14 janvier 2009
Ben X (2007) de Nic Balthazar
Le cinéma de Nic Balthazar est, belgiquement parlant, à l'opposé de celui des frères Dardenne et pas seulement parce que notre gars est flamand : images clipesques chics et chocs à tout crin, esthétisme (...) - c'est le sujet du film, remarquez - de jeux vidéo, grandes nappes musicales tonitruantes (Sigur Ros, belle exception, tout de même). La thématique du film est assez basique : notre pauv' Ben est complètement enfermé dans son monde - il est atteint d'un genre d'autisme : le syndrome d'Aspergers - et il ne s'éclate vraiment que lorsqu'il joue à un jeu en ligne nommé ArchLord - il est au niveau 80, entendez par là qu'il explose un troll rien qu'en se mouchant. Sa mère veille sur lui, mais, lorsqu'il est à l'école, il subit les pires infamies de ses petits camarades qui ne cessent de lui chercher des noises; il finit même un jour cul nu sur le bureau du prof pendant que la plupart des élèves prennent des vidéos de lui sur leurs portables : po cool. Après s'être pris une grosse branlée par deux gamins qui n'ont pas inventé l'acné, notre Ben pète un câble et se retrouve tout près de mettre fin à ses jours... Mais la vengeance est un plat qui se mange froid. Sur le fond les intentions de l'auteur sont plus que louables et le rebondissement final est là pour vous couper la chique. C'est astucieux - "miraculeux", même, disait Le Canard Enchaîné qui fait bien de ne pas tout miser sur les critiques de cinoche. Sur la forme, par exemple, on ne nous épargne rien quand il s'agit de faire tourbillonner la caméra ou de filmer un plan sous 48 angles. Je veux pas la jouer vieille Belgique mais tout de même. Il y a plus de plans en deux minutes que, justement, dans un film des frères Dardenne, en 90... et beaucoup moins de finesse. D'entrée de jeu, on tente de nous manipuler comme des bonzaïs pour nous retourner comme des crêpes dans la dernière séquence qui se veut "ultra prise de conscience, tu vois" avec un poil de larmoiement. Ca doit marcher auprès des djeuness, enfin surtout des super djeuness qui abuseraient un peu trop de la manette... Mais bon, un long clip sur l'autisme, fallait tout de même oser.