Shangols

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22 avril 2009

The Wrestler (2008) de Darren Aronofsky

Après l'indigeste The Fountain, Aronofsky revient avec un film beaucoup plus terre à terre, à hauteur d'homme. Il a toujours le défaut qui consiste à charger au maximum sa bande son - en plus Scorpion, ça fait mal... - avec donc en grande partie de la musique des années 80 mais également avec des sons d'ambiance qui ne sont pas toujours utiles : lorsqu'il filme son personnage qui se rend au taff en le filmant, par derrière, caméra portée, comme lorsqu'il va sur le ring, on a gentiment compris le parallèle, pas besoin d'en remettre une couche avec les huées imaginaires d'aficionados... Oui, le spectateur pourrait comprendre quelques "subtilités" parfois, ami Darren...

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The Wrestler est donc l'histoire d'un catcheur qui, 20 ans après ses heures de gloire, continue de se faire tranquillement massacrer la tronche chaque week-end. Dans le rôle titre, Mkceiy Ruokre, LA gueule cassée du cinéma américain, définitivement plus crédible dans ce genre de personnage qu'en prof de la Sorbonne à la retraite. Ruorke vit dans une pauvre caravane - et encore faut-il qu'il n'oublie point de payer le loyer -, transporte des caisses pour arrondir ses maigres fins de mois et n'entretient de rapports sociaux qu'avec une strip-teaseuse, elle aussi un peu sur la pente douce (Marisa Tomei est encore superbe, attention, mais à 45 ans passé, on sent bien qu'il serait temps qu'elle aille voir le conseiller d'orientation). Quand Ruokre, à moitié sourd, plus rafistolé qu'un lot (5 disons) de Jackson, entre sur le ring, il se donne à fond et ce n'est point pour faire de petits combats de catch du dimanche : il aime à finir la tronche en sang - il se coupe lui-même le front avec un rasoir caché dans une bande de son poignet - quand cela ne vire pas au gore total - le combat avec Necro, un type qu'il serait temps de mettre en prison - avec agrafes plantés directement dans le corps - sont malades ces Ricains - et fils barbelés qui t'entrelardent ta race (Ah oui, c'est sanglant, je préviens les âmes sensibles). Comme en plus il est chargé comme Virenque ou Armstrong avant une étape dans les Alpes, ben un moment, le coeur lâche... Notre Mkceiy finit par s'effondrer comme un menhir brisé et termine à l'hôpital : le médecin est formel, à partir de maintenant c'est ping-pong ou rien... Comme il voit bien qu'il arrive à bout, il tente de se mettre à la colle avec la strip-teaseuse qui n'est pas très chaude, puis va voir sa fille qui l'envoie paître, dans un premier temps, jusqu'en enfer (il ne semble point avoir été très proche d'elle ces 25 dernières années, il paie le prix...). Bref, c'est la déroute, il se retrouve en plus, après la boucherie, à bosser comme simple boucher en grande surface, logique (le Randy devient un numéro, on voit bien qu'il aime po son badge), mais l'envie de remonter une ultime fois sur le ring le titille comme jamais...

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Là où le film fonctionne le mieux, c'est bien sûr dans ces petits moments de rien, quand le Mkceiy se retrouve comme un gland, en vieux cow-boy solitaire, dans sa caravane. On sent tout le poids du passé qui finit par peser très très lourd sur les épaules fracassées de cet homme. Ruorke parvient même à être pathétiquement touchant lorsqu'il tente de refaire son sourire charmeur d'il y a 20 ans pour tenter d'amadouer sa propre fille, les larmes aux yeux, ou quand il rend hommage à son public auquel il a tout donné, quitte à bousiller littéralement sa vie - sentimentalement et physiquement, le message est clair... Même grosse bouffée nostalgique, lorsqu'il se retrouve à signer pathétiquement des autographes pour huit dollars au milieu de ses congénères catcheurs dont certains sont sur des fauteuils. Aronofsky n'est pas le champion du monde pour faire dans la dentelle mais la figure ruorkienne, qui tente son 57ème come-back, endosse parfaitement ce rôle et ce type de personnage sacrifié sur l'autel de l'entertainement. C'est d'ailleurs les scènes intimes qui sont finalement le plus réussies et les plus marquantes, par rapport au barnum de la bande-sonore et des combats de catch, reconnaissons-le. Un combat entre Rocky et the Wrestler mériterait son poids de cacahuètes en terme de désillusion du rêve américain, mais espérons que l'idée ne germe point dans le cerveau du Darren et qu'il continue de suivre cette pente légèrement amorcée vers un cinéma moins bourré d'effets faciles - un film avec un minimum de budget serait peut-être la meilleure chose qui puisse lui arriver...   

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05 janvier 2008

Pi (1998) de Darren Aronofsky

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Intrigué par Requiem for a Dream, effaré par The Fountain, je m'étais un jour promis de me faire ce mystérieux Pi ; et ben c'est un tort, et la curiosité est un vilain défaut mon fils... Aussi ras les pâquerettes que sa dernière œuvre superfi-zen (cherchez pas, j'invente des mots), on a droit à un petit génie des chiffres qui ressemble à un Kassovitz en moins bon, super énervé par le nombre Pi... Pourchassé par des méchants qui ne sont intéressés que par la bourse et la thune et qui lui offrent une puce super-puissante, et un gars juif qui cherche une séquence magique dans la Thora (rien à voir avec mon chat, pour les intimes), notre type se tape régulièrement des crises de paranoïa aiguë (il aurait trop regardé le soleil petit, ce qui lui aurait donné la bosse des maths et cette maladie bizarre... ouais, moi non plus je fais pas le lien, mais je ferme les yeux, c'est de la fiction, hein?) Finalement il tombe sur une séquence de 216 lettres qui serait le nom de Dieu en hébreu (on voit pas trop le rapport là non plus avec la choucroute, sauf que c'est hyper-fort comme dirait Darroussin), le type se prend pour l'élu, pète un cable et est à deux doigts de se percer le crâne avec une perceuse. Bon an mal an, il s'en sort quand même et décide de regarder les feuilles qui tombent, c'est vrai c'est cool, surtout en automne, plus sympa qu'un écran d'ordi face auquel je suis... Bon en résumé c'est sur l'aliénation de notre monde moderne, la preuve c'est en noir et blanc, et pis aussi pour dire que les maths c'est nul à force... Mis à part un générique dynamique et une musique qui pétarade bien (il est fort en B.O. le Darren), pas grand chose à garder... j'hésite, pour conclure, entre "tant pi" et 3/14...

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11 mai 2007

The Fountain (2006) de Darren Aronofsky

fountainEt ouais, on s'emballe, on s'emballe et on finit par voir n'importe quoi, dont ce bloubiboulgesque The Fountain, projet ambitieux certes mais qui se tarit à la source. Une histoire d'amuuur (éternel?... ben pas forcément) sur 3 époques (1500 - 2000 - 2500, excusez du peu) qui nous donne un récit ésotérico-historico-futuriste dont les 15 premières minutes clipesques -incompréhensible de prime abord avant de s'éclaircir peu à peu, laissent pantois... de prétention. Pour l'aspect historique, on a dû ressortir les figurants d'Apocalypto encore sous le choc, pour le présent on a fait la tournée des zoos pour trouver des singes malades, quant au futur il lorgne méchamment sur 2001 sauf qu'en 2007, Aronofsky a bien 6 longueurs de retard, au moins, sur son modèle. L'histoire est aussi nébuleuse que la destination vers laquelle se rend l'astronaute, disons pour faire court qu'on assiste d'une part à des conquistadors à la recherche de l'arbre de vie de la Bible (en plein Guatémala, vous m'expliquerez pourquoi...!!!! Quel déconneur ce J.C), au présent un chercheur tente de trouver un médicament miracle contre les tumeurs cancéreuses -un bout d'écorce d'arbre, et ouais fallait y penser-, quant au futur, là, ça part vraiment en live avec un type dans sa bulle qui parle à un arbre avant de partir en (double) lévitation - go oooooom. En gros, le but de tout le bazar c'est de nous faire comprendre, si je me suis pas endormi, que l'amour, eh ben vaut mieux le vivre dans le présent que de croire que ça va toujours durer (le scientifique préfère aller au labo au début pour faire des tests sur ses singes plutôt que d'aller avec sa compagne, qui est mourante, profiter de la première neige - il aura une seconde chance et suivra cette fois sa promise, acceptant ainsi leur destin... bon il y aurait sûrement d'autres trucs à dire mais je vais pas me le taper deux fois, clair): c'était bien la peine de tous ces effets spéciaux "synthétiques" et de toutes ces histoires enchevêtrées - Hugh Jackman, qui se donne à donf joue trfountain_6ois rôles donc, un gros barbu moustakien, un scientifique rasé comme un mur, et un chauve barthésien - a du courage mais il a beau chercher à se cacher, je l'ai reconnu. Aronofsky après l'excellent Requiem for a Dream a mis 6 ans pour monter ce projet et devrait revoir les films de Ozu pour comprendre qu'en 30 secondes et un champ/contrechamp, il y a plus d'humanité que dans les 23547637 effets spéciaux de sa bulle. Mais les spectateurs américains crient au génie devant ce truc tape-à l'oeil et boursouflé... Ils voudraient par Sarko pour remplacer Bush? C'est cadeau, ça me fait plaisir.

Posté par Shangols à 07:25 - ARONOFSKY Darren - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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