18 septembre 2011

Menace dans la Nuit (He ran all the Way) (1951) de John Berry

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John Garfield avait fait un mauvais rêve et nom de Dieu, ce coup il ne le sentait vraiment pas. La petite histoire ne dit pas en revanche s'il sentait bien ou non ce film, quoiqu'il en soit ce sera son dernier. C'est ça la fatalité... C'est pourtant le genre de ptit coup à l'arrache qui n'a pas l'air piégeux. Un boss se pointe dans son usine avec un paquet de biffetons, il suffit de l'assommer et de lui piquer sa mallette : à deux, cela paraît quand même relativement jouable. Seulement voilà, il y a toujours un couillon de flic qui se pointe quand on l'attendait pas : la panique s'empare de nos deux hommes et l'un est abattu dans la fuite. John Garfield, pour tenter de garder la tête froide (aucun jeu de mots dans ces pages n'est une simple coïncidence), essaie de se fondre dans la foule et va à la piscine... D'autres iraient au cinoche, lui c'est plutôt le genre braqueur sportif, chacun son truc. Il va y faire la connaissance d'une jeune fille po vraiment farouche sur l'action, la chtite Shelley Winters ; drôle d'endroit et de circonstances pour une rencontre et une séquence d'une vraie sensualité avec la Shelley apprenant à nager, qui ne peut s'empêcher de se prendre au cou de ce quidam au moindre faux mouvement. Lui, il se dit qu'elle peut se révéler une bonne couverture pour la soirée - prenez le mot au sens que vous voulez - et décide de la raccompagner chez elle... Il y fera la connaissance de sa petite famille - le pater, la mater, un bambino - et finira par les prendre en otage à la suite d'un quiproquo plutôt bêta - et pis encore et toujours la panique...

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L'idée plutôt maline du scénar, c'est que le John, bras cassé vivant encore chez sa mère qui n'hésite point à lui filer une baffe à l'occase, trouve en la circonstance une sorte de cocon familial qui lui a toujours fait défaut. Il pense avoir gagné non seulement l'affection de la chtite Shelley - moins stupide cela dit qu'elle en a l'air - mais semble surtout prendre un réel plaisir en cette nouvelle compagnie : il faut le voir lors de la scène de la dinde tirer stupidement un coup de feu pour forcer ces braves gens à partager ce repas - qu'il a réglé - avec lui... Les autres sont forcément un peu ahuris devant sa véritable réaction de "chien fou", voyant bien que le John perd un peu les pédales (mais il va po nous laisser tranquille ce con, nous, on a non seulement notre fierté mais surtout on n'a rien demandé, fusil...). Shelley ne va pas tarder à se révéler le "point de tension" de l'histoire, entre un John persuadé qu'elle a le béguin pour lui et le pater prêt à sortir de ses gonds et à tenter le tout pour le tout pour ne pas voir sa fille se faire la malle avec ce type complètement starbé... Quel petit jeu joue-t-elle vraiment - entre sa volonté de protéger les siens, de profiter de son ascendance sur le John et son "attirance" pour ce dernier qui reste relativement floue -, c'est ce que la dernière scène va s'amuser à résoudre. "Le nez dans le ruisseau, c'est la faute à Rousseau..." - c'est quoi le rapport ? Ça va, je me comprends...

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Les différents personnages, tous issus de la classe popu, donnent une indéniable homogénéité à l'ensemble entre un John au chômage qui tente "désespérément" le coup de sa vie - sans vraiment le sentir - et la famille laborieuse de Shelley dont la force réside avant tout dans les relations humaines et affectives - faut voir le gamin balancer lui-même des coups de poings inutiles à cet intrus et tenter de jouer au héros (si le John, au début, peut incarner d'une certaine façon, un des héros de films qu'il mate au cinoche avec ses parents, le gamin revient vite les pieds sur terre en prenant conscience de la nocivité du gars). Bien mené, un bon ptit film noir de John Berry sur une musique enlevée de Franz Waxman qui mérite franchement le détour.

