avec la Mort comme un gosse ; ici, il tape méchamment sur les doigts de ceux qui ne voyaient dans ce thème qu'un amusement un peu insolent, et nous cloue sur notre fauteuil par un romantisme fiévreux et réellement vénéneux du plus bel effet. Il y a du Baudelaire là-dedans, un Baudelaire qui se serait encanaillé avec Kurt Weil et Dickens, tout en trinquant avec Edgar Poe et le cinéma gore. Bonnes références, quand même, non ?

HFX_Movies_Todd700Tim ne rigole plus. Ou presque. On retrouve bien sa fantaisie débridée ça et là : le personnage magnifique de Bonham Carter, presque à la hauteur de Johnny Depp dans son jeu "cassé", méthodique, maîtrisé ; celui, moins réussi parce que trop familier de l'univers burtonien, de Baron Cohen, seule touche colorée et burlesque du film ; quelques décors encore une fois bien barrés, même si on ne trouve plus, cette fois-ci, de maisons tordues ou de sucettes géantes ; une vraie ironie dans les évènements du scénario, de plus en plus délirants. Mais c'est comme si cette fantaisie était cette fois anéantie dans l'oeuf par un nihilisme punk sidérant, porté tout entier par le royalissime Johnny Depp : visage fermé, personnage implacable, dur, antipathique, jeu d'écorché vif, l'acteur confirme qu'il est THE acteur, bouillonnant à l'intérieur, extraordinaire de tension refoulée à l'extérieur. Le voir équivaut à lire toute une histoire : celle du passé insupportable de ce barbier guidé par la vengeance, mais aussi celle de l'amoureux éperdu, de l'anarchiste violent qu'il est devenu, et, en creux, celle de Depp lui-même (son visage vieillit, et on a l'impression qu'on a vieilli avec lui, signe qu'il est devenu une véritable légende).

sweeney_todd_the_demon_barber_of_fleet_street_2Ce personnage terrassant de violence et de colère, Burton le place dans des décors sublimes : trottoirs sales et presque sépia de Londres, pièces vidées de tout élément (voilà qui surprend après le fatiguant Charlie et la Chocolaterie), caves à la Bacon, rues ternes et grises. L'inspiration visuelle de Burton, qui avait tendance à partir dans tous les sens dans la joie enfantine du gars, trouve enfin sa voie : vider l'écran, pour rendre son histoire encore plus terrible, encore plus désespérée. Il y a certes encore quelques gros effets, pas forcément réussis, d'ailleurs (l'arrivée de Depp à Londres, la scène totalement inutile du concours de barbiers) ; mais ce ne sont pas ceux-là qu'on retient. On retient ces scènes de chansons placées dans des décors nus, où seuls comptent les placements des acteurs, les regards qui se cherchent et ne se trouvent jamais, la tristesse terrible qui émane de ces deux êtres abandonnés à la violence, la solitude des parias. Même si la musique est parfois trop sucrée, un peu mièvre, la façon dont Depp et Bonham Carter les endossent, avec un sérieux et une force qui en annulent toute tendance au ridicule, plonge le film dans un style opératique très vaste. Dommage que Burton ait gardé, en second plan, ces scènes de bluette qui affadissent l'intrigue principale, et dont la musique est pour le coup assez insupportable.

34363574Et puis, il y a l'intrigue. Difficile d'en dire quoi que ce soit sans en révéler les surprises, ce que je me garderai bien de faire. Disons seulement qu'on n'attendait certainement pas Burton dans de tels excès, et qu'on est absolument bluffés par son audace. Ceux qui trouvaient, comme moi, que des films comme The Nightmare before Christmas ou Mars Attack étaient malpolis, pourront vérifier avec Sweeney Todd que Burton avait encore des flèches dans son carquois côté radicalisme. Le film est d'une noirceur totale, et c'est justement ce qui en fait la qualité. C'est un diamant noir, et une grande claque dans la gueule des enfants que Burton avait tendance à trop courtiser. Chapeau bien bas.

PS : Je signale, parce qu'on le fait rarement, que les sous-titres sont remarquables, non seulement par leur traduction, mais aussi par la police de caractère choisie (presque gothique) ! Même si une des répliques les plus jolies est mal traduite : retrouvant ses rasoirs d'antan, Depp s'écrie "Voici enfin mon bras complet", ce qui, pour l'acteur d'Edward Scissorhands, est rigolo.   (Gols 28/02/08)


