04 octobre 2011

The Tattered Dress (1957) de Jack Arnold

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Un petit film noir qui démarre plutôt sur de bonnes base avec cette blonde aguicheuse et vénéneuse (Elaine Stewart) qui fait mine d'avoir été "brusquée" - on va dire - par ce qu'on devine être son amant et son mari richissime et bas de plafond qui abat cet homme de quelques coups de flingues dans le dos... Un ponte avocat de New-York (Jeff Chandler, charismatique) vient débarquer dans ce petit bled du Nevada où l'atmosphère est forcément houleuse, tout le monde prenant fait et cause pour la victime ; l'avocat séparé de sa femme (Jeanne Crain) n'a pas l'air du genre à se refuser une petite aventure (la brune dans le train qui lui coule un regard tentateur et auquel on le devine rapidement succomber...) et devra se méfier comme de la peste de sa cliente qui n'a pas l'air vraiment farouche... Cool. Ça sent le récit terriblement chargé en tentation et en érotisme. Bon, en fait on se trompe, ce sera plutôt un "film de procès", ce qui est forcément beaucoup moins sexy en soi...

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Si le Jeff va faire preuve de tout ses talents d'avocat pour remporter le premier procès (faire acquitter le mari tueur, c'est quand même fort de café !), il est loin de se sortir de cette histoire indemne : il va en effet dans la foulée se retrouver accusé d'avoir suborné une des personnes du jury... C'est forcément faux, mais cela s'avère une autre paire de manche à prouver... Je vous passe les multiples séquences dans la salle d'audience qui sont tattered_dressun peu longuettes pour revenir sur le "fond" du film qui se veut (...) une véritable réflexion sur la Justice, messieurs-dames : si le Jeff, lors du second procès, va tenter de se sortir de cet imbroglio grâce à ses talents d'orateur et en tentant de jouer sur son infinie bonne foi ("bon, ok, je peux po démonter les attaques contre moi mais nom de diou, bonnes gens, faites triompher la justice, je vous jure, en m'acquittant" - mouais pourquoi pas...), on ne peut qu'être gêné aux entournures par la façon dont s'est terminé le premier procès !! Ok, il y a, comme nous l'annonce gentiment l'affiche ricaine, des esprits particulièrement retors et mal avisés dans ce trou du cul du monde. Certes. Mais enfin notre richard a quand même tué un homme et qu'il se retrouve sans aucune charge contre lui, c'est un peu dur à avaler... surtout vu tout ce laïus final sur le soi-disant "Triomphe de la Justice". Ouais, ce shérif (un proche de la victime) qui fait des misères à notre avocat est pourri jusqu'à la moelle - il ira d'ailleurs jusqu'à commettre lui-même un meurtre - et devrait se retrouver sur le banc des accusés, mais enfin ouh ouh, le premier crime, là, quand même, j'ai pas rêvé, il a bien eu lieu !... Et le type s'en sort blanc comme neige ?... bien zarbi quand même tout ça... Du coup, on reste tout de même un peu hagard devant cette curieuse démonstration et l'on est d'autant plus déçu par l'abandon de toutes pistes initiales (sans même parler du titre évocateur ("tatter", j'ai pris mon ptit dico, j'avoue, signifiant "mis en lambeaux" quand même)) qui s'annonçaient beaucoup plus sulfureuses - on assiste en plus, cerise sur la gâteau au rapprochement de Jeff avec sa femme - tu parles d'une trouvaille érotique toi... Un noir qui s'effiloche bien vite et un scénar pour le moins "maladroit" pour ne pas dire "discutable"...

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05 avril 2009

L'Homme qui rétrécit (The Incredible Shrinking Man) de Jack Arnold - 1957

vlcsnap_58817Voilà un bon vieux film de drive-in à l'ancienne, et durant les scènes les plus impressionnantes on imagine aisément une blonde en mise en plis se serrer contre vous dans la Ford prêtée par papa. Jack Arnold n'est pas forcément l'intellectuel du siècle, mais il faut reconnaître que son film est très satisfaisant dans son genre. C'est de la SF de base, bien entendu inquiet face à l'avenir et à la technologie, et qui arrive parfaitement à rester du côté de l'humain malgré le grand barnum scientifique de son fond.

Scott Carey est bêtement exposé à un nuage radioactif, et se met donc à rétrécir. Au début, rien de bien grave, juste les journalistes qui viennent squatter sa maison et sa femme un peu perdue face à la métamorphose de son mari. Mais la transformation empirant, le pauvre vlcsnap_56848gars va être confronté à d'autres dangers plus ardus : lutter contre le chat de la maison, se débrouiller pour charrier une miette de gateau grosse comme un rocher, affronter une araignée ca-comme, c'est pas simple. Le film réussit pleinement ce côté odyssée domestique : toutes les horreurs auxquelles est confronté Scott viennent du quotidien, des objets inoffensifs (un piège à souris, une pelote de fil, une allumette, une fuite d'eau). Les effets spéciaux sont franchement au taquet, notamment dans la scène du chat, bien effrayante. Si dans un premier temps on se marre bien à suivre les dialogues entre Scott tout petit et sa femme (on ne peut s'empêcher de penser à leurs rapports de couple forcément un peu compliqués), la suite se teinte d'une belle noirceur désespérée. Scott, abandonné de tous, livré à lui-même, doit organiser sa survie dans un décor austère (un sous-sol humide), on laisse tomber les dialogues et on serre les fesses pour ce pauvre gars qui vit une aventure périlleuse dans son petit intérieur bourgeois.

Arnold tente, ça et là, d'approfondir un peu son intrigue, evlcsnap_81672n la teintant de quelques thématiques intéressantes : la rencontre entre le petit homme et une naine de cirque qui pourrait donner de troublantