16 juillet 2008

Family Portraits : une Trilogie américaine (Family Portraits: A Trilogy of America) (2004) de Douglas Buck

Un film conseillé par Gaspard Noé, faudrait toujours se méfier. On est dans un univers qui ferait penser au premier abord à celui d'Haneke -tendance Septième Continent- (sans la même maestria tout de même) avec cette violence sourde qui finit par exploser. Le deux premiers courts-métrages sont froids comme un couvent religieux et sanglants comme un film gore. La troisième partie est plus insidieuse et évoque les conséquences de la violence avant que l'on fasse connaissance avec le monstre...

Cutting Moment (1997)

Les joies du mariage. On sent bien que tout ne va pour le mieux dans cette bonne vieille famille américaine. Une jeune femme se met sur son trente et un pour attirer l'attention de son mari planté devant un match de base ball. Elle voit bien que depuis le premier jour du mariage, dont sa mère vient de lui envoyer une photo, les relations se sont un poil détériorées. Elle se met devant sa glace et commence à se frotter les lèvres avec une éponge à récurer, vous voyez là les trucs en fer jaune qui font généralement 15 jours. Bon, là, dans le cas présent, ça fait surtout mal. Elle plonge ensuite son regard dans le verre posé sur le lavabo; elle a apparemment le choix entre un rasoir, des brosses à dents et des ciseaux - on prie pour l'une des brosses à dents et on perd. Une fois bien mutilée, elle redescend au rez-de-chaussée et finit cette fois-ci par attirer l'attention de son mari... On pense être calmé, ce n'est jamais qu'une introduction, il nous en reste deux autres sous le pied, jusqu'à ce que le mari s'empare d'une paire de sécateur dans la chambre à coucher. Je coupe. Bloody et radical...

Home (1998)

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Un homme marié (toujours une famille avec un gosse) semble "regretter" le bon temps du cocon familial... A mesure que le récit progresse, on se rend compte que son père était définitivement un pervers autoritaire qui ne supportait guère que son fils le fixe du regard. On comprend mieux pourquoi le fils, en grandissant, a développé une certaine tendance masochiste. Avec un petit parfum de nostalgie dans l'air, on sent bien que si ses velléités sadiques pouvaient complètement s'exprimer, il pourrait peut-être retrouver cette époque "heureuse" (hum) de son passé. Cela tombe plutôt bien, il a une femme et une fille maintenant en cobayes. Radical et bloody...

Prologue (2003)

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Une jeune fille rentre chez elle après un an de réeducation, sur une chaise roulante et... les deux bras coupés. Pas de... S'il vous plaît, quand même. Physiquement diminuée, on voit bien que moralement c'est pas le top non plus pour elle, d'autant que son petit copain l'a depuis larguée et s'est remarié - cerise sur le gâteau, ses parents se sont séparés mais tu n'y es pour rien ma chérie. Bon. Et puis il y a ce vieux, un voisin, postier à la retraite, qui fabrique des poteries et peint des tableaux dans son atelier. Le vieux a beau être chenu, il a pas l'air bien clair. On aura le fin mot de l'histoire quand il commencera à faire des trous dans son champ à la recherche de... On peut deviner. C'est toujours filmé aussi froidement, la plupart des personnages semblent engoncés dans des carcans, sont pratiquement muets, comme si une colère terrible grondait en leur for intérieur. On aurait presque envie qu'ils gardent tout pour eux, vu les carnages que cela entraîne...

Je me demande quelle fut la réaction des parents du Douglas devant ses trois premières oeuvres. J'espère seulement que son enfance fut moins perturbée qu'elle en donne l'air, tant cette trilogie américaine fait du pétage de plomb une dangereuse règle généralisée... Sinon, formellement, c'est propre, si je puis dire, même si la systématisation des plans fixes donne à l'ensemble un petit côté... euh... figé.

Posté par Shangols à 15:31 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


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