05 janvier 2008
Pi (1998) de Darren Aronofsky
Intrigué par Requiem for a Dream, effaré par The Fountain, je m'étais un jour promis de me faire ce mystérieux Pi ; et ben c'est un tort, et la curiosité est un vilain défaut mon fils... Aussi ras les pâquerettes que sa dernière œuvre superfi-zen (cherchez pas, j'invente des mots), on a droit à un petit génie des chiffres qui ressemble à un Kassovitz en moins bon, super énervé par le nombre Pi... Pourchassé par des méchants qui ne sont intéressés que par la bourse et la thune et qui lui offrent une puce super-puissante, et un gars juif qui cherche une séquence magique dans la Thora (rien à voir avec mon chat, pour les intimes), notre type se tape régulièrement des crises de paranoïa aiguë (il aurait trop regardé le soleil petit, ce qui lui aurait donné la bosse des maths et cette maladie bizarre... ouais, moi non plus je fais pas le lien, mais je ferme les yeux, c'est de la fiction, hein?) Finalement il tombe sur une séquence de 216 lettres qui serait le nom de Dieu en hébreu (on voit pas trop le rapport là non plus avec la choucroute, sauf que c'est hyper-fort comme dirait Darroussin), le type se prend pour l'élu, pète un cable et est à deux doigts de se percer le crâne avec une perceuse. Bon an mal an, il s'en sort quand même et décide de regarder les feuilles qui tombent, c'est vrai c'est cool, surtout en automne, plus sympa qu'un écran d'ordi face auquel je suis... Bon en résumé c'est sur l'aliénation de notre monde moderne, la preuve c'est en noir et blanc, et pis aussi pour dire que les maths c'est nul à force... Mis à part un générique dynamique et une musique qui pétarade bien (il est fort en B.O. le Darren), pas grand chose à garder... j'hésite, pour conclure, entre "tant pi" et 3/14...
11 mai 2007
The Fountain (2006) de Darren Aronofsky
Et ouais, on s'emballe, on s'emballe et on finit par voir n'importe quoi, dont ce bloubiboulgesque The Fountain, projet ambitieux certes mais qui se tarit à la source. Une histoire d'amuuur (éternel?... ben pas forcément) sur 3 époques (1500 - 2000 - 2500, excusez du peu) qui nous donne un récit ésotérico-historico-futuriste dont les 15 premières minutes clipesques -incompréhensible de prime abord avant de s'éclaircir peu à peu, laissent pantois... de prétention. Pour l'aspect historique, on a dû ressortir les figurants d'Apocalypto encore sous le choc, pour le présent on a fait la tournée des zoos pour trouver des singes malades, quant au futur il lorgne méchamment sur 2001 sauf qu'en 2007, Aronofsky a bien 6 longueurs de retard, au moins, sur son modèle. L'histoire est aussi nébuleuse que la destination vers laquelle se rend l'astronaute, disons pour faire court qu'on assiste d'une part à des conquistadors à la recherche de l'arbre de vie de la Bible (en plein Guatémala, vous m'expliquerez pourquoi...!!!! Quel déconneur ce J.C), au présent un chercheur tente de trouver un médicament miracle contre les tumeurs cancéreuses -un bout d'écorce d'arbre, et ouais fallait y penser-, quant au futur, là, ça part vraiment en live avec un type dans sa bulle qui parle à un arbre avant de partir en (double) lévitation - go oooooom. En gros, le but de tout le bazar c'est de nous faire comprendre, si je me suis pas endormi, que l'amour, eh ben vaut mieux le vivre dans le présent que de croire que ça va toujours durer (le scientifique préfère aller au labo au début pour faire des tests sur ses singes plutôt que d'aller avec sa compagne, qui est mourante, profiter de la première neige - il aura une seconde chance et suivra cette fois sa promise, acceptant ainsi leur destin... bon il y aurait sûrement d'autres trucs à dire mais je vais pas me le taper deux fois, clair): c'était bien la peine de tous ces effets spéciaux "synthétiques" et de toutes ces histoires enchevêtrées - Hugh Jackman, qui se donne à donf joue tr
ois rôles donc, un gros barbu moustakien, un scientifique rasé comme un mur, et un chauve barthésien - a du courage mais il a beau chercher à se cacher, je l'ai reconnu. Aronofsky après l'excellent Requiem for a Dream a mis 6 ans pour monter ce projet et devrait revoir les films de Ozu pour comprendre qu'en 30 secondes et un champ/contrechamp, il y a plus d'humanité que dans les 23547637 effets spéciaux de sa bulle. Mais les spectateurs américains crient au génie devant ce truc tape-à l'oeil et boursouflé... Ils voudraient par Sarko pour remplacer Bush? C'est cadeau, ça me fait plaisir.

