19 avril 2012

Mission : Impossible - Protocole fantôme (Mission : Impossible - Ghost Protocol) (2011) de Brad Bird

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Selon la loi qui voudrait que les missions impossibles soit la suite du précédent film de leur réalisateur respectif (je vais po en refaire ici la démonstration), cette mouture de Mission Impossible serait la suite... de Ratatouille. Bon, cela tombe mal, j'ai pas vu Ratatouille mais j'ai tout de même eu le sentiment d'assister à un gloubi boulga de film d'action-espiono-touristique, un peu comme le mix entre un mauvais James Bond et un épisode d'Amazing Race (ce soir, vous aurez droit à une pseudo visite (pour gens friqués) de la Hongrie, de la Russie, des Émirats et de l'Inde). Brad Bird n'est pas du genre à s'emberlificoter dans une histoire de faux-semblants (les masques ont fondu, ne subsiste sur le thème que la maline séquence de la "projection du couloir" au Kremlin - la voir pour se rendre compte), il est plutôt dans la ligne directe du film à rebondissements (en gros toutes les demi-heures) : la sempiternelle histoire d'un missile nucléaire russe mettant en danger la planète... - ne se sont po vraiment foulés, les scénaristes. Si les grosses explosions ont permis de tester la puissance de mon nouveau système home-video (et m'ont ainsi empêché de m'endormir), j'avoue n'avoir guère vibré tout au long de ce pensum thrilleresque. Cruise est toujours aussi peu expressif, l'humour tombe terriblement à plat et les gadgets poussifs (fi de la miniaturisation, on est à l'air de l'I-Pad, ce qui est quand même vachement encombrant en pleine mission). Seule la séquence tex-averienne sur la plus haute tour du monde à Dubaï vaut vraiment à mes yeux son pesant de pop-corn. Pour le reste, cet opus qui s'ouvre avec une sorte de condensé de Prison Break (original...) et qui se termine dans un parking indien peine à vraiment allumer la mèche... Le moment serait-il venu pour Ethan Hunt de se ranger des voitures ? Mouais, cela lui éviterait un nouveau film fantôme... Les purs esthètes retiendront sinon les vues plongeantes sur les décolletés de Léa Seydoux et de Paula Patton. C'est mieux que rien, certes.   (Shang - 10/04/12)

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C'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut pas l'écrire. Mon camarade ayant brillamment fait le tour de tout ce qu'il y a à dire sur ce film (c'est con, ça explose et y a des bombasses), je me contenterai de dire que, au moins, par rapport à Ratatouille, c'est mieux, puisque le film est complètement dépourvu de discours. On note quand même que ce Brad Bird semble bien attiré par une sorte d'esthétique et de tentation mondialiste. Tout comme son rat cuisinier à la con, Tom Cruise traverse ainsi les frontières comme si elles n'existaient pas, faisant siens n'importe quel territoire, n'importe quelles coutumes, n'importe quelle particularité : aussi à l'aise dans une prison russe qu'à la verticale sur un immeuble hong-kongais, au fait des techniques de drague en vogue aux Émirats autant que des subtilités de l'allemand écrit, le personnage est une sorte de Héros Universel Moderne, un Jack Bauer puissance 10 doté du don d'ubiquité et qui se joue des lois de l'apesanteur. Cruise et son visage lisse de plus en plus inexpressif sont parfaits pour représenter ça (ce que De Palma avant tous les autres avait compris lors du volet 1, sublime, qui travaillait sur les différences entre Cruise et Reno, entre la perfection et la crasse, ce genre de choses, mais venez plutôt à mes conférences, je vous raconterai tout ça). Voilà, sinon, c'est vrai que c'est complètement nul à force d'être normé et calibré : l'humour est misérable, les acteurs n'ont rien à faire, le scénario est sur-usé, et on passe son temps à balancer des vannes à son écran en grignotant sa part de pizza plutôt qu'à vibrer aux acrobaties de Cruise devant son écran vert. Je confierai bien le prochain épisode à Bruno Dumont, moi, histoire de renouveler les choses.   (Gols - 19/04/12)

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22 avril 2008

Ratatouille de Brad Bird - 2007

18780104_w434_h_q80On va sûrement penser que j'ai perdu mon âme d'enfant, me faire remarquer que Ratatouille est très mignon et ravit nos têtes blondes, que c'est une prouesse technique et que je me prends trop la tête sur un dessin animé bien innocent. OK. Je veux bien reconnaître que la technique est bluffante (l'animation des personnages humains est incroyable de réalisme) et qu'on passe un moment pas trop mauvais à suivre les péripéties de ce petit rat qui rêve d'être cuisinier. Il y a des gags, de l'action, de l'amour et un happy end, rien à dire, c'est de l'ouvrage propre, calibré au millimètre et joliment coloré.

Il n'empêche que c'est quand même gonflé de la part de Disney Prod de nous servir un discours sur une certaine exception culturelle (en l'occurence la cuisine française) à travers un produit aussi asservi au mondialisme et à l'uniformisation des goûts. Il y a quelque chose de franchement putassier à fustiger ce patron de resto (petit, laid et mesquin) parce qu'il vend le nom d'un grand cuisinier pour produire des burritos et de la bouffe chinoise. "Oh honte à lui ! Et la Grrrande Cuiiiisine Frrrrançaise !", lui hurlent les sbires de Disney qui 18780102_w434_h_q80ont écrit ce film. Ben oui, tu m'étonnes, si tous les gens du monde se mettent à manger la même chose, quelle horreur, suivez mon regard. C'est oublier que Ratatouille est avant tout un produit marchand, qui s'efforce avec une belle fièvre de plaire à tout le monde, qui présente un Paris de carte postale (l'axe infernal : La Môme/Amélie Poulain) qui devrait ravir tout le monde du Japon au States et de Bamako à New Dehli, qui lisse toute trace de laideur (le monde souterrain des rats est éclairé comme une suite du Ritz) de peur de perdre un seul spectateur, qui sert un discours bien universel qui réchauffera tous les coeurs (tout le monde peut être un grand artiste, petit, mais faut bosser et être gentil), bref un film Disney dans toute son acception. Prôner l'impureté en produisant un produit Javel, très fort.

18780107_w434_h_q80Quant aux fâcheux, ils tiennent tout entier dans un seul personnage : le CRITIQUE (roulement de tonnerre et bouh du public). Il est bien sûr cadavérique, austère et méprisant, et ressemble à Nosferatu puisqu'il ose dire du mal de ce qu'il n'aime pas. "Comment un homme aussi maigre peut-il aimer la cuisine ?", se dit le jeune héros, et son public bouffeur de pop-corns avec lui. L'ennemi disneyen est désigné, cherchez pas. S'il n'y avait pas les critiques, le monde serait bien plus beau, non ? Heureusement, celui-ci fait sur la fin son coming-out d'enfant, en retrouvant le goût des choses simples (la ratatouille de sa jeunesse), et écrit un mea culpa vibrant et auto-flagellant sur son abus de pouvoir. Promis, il ne dira plus de mal, et le monde sera pur.

Une jolie musique, sinon.

Posté par Shangols à 00:25 - - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
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