Greenberg (2010) de Noah Baumbach
The Squid and the Whale, sans casser des briques, m'avait au moins fait bien marrer. Je ressors de Greenberg aussi abattu qu'après avoir vu Funny People, satisfait tout de même que celui-là dure 3 heures de moins que celui-ci. Quand les comiques troupiers ricains (cette fois c'est Ben Stiller qui s'y colle) se mettent à jouer les éternels clowns tristes, pour ne pas dire les pauvres types neurasthéniques et pathétiques, eh bien voilà ce que ça donne : 90 minutes terriblement molles où, à force de jouer la carte des situations qui tombent toujours à plat, on se retrouve avec un film qui fait pschitt. Que c'est dur pour le Ben Stiller qui sort de dépression et qui en plus a 40 ans (ouh là là, le drame) de vivre une véritable relation avec une jeune femme de 27 ans (trop dommage); des dialogues piqués dans des cours de récré (niveau CE2 CM1, grand max), des phrases transcendantales sur lesquelles on pourrait bâtir des philosophies (ma préférée entre toutes : "c'est dur de vivre la vie qu'on avait po rêvé" - putain, ouais), des situations super originales (le quadragénaire Stiller qui comprend po la jeunesse actuelle et fait son petit numéro limite réac ("Pétard, à mon époque, on était vachement plus faibles, vous, vous êtes super confiants en vous-mêmes et pis aussi vraiment méchants" (j'invente rien...)) des acteurs qui la jouent tellement relax - et sans maquillage, du pur, mon gars - qu'on regretterait presque l'ambiance d'un épisode de Maguy (on parle bien de la même série, Maguy, oui),... bref je ressors totalement abasourdi et halluciné par ce manque total de sève (certaines critiques portent le film à des sommets!!!! - incroyable); si, à l'époque, j'avais trouvé que l'ami Gols avait eu la main un peu lourde avec The Squid, on touche cette fois-ci tellement le fond que je ne peux finalement que lui donner raison. Terrible à quel point les nouveaux films américains que je me tape ces derniers temps (heureusement, c'est à très petite dose) me laissent avec une terrible impression de vide absolu. Je frôle presque l'allergie - j'espère juste que ce n'est qu'une mauvaise passe ou une mauvaise pioche...
Les Berkman se séparent (The Squid and the Whale) de Noah Baumbach - 2005
Voilà le petit film américain de l'an dernier que j'attendais. Une histoire très simple: des parents qui divorcent et l'impact sur leurs deux enfants, l'un en début et l'autre en fin d'adolescence. C'est simple, direct, et les personnages (surtout le personnage du père, intellectuel qui s'écoute parler et à côté de la plaque) sont parfaitement écrits.
Ce qui rend attachant ce film ce sont tous les petits détails qui à un moment ou un autre nous rappellent forcément notre propre histoire (et je dis pas ça parce que le plus jeune se met une cacahuète dans le nez, vous m'obligeriez à rentrer dans mon intimité adolescente). Le père qui passe son temps à jurer mais le reproche à ses enfants, le plus âgé qui prend pour argent comptant tout ce que lui raconte son père, le plus jeune qui prend la défense de sa mère même dans les moments les plus difficiles... et tous ces petits moments gâchés de l'existence pendant lesquels la machine humaine apparaît décidément pleine de faiblesse, comme inapte à l'épanouissement et au bonheur. C'est un peu couillon ce que je dis mais
le film trouve un ton très juste pour nous faire aimer et comprendre les ras-le-bol, les coups de gueules, les folies de chacun. A l'image de cette partie de ping-pong où le père revanchard bat son plus jeune fils et où celui-ci lui balance sa raquette à la tête - s'il n'est pas facile d'être un bon père et de vieillir, il l'est encore moins d'être un enfant et de grandir; bon je tombe dans la guimauve, allez plutôt voir ce film qui sortira en France fin Mai. Si vous n'êtes pas touché, je vous rembourse en Kwaï ou je vous paye une Suntori.
Ce n'est pas grand chose mais peut-être que tout n'est pas pourri dans le royaume américain. (Shang - 13/03/06)
Beaucoup moins bienveillant que mon collègue sur cette petite chose ni faite ni à faire. Non pas que The Squid
and the Whale soit déplaisant, non, mais disons que c'est la 2604ème fois que je vois ce film, qui a la particularité de ressortir tous les 15 jours sous différents titres : Little Miss Sunshine, Ghost World, CRAZY, etc etc. Une fois encore, difficulté de vivre en famille, rapports d'un adolescent libidineux et fan de rock (ici, c'est Pink Floyd) avec ses parents, petit frère priapique, premières amours chaotiques,, enfin bref, la même chose que d'habitude. Mais Baumbach, malheureusement, arrive en gros 20 ans trop tard, après 20 palmarès de Sundance Festival, qui ont consacré déjà 20 fois ce même film. Le fond de la casserole a une grosse tendance à noircir et les aliments à attacher. On regarde tout ça l'oeil morne, en se disant qu'on n'est pas obligé de vouloir révolutionner le cinéma à tous les coups... mais qu'on peut tout de même essayer de trouver de nouveaux angles pour raconter les choses. Sinon à quoi bon ? Rien ne ressort de ce film exactement au juste milieu de tout, qui ne dérange pas, n'amuse pas, n'intéresse pas, mais ne fait pas non plus l'inverse. C'est juste d'un ennui léger, un film qui passe sans laisser aucune trace. Un film pas dangereux, comme dirait Patrice Leconte. J'attends mon remboursement en kwai et en bière. (Gols - 10/06/07)
Kicking and Screaming (1995) de Noah Baumbach
Voici le premier film de Noah Baumbach à qui l'on doit le très réussi The Squid and the Whale ainsi que le scénario du très rafraichissant La Vie Aquatique (je serais moins dur que Gols, mais bon passons). Eh ben quelle misère les amis que ces discussions à deux balles entre jeunes américains propres et plus ou moins beaux tout juste sortis de l'university. Les références "culturelles" qui émaillent leur texte bien appris tombent toutes à plat, les blagues ne font rire que les acteurs et le jeu de ces derniers est ce que j'ai vu de pire depuis longtemps (mention spéciale pour Josh Hamilton plus insipide que la Volvic... que fait la mimi Parker Posey dans cette galère post-adolescente????). Ce film étant proposé dans la prestigieuse édition Criterion, on se demande - avec les premiers films de Linklater - l'intérêt d'un tel sauvetage. Ce film est à mettre en bas d'un rayon de video-club avec la mention "ne pas emprunter". Si encore, on sentait que cela ne se voulait pas drôle... mais c'est loin d'être le cas. Note finale: pathétique.

