07 septembre 2007
Falbalas (1945) de Jacques Becker
Encore et toujours un trio amoureux avec la Micheline Presle à la pointe du triangle isocèle. Que dire de plus sinon que cela se passe dans les milieux de la mode parisienne (Rochas, ouais - à part la première robe "imitation coq" qui passerait sûrement très bien dans les tribunes du match France-Argentine de ce soir mais qui dans le film est d'un ridicule évident) et que le Raymond Rouleau (qui a surtout une tête à jouer Tintin, un Tintin pas sympa) se fera bourreau avant d'être la victime. Et oui parce que quand l'on se fait jeter certaines décident de prendre des somnifères alors que d'autres choisissent de se jeter par la fenêtre. Alors oui Presle est rayonnante
-Becker soigne ses gros plans- et même si le rythme est assez enlevé pour nous faire suivre la vie trépidante d'un grand couturier parisien (moulinois, c'est plus rare), l'intrigue reste cousue de fil blanc (même si c'était pas vrai, je l'aurais placé de toute façon). Bref beaucoup moins réussi qu'un Goupi mains rouges, moins tendu et passionnant que Le Trou. Vieilli quoi.
17 mars 2006
Rendez-vous de Juillet (1949) de Jacques Becker
Ce qui est le plus étonnant dans ce film de 1949 c'est qu'il n'a pas vieilli (moins que l'affiche en tout cas). Comme le dit la bande annonce d'une voix cruciale et qui fout les boules "portrait de la jeunesse méconnue et décriée" dans des "temps âpres et difficiles", Rendez vous de Juillet est avant tout la volonté de montrer "nos amis les jeunes" de l'époque. Et l'on pense aux Cousins, non pas tant, au final, dans le fond car ici on est en pleine bourre optimiste (Daniel Gelin, le héros, passe quand même tout le film à préparer une expédition au Congo pour filmer les pygmées) mais plutôt dans la forme car 10 ans avant le début de la Nouvelle Vague, il y a une fraîcheur dans ce film vraiment étonnante.
On suit donc une bande de jeunes qui en chient un peu -le CPE n'existait pas encore- la plupart ayant fait des études artistiques (en ciné et théâtre) mais chacun vivant d'excipients, on joue de la trompette, on répart des postes de TSF. Beaucoup de plans en extérieur dans ce Paris qui semble pas mal se porter et cela nous vaut une très jolie scène où "nos amies les jeunes" traversent la scène dans une voiture amphibie américaine. Une Amérique dont on sent forcément déjà l'influence avec l'ap
parition du Jazz et de danses très Rock'n'Roll. Yeah. Mais le discours de Daniel Gélin, figure charismatique de la bande parmi tous ces apprentis acteurs, qui exhorte tout le monde à aller jusqu'au bout de ses ambitions, de ses rêves est le véritable symbole de cette génération: "la plupart de nos aînés sont dans le trou, on ne va pas aussi s'enterrer" ; même si en amour il connaît sa première désillusion (normal il est amoureux d'une blonde, une vraie oie) on sent dans son regard, s'envolant pour l'Afrique, qu'il aura sa revanche - dans La Vie est un long Fleuve Tranquille on verra bien que lui aussi en est revenu.
Prix Louis Delluc en 1949 qui, comme bien souvent, n'est pas volé.
05 mars 2006
Goupi Mains Rouges (1943) de Jacques Becker
Drame policier
familiale campagnard, Goupi Mains Rouges fleure bon le sympathique vieux cinéma de chez nous, avec une intrigue pas piquée des hannetons, des premiers et des seconds rôles en veux-tu en voilà, des dialogues finement ciselés qui rappellent mon enfance ("J'va changer d'stratégie" "Où vont-y?" - c'est pour ça que des fois je fais des fautes) et des changements d'angles de caméra super (moi aussi je peux parler technique si je veux).
Dans la famille Goupi, il y a Goupi-L'Empereur, 106 ans, qui ne jure que par
l'Empereur et qui a caché le magot dans la pendule -ça, il faut pas le dire mais c'est pas grave non plus-, il y a Goupi Mains Rouges, Lech Walesa en brun, qui a les mains rouges mais comme c'est en noir et blanc et qu'on sait pas pourquoi, ça casse un peu l'ambiance, il y a Goupi-Monsieur, le fils qui vient de Paris et dont tout le monde se fout de la gueule, il y a Goupi-Muguet, la jeune fille, il y a Goupi-Tonkin qui a fait l'indo et qui n'en est toujours pas vraiment revenu, il y a Goupi-La loi, ancien gendarme... Une histoire de Goupi entre Goupi... Sans parler d'un meurtre avec du suspens jusqu'au bout pour connaître le meurtrier, d'un magot - mais là j'ai un peu pété le suspens-, de fausses accusations, d'un mariage qui se fera, se fera pas, bah bah bah bah bah et puis plein d'autres trucs qui me font dire que décidément Jacques Becker c'était pas un manchot... Mention spéciale pour Robert Le Vigan qui a été une nouvelle fois oublié des Césars cette année.