12 janvier 2013
Une Femme douce (1969) de Robert Bresson
Toujours su que Dominique Sanda était une femme douce. Mais là, en plus, on est dans l’univers de Bresson, l’homme au montage prompt et à la parole parcimonieuse. Elle est douce. Et sans le sou. Elle rencontre un prêteur. Sur gages. Echange d’argent bressonnien. Echange de mots. Echange de bague. Il l’accueille chez lui. Ils font l’amour. Ils sont gais. Ca va vite. La formule 1 défile à la télé. Après l’embellie, rapidement, les premiers nuages. Elle est un peu comme un oiseau dans une cage. Elle lit. Ecoute de la musique. Est... [Lire la suite]28 février 2009
L'Argent (1983) de Robert Bresson
Lors de mon passage en Malaisie j'avais déjà commis quelques articles pour le ciné-club de l'Alliance française. Retombant sur le texte - et ayant un peu la flemme, il faut bien le dire, après avoir revu le film, de réécrire quelque chose, en voilà grosso-modo la teneur. Je m'excuse au préalable auprès de nos douze fidèles lecteurs pour les jeux de mots foireux, mais ne nous renions point... Nan, ren de ren, je ne regrette ren... hum, po sûr...
Le leurre et l’argent du leurre
“O Argent, Dieu visible...”
... [Lire la suite]17 septembre 2008
Affaires publiques (1934) de Robert Bresson
Premier- et seul - court-métrage de Robert Bresson qui se prend... pour les Marx Brothers. Ah ben ouais, si on vous avait dit un jour qu'il y avait des donzelles des Folies Bergères qui montreraient leurs gambettes, des flonflons populaires et des gags visuels dans un film de Bresson, est-ce que vous l'auriez cru ?... Non, hein, ben pareil. Ah c'est vraiment une découverte que cette histoire où la fille du roi de Miremie s'envole de son pays pour chercher un mari et débarque lors d'une journée festive en Crogandie; cette journée sera... [Lire la suite]13 septembre 2008
Les Anges du péché (1943) de Robert Bresson
Premier long-métrage du Père Bresson qui nous convie à pénétrer dans la vie d'un couvent : je vous vois venir d'ici et vous préviens tout de suite, non, il n'y a pas de cascades. D'ailleurs, la mise en scène est également relativement "effacée", disons sobre, Bresson se permettant tout au plus quelques contre-plongées pour mettre en avant son héroïne lors d'instants clés. Le jeu des comédiennes, Renée Faure en tête (la gouaille parisienne de Jany Holt, par contre, ferait passer Edith Piaf pour une bourbonnaise) est... [Lire la suite]04 septembre 2008
Le Diable probablement (1977) de Robert Bresson
Indéniablement austère et pas d'une gaieté follichonne, on peut se demander si Le Diable probablement n'est point le film le plus désespéré de son auteur. Curieusement encore et toujours en phase avec notre monde actuel - comment ça, on polluait déjà il y a trente ans et on a rien fait depuis, c'est franchement abusé... - ce discours de fond n'est peut-être finalement pas celui qui prévaut dans cette histoire. Ce pauvre Antoine Monnier -qu'on a jamais revu depuis, sans doute pas plus mal- erre dans Paris et souffre de sa... [Lire la suite]23 août 2008
Procès de Jeanne d'Arc de Robert Bresson - 1962
Bresson, c'est bien connu, ne rigole que quand il se brûle, et avec Jeanne d'Arc il semble bien avoir trouvé son sujet en or, puisque la donzelle n'est pas ce qu'on appelle une gironde coquine. S'appuyant uniquement sur des faits historiques avérés (documents d'époque, minute du procès), Procès de Jeanne d'Arc est sec comme du petit bois de bûcher, spartiate comme la cellule de la pucelle, et malgré tout assez émouvant.
La rigueur de la mise en scène, alliée à ce "jeu blanc" qui a fait la réputation de Bresson, finissent... [Lire la suite]06 août 2008
Mouchette (1967) de Robert Bresson
On ne peut point dire que ce soit la fête du slip à tous les étages que ce portrait de cette pauvre Mouchette qui a de faux airs de Charlotte Gainsbourg adolescente. Malmenée du début à la fin, cette "mal-apprise" a bien du mal à trouver une once de satisfaction dans ce petit village; "Je les hais tous" pourrait être son leitmotiv, chez celle qui subit à la fois toutes les brimades et se méfie tout autant des bonnes intentions à son égard. Du Bresson au cordeau, qui montre sans jamais démontrer, une oeuvre sèche... [Lire la suite]02 août 2008
Un Condamné à Mort s'est échappé ou Le Vent souffle où il veut (1956) de Robert Bresson
Vous voyez Prison Break ? Eh ben l'inverse. Un noir et blanc grisâtre, en B.O un Mozart des grands soirs, en héros un type taillé dans une pipe en bois, en décors la moitié du garage paternel. Quand Michael Scofield a besoin d'une corde, on lui file dans la minute un article de pro de chez Décathlon avec encore le prix dessus; chez Bresson, notre gars a deux chemises, une paillasse, une lame de rasoir Gilette effilée et le fil de fer de son lit : cela lui prend trente minutes, en temps réel, pour tresser un mètre de corde, aucun... [Lire la suite]16 février 2007
Pickpocket de Robert Bresson - 1959
Sublime film qui a finalement plus à voir avec la littérature qu'avec le cinéma. Les lectures de Bresson sont les bonnes, et sont parfaitement digérées dans ce brillant exercice de style. On a droit aux théories nietszchéennes de l'élite affranchie des lois, mariées au Camus de L'Etranger dans ce personnage mutique et obscur qui fait de la morale à travers ses actions (et dans la présence cadavérique de la mère), et puis un petit passage aussi vers le Nouveau Roman dans cet aspect atone, non-joué, froid, distancé. Pickpocket... [Lire la suite]