sweeney_todd_xlgJe reconnais à l'unisson avec mon camarade de jeu qu'après le fadasse et puéril Charlie et la Chocolatrie, on retrouve un Tim Burton au top de sa forme, qui semble enfin s'autoriser tous les excès dans le morbide et le sanglant. J'avais moi aussi un peu peur au départ, avec cette arrivée à Londres sur cet immense bateau, d'avoir encore affaire à un Walt Disney simplement un peu plus noir et un peu plus sombre. D'autant que les mélodies et les timbres de voix m'ont brusquement, au début, fait penser aux chansons de Moulin Rouge et je me suis mis un peu à serrer des fesses dans mon fauteuil. Heureusement après une entrée en fanfare - et un poil clipesque - dans les rues de Londres, on entre dans l'antre de cette pâtisserie où grouillent les cafards et la saleté. Bonham Carter fait preuve d'un gros abattage dans les chansons (ce que renforce ensuite la vision des bonus, où l'on découvre que Depp et cette dernière, apprentis enchanteurs, comme tous les acteurs, interprètent eux-mêmes les chansons qui demandent une énorme classe et un vrai talent), et comme le disait mon collègue fort justement, commence un extraordinaire travail de mise en scène où chaque geste, chaque regard, tout en chantant, garde son importance, est subtilement souligné par le montage ou le cadre. Le scénario va crescendo dans l'horreur - ouais moi non plus je dirai rien puisque c'est ça - et on jubile de voir Burton lâcher complètement les chiens, faire preuve d'autant d'audace visuelle tout en soignant le politiquement incorrect. Depp est comme dans un poisson dans l'eau dans l'univers de Burton et son jeu est résolument éblouissant - même s'il passe son temps à faire la gueule, il le fait super bien, et ses colères, les traits ravagés par la vengeance, sont en tout point impressionnantes. Presque dommage en effet que Burton n'ait pas encore un peu plus épuré les scènes musicales (bon c'est quand même un opéra à la base, faut pas être chien) tant il trouve le ton juste aussi bien dans les séquences dramatiques que dans ces constantes petites pointes d'ironie - on s'esclaffe souvent en pleine séquence totalement horrible, et franchement, c'est réjouissant. Bref, ai un peu du mal à comprendre la froideur de certaines critiques françaises devant cette oeuvre burtonienne à mort, jamais rasante (pouf pouf).   (Shang 05/04/08)

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08 novembre 2007

Beetlejuice de Tim Burton - 1988

beetlejuice2Ah la belle époque où Tim Burton n'avait pas encore les moyens financiers de ses ambitions visuelles ! Beetlejuice est un film fauché, et c'est ce qui en fait tout le sel. Parce que ce n'est vraiment pas à ça que le gars s'arrête : qu'il n'ait pas de fric ne semble lui poser aucun problème, et il tente tout de même le gros film. Il s'avère que celui-ci n'aurait sûrement pas été aussi mignon s'il avait été sur-produit. Comme tous les réalisateurs de films fantastiques sans-le-sou (Tourneur, Franju ou Carpenter), Burton compense son manque de moyens par un retour craquant aux bonnes vieilles méthodes à l'ancienne : pâte à modeler, bricolage de maquettes, maquillage épais comme mon beetlejuicebras, fantaisie dans les idées et joyeux amateurisme. S'il est vrai que le film souffre parfois d'un côté cheap démodé (les costumes, les simples scènes de dialogues pour le coup bâclées, le jeu d'acteurs léger), il fait aussi sensation dans les moments de folie : c'est l'apparition d'un ver des sables que n'aurait pas renié Méliès, c'est une mouche filmée en gros plan pour fair peur, c'est des masques en plastoque, des transparences qu'on croirait sorties d'un film 18819605_w434_h_q80d'épouvante des années 60, d'habiles accords de montage pour faire croire à des apparitions de fantômes, pour se terminer sur une Wimona Ryder qui s'envole sur un air de comédie musicale (on voit les filins, je vous jure). Le réalisateur de Pee-Wee est bien toujours là, avec son goût pour un imaginaire enfantin du meilleur effet ; mais il y a aussi déjà celui de Batman (le personnage principal, fantasque et trash, ressemble comme deux gouttes d'eau au Joker), de Edward Scissorhands (qui prolongera avec talent l'aspect gothique de l'esthétique ici lydia18mise en place), de Mars Attacks (avec ce goût prononcé pour les freaks et les effets spéciaux à deux balles, et surtout d'Ed Wood, dans cette volonté obsessionnelle d'être fidèle à son esthétique malgré les contingences, dans cet amour des choses désuètes, dans ce mauvais goût assumé (les pouet-pouet qui accompagnent chaque geste obscène de Michael Keaton ne jureraient pas dans un Zidi). De quoi confirmer que Tim Burton est définitivement un cinéaste à l'univers unique, et qui ne cesse depuis toujours de creuser ce style si particulier. Beetlejuice confirme l'homogénéité de sa filmographie, et deplus c'est un film tout à fait rigolo, parfois impertinent, et très agréable à regarder. Un film pour enfants, certes, un film qui a plein de défauts (de rythme, de trame, d'acteurs, de musique), mais un film attachant au vu de la carrière du gars. Idéal pour des soirées pizza-vidéo de qualité, ami Shang !

Posté par Shangols à 22:39 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


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