23 juin 2007
Saw III de Darren Lynn Bousman - 2006
Oui, je sais, je sais : j'avais promis, après mon affliction devant le deuxième opus de la série, de ne pas aller
voir le 3, qu'il faudrait me payer, tout ça. Mais bon : d'une part, j'ai pas à me justifier ; d'autre part, j'étais fatigué et accompagné par une très motivée à qui on ne peut rien refuser. Saw III, donc...
Franchement, c'est pas pire. Je relève même un léger mieux dans le scénario, avec un coup de théâtre final assez finaud, d'autant que Bousman a mis son point d'honneur, on s'en rend compte à la fin, à brouiller les pistes pour nous surprendre vraiment dans les dernières minutes. A part ça, eh ben c'est pas pire, donc, mais c'est pas mieux non plus : même réalisation clippeuse et enervée qui rend illisible la plupart des scènes, même direction d'acteurs hilarante (mais c'est pas grave, ils meurrent tous dans les minutes qui suivent), même foutage de gueule au niveau montage, lumières, décors et détails de la trame. A chaque piège machiavélique inventé par le méchant (qui l'est de moins en moins,
méchant, à force de caricature faussement philosophique et de rictus), on voit environ 94 façons de s'en tirer pour la victime, mais elle, non, et elle finit la cage thoracique déchirée, la langue coupée, explosée en mille morceaux, etc. Jusqu'à une jolie jeune femme toute nue qui finit gelée, mais sans qu'on voit le baton. C'est la loi des séries : il faut surenchérir dans le gore, et Bousman ne s'en prive pas. Malheureusement, à chercher l'horreur totale, il finit par devenir purement technique, oubliant que la peur et l'horreur viennent aussi d'une certaine poésie. Découper un crâne à la scie circulaire, bon, ok, mais filmée de façon aussi frontale, la scène perd en intensité, et on se contente d'essayer de deviner avec quoi ils ont fait le sang. D'autant que la douteuse fascination de Bousman pour la violence finit par devenir limite : dans Saw III, il ne s'amuse plus (autre sine qua non du bon film gore), il jouit. Gênant. Bref, c'est très mauvais. Promis juré, j'irai pas au IV.
22 décembre 2006
Saw II de Darren Lynn Bousman - 2006
On m'avait prédit du gore. Alors, bien que pas passionné du tout par le premier opus, j'ai bien voulu jeter un oeil sur ce sequel. Mal m'en a pris. Je ne me permettrai aucun jeu de mot sur le patronyme du réalisateur de cette daube visuelle, ça va on l'a sûrement déjà fait, mais bon.
D'abord, autant le dire : je n'ai rien compris au scénario. C'est comme ça, il y a des films que je ne comprends pas. Ne me demandez donc pas qui tire les ficelles du truc, je n'en sais rien. Mais il faut dire aussi que si le déroulement de l'histoire avait été un peu plus logique, j'aurais peut-être un peu mieux compris la fin. Là, on est dans l'invraissemblance totale. Un groupe de gens se trouvent enfermé dans une barraque piégée dans tous les sens. Ils ont quelque chose en commun, il faut qu'ils trouvent quoi (moi, j'ai trouvé dès le départ : ce sont tous de très mauvais comédiens). Et puis ensuite, il faut qu'ils trouvent comment survivre, sinon... eh ben sinon, ils meurrent, ah oui. Par contre, le tueur le dit clairement : "s'ils survivent, ils vivront". Bon. Bien sûr, ils ne survivent pas, et meurrent tous dans des convulsions atroces, des hectolitres de sang et de bruits visqueux, et des cris de poulet. Le dispositif du tueur est tellement hasardeux qu'on se demande bien comment ça marche d'ailleurs. Moi, vous me mettez une seringue dans une caisse pendue au plafond, j'y touche pas ; vous me dites de
rentrer dans un caisson, vous pouvez courir. Les personnages, non, ils y vont, et dans le bon ordre. Ca arrange bien les affaires du criminel, sinon les petites cassettes qui parsèment son décor et que les gusses trouvent une à une auraient été assez ridicules ("Bonjour, Rico" - "Ah non, moi c'est Paulette, Rico est mort"...). Enfin, bon, ils y vont, et vas-y que je perds une main, et vas-y que je crâme tout vif, et vas-y que je me fais exploser la tête... Qui fait le malin tombe dans le ravin.
Si encore, au niveau de la mise en scène, il y avait de l'imagination, on pourrait dire qu'on s'en fout, de l'invraissemblance. Le film aurait pû être un rigolo exercice de style à la Chapeau Melon et Bottes de Cuir, disons. Mais là aussi, c'est d'une indigence affligeante. Pour faire monter le suspense, Bousman monte des "saccades" de plans à un rythme proche de la crise de nerfs. Donc, à chaque fois qu'un des personnages va mourir, on a
droit à 8365 plans/seconde, ce qui, vous me direz, permet de savoir qu'un des personnages va mourir. Même dans les moments de haute tension psychologique (le tueur fou qui manipule le flic (avec des méthodes de CE1, regards en dessous, sourires zen, diction lente (le flic fonctionne à fond))), les plans se multiplient. Le truc, c'est : on filme une fois le flic qui réfléchit, puis on le refilme en négatif, puis encore une fois on le refilme en image tremblée, on te monte tout ça sur une demie-seconde et avec des bruits de foudre ou de porte, et emballé c'est pesé. C'est moche et ça fait même pas peur.
Oublions le casting, à côté les acteurs de Lost, c'est l'Actor's Studio. Oublions aussi la lumière glauque (je rêve d'un film d'horreur qui aurait lieu dans une splendide villa en plein jour). Oublions tout le reste. Oublions Saw II.