05 juin 2011

Blonde Ice (1948) de Jack Bernhard

"You are not a normal woman. You are not warm. You are cold like ice, yeah like ice. Blonde ice."

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Si vous êtes moustachu et que vous vous méfiez des blondes, ce film vous est destiné. Leslie Brooks campe une parfaite bitch vénale, capable de se marier avec le premier type qui lui est utile (en gros si vous avez de la thune ou du power, sinon passez votre chemin), capable d'accuser le seul gazier pour lequel elle montre des sentiments pour s'en sortir... blanche comme neige. Le seul truc qu'on ne puisse lui reprocher c'est de déléguer : elle sait faire usage de son gun ou d'un coupe papier (aïeuh... aucun pic à glace traînait heureusement dans les environs) avec une dextérité et un sang-froid (forcément) à toute épreuve. Faut dire aussi qu'elle est po d'une discrétion immense pour tromper son monde et qu'elle a le don pour se retrouver dans des situations scabreuses : à peine quelques minutes après son mariage ou juste après qu'un autre homme l'a demandée officiellement en mariage, elle embrasse goulûment son darling (elle appelle tout individu "darling" faut dire), et cela refroidit forcément les intentions de nos deux cocus (Beh, qu'est-ce tu faisais sur la terrasse ? Roh ça va, c'était juste un long baiser d'adieu, fais po ton jaloux, darling...). Refroidis, ils le seront d'ailleurs deux fois, puisqu'ils auront la malencontreuse idée de lui dire qu'ils la quittent - mauvaise idée en soi...

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Leslie Brooks sait jouer de ses immenses sourcils et de son regard de chatte ambitieuse pour attirer les hommes dans ses filets. Déterminée, maline, mentant comme je respire au bout d'une heure de course - je fume trop, je sais -, elle sait être tranchante au moment opportun ; je ne sais si les hommes préfèrent les blondes, le fait est qu'ils devraient tout de même s'en méfier, qu'ils soient riches ou maîtres-chanteurs (belle séquence nocturne avec brumasse adéquate, l'une des rares en extérieur d'ailleurs, où un petit malin fera les frais du courroux de la belle). Il est pourtant plutôt facile de percer son jeu - un psychiatre lira dans son âme en cinq secondes -, et l'on voit bien (au bout de trois cadavres tout de même) que le système d'auto-défense de notre Blonde Ice fond comme neige au soleil... Se pourrait-il qu'elle réussisse à passer entre les gouttes ? Hum, hum...

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Jack Bernhard (très bon souvenir de Decoy) confine son film dans des intérieurs avec ces moustachus tournant autour de Leslie comme dans un petit jeu de chaises musicales (la Leslie étant forcément toujours la première assise) ; il nous gratifie, sur la fin notamment, de quelques jolis plans usant de la profondeur de champ : Leslie au premier plan avec Mason, l'avocat (son "ex-futur" mari), au second - il vient de lui annoncer qui la quitte, on sent que notre héroïne pense déjà à l'éliminer - ; ou ensuite, le psychiatre au premier (lui tendant un piège) et la petite Leslie assise au second (elle ne fait guère le poids "derrière" cet homme totalement froid à ses charmes)... Une série B de bonne facture avec un rôle de femme fatale... glaçante. Préfère les brunes, moi, de toute façon.

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Noir c'est noir, c'est

Posté par Shangols à 12:54 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


21 février 2011

La Rapace (Decoy) (1946) de Jack Bernhard

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Très bonne surprise que ce polar que l'on pourrait caustiquement sous-titrer : "une femme fatale au pays des morts-vivants". Si la mise en scène de Jack Bernhard (dont c'est le premier film) n'a rien de franchement extraordinaire en soi, il parvient à trousser quelques situations absolument abracadabrantes qui valent leur pesant de grains de café. Dès la séquence d'ouverture absolument géniale, on est totalement sous le charme de cette oeuvre : un lavabo cradasse dans lequel un type se lave les mains, un regard complètement hagard qu'il jette à un miroir comme s'il était tout surpris de ne pas être encore passé "de l'autre côté" et notre gars de marcher tel un zombie sur le bord de la route... Herbert Rudley a des allures de Depardienstein (un mix entre notre Gégé et Frankie), on ne sait pas d'où il vient, ni où il va, mais il a po l'air d'être franchement dans son assiette... Il se rend tant bien que mal dans un hôtel et flingue une blonde qui se trouve derrière la porte... Notre blonde à l'article de la mort va se permettre durant un long flash-back d'une heure (c'est totalement invraisemblable mais on adore - la femme fatale jusqu'au dernier souffle...) de raconter sa version des faits à un flic. Bienvenue dans le premier polar d'outre-tombe.   

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Jean Gillie (blonde racée, croqueuse d'hommes et de diamants) serait prête à vendre sa mère pour récupérer de la thune. Comme c'est sûrement déjà fait, il va falloir qu'elle soit bien maline pour mettre la main sur le magot de son homme, 400.000 dollars messieurs-dames. Petit problème, ce dernier est en tôle et n'est pas du genre à vouloir livrer à sa blonde la cachette du grisbi (un chtit manque de confiance, mouais...): il lui promet la lune si elle parvient à le faire sortir de taule mais cela s'annonce ardu. La blonde monte alors le plan du siècle : laisser son compagnon se faire gazer (ah ?), demander à un docteur (qu'elle a séduit auparavant, forcément) de lui faire, juste après l'exécution, une injection de bleu de méthylène (c'est un antidote, moi je vous le dis, ne prenez même pas la peine de vérifier sur internet) pour le ressusciter (eh be), récupérer le plan du trésor et improviser. Pour financer l'opération (coûteuse tout de même), elle demande de l'aide à son amant, le fourbe Jim Vincent (Edward Norris) bien résolu à toucher sa part au final. La blonde n'est pas du genre à avoir froid aux yeux, se sachant assez finaude pour assurer, même lorsqu'elle se retrouvera dans la même pièce que ses trois amants. Parce que son type gazé, croyez-le ou non, il va bel et bien revenir à la vie... Imaginez, vous êtes mort puis à nouveau vivant, que feriez-vous en premier ? Lui son truc, c'est de jouer avec un store (bah, il fait nuit, pas facile de savoir s'il est vraiment revenu sur terre...) puis de souffler sur une allumette - putain, ça marche, il en revient pas et on le comprend...

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Brisons-là pour ne pas déflorer la suite mais relevons encore deux passages faisant référence à cette thématique des morts-vivants... On retrouvera notre blonde et son Jim, dans une bagnole conduite par le docteur, tombant dans un profond sommeil (séquence hallucinante alors que le moment crucial approche - c'est digne d'un film de Guy Maddin) puis notre blonde errant dans un marécage envahi par la brume, comme si elle était déjà dans les limbes... Véritablement hallucinogène... La cupidité, c'est comme avoir déjà un pied dans la tombe, c'est clair... Le final nous gratifie d'un ultime twist caustique et notre blonde, jusqu'au bout, de se la jouer "femme fatale". Gonflée. La Rapace, nous indiquait le titre français, c'est pas si mal trouvé. Même si Bernhard n'est pas du genre à multiplier les effets de style (nan), filme même de façon assez plate certaines séquences (les longues discussions avec notre type revenu des morts), il y a dans Decoy suffisamment de situations morbides absolument savoureuses pour qu'on boive ce petit noir cul sec. En reprendrais bien une tasse dans la foulée, damn it.             

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Posté par Shangols à 13:24 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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