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11 mars 2011

Tension (1949) de John Berry

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Plutôt roublard, ce flic suave (Barry Sullivan) qui annonce d'entrée de jeu la couleur : les criminels, c'est comme les élastiques ; suffit simplement de faire monter la tension avant qu'ils pètent... John Berry s'appuie sur une distribution solide (Richard Basehart en citoyen moyen qui se rêve meurtrier, Audrey Totter en pétasse blondasse (ouah le brushing de ma grand-mère) avec des seins pointés en avant, véritables missiles à pointe chercheuse en quête du premier type le plus friqué (c'était ma journée sein - on est vendredi, normal), Cyd Charisse en brunette girl next door ultra mimi) et sur un scénar plutôt malin : comment réussir le crime parfait ? 1) Se constituer une nouvelle identité, 2) Menacer la future victime en clamant haut et fort son nouveau nom 3) Descendre le type 4) Retourner à sa petite vie tranquille... Y'a po de faille, dans la mesure où on ne peut rechercher un type qui n'existe pas... Belle théorie, c'est vrai. Le premier hic dans l'histoire c'est 1) Ne pas tuer le type 2) Se faire prendre malencontreusement en photo avec son nouveau look (le type troque ses lunettes pour des lentilles : il devient totalement méconnaissable - je déconne) 3) Apprendre que sa cible a été finalement assassinée... Le crime du siècle ne tarde point à devenir le plan le plus foireux de l'année. C'est justement ce qui va arriver à ce pauvre Quimby (Basehart)...

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Que les femmes blondes peuvent donc s'avérer parfois énervantes, diable ! Quimby a décroché la timbale en épousant cette Claire dont le petit jeu de séduction est aussi transparent qu'une fontaine ; tu lui promets un vison, tu la fais monter dans ta grosse bagnole, tu as toujours en poche un petit paquet de biffetons, l'une de ses options suffit pour l'embarquer (histoire de la jouer réglo, elle n'oublie jamais quand le cas se présente d'enlever son alliance - beau réflexe)... Un véritable cauchemar blondulant pour notre ami Quimby qui, taillé dans un canif (le manche), ne peut même po péter la tronche aux types qui embarquent sa gonze - il tente bien, pourtant, juste une fois : il se fait démonter comme une porte sans gonds. Marre, non vraiment marre de se faire toujours avoir, d'où le petit plan futé énoncé ci-dessus qui prend jour dans sa cervelle. Il est tout fier avec son nouveau costard, son joli chapeau et ses petites lentilles quand il se mire dans sa glace. Bien joli de jouer les Mr Hyde quand on a pas la trempe d'un Je-Kill. D'où foirage absolu, ce qui est bien dommage quand on vient juste de faire la connaissance de la femme de sa vie (La Cyd qui a du coeur). Faut dire qu'il a doublement pas de bol : non seulement on tue sa cible mais en plus il tombe sur un flic ultra filou. Il faut voir ce dernier jouir en arrière-plan quand il confronte la Cyd (à la recherche de son nouveau voisin qui a disparu) au bon Quimby qui a repris son identité d'origine ; pire, le sale cop se montre capable de séduire en un tour de main la Claire pour mieux pouvoir la manipuler... Il a en plus cette affreuse manie de triturer un maudit élastique et on sent bien qu'il en a déjà pété des dizaines dans sa carrière. Il est tellement fourbe qu'il est bien foutu de nous servir un happy end... Rah, je voulais du noir, moi, du pur qui finit mal... Le scénar saura-t-il se faire retors jusqu'au bout... hum, hum.

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Chacun des personnages joue bien son jeu mais presque trop, finissant par paraître à l'usage tout d'un bloc. Quimby, bon comme du bon pain (quand il s'empare de ce trident pour égorger un type, on a peur qu'il se blesse), Cyd d'une fidélité à toute épreuve, Claire vraie salope jusqu'au bout des ongles et du soutien-gorge (j'arrête là sinon Gols va finir par me censurer), et puis surtout ce flic sacrément trop fort dans sa capacité à vouloir s'engouffrer dans chaque petite faiblesse du trio. On ne va tout de même point bouder son plaisir (surtout pour un film de la famille Berry (mouais)) juste regretter que les élastiques soient finalement aussi fragiles.

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Posté par Shangols à 17:31 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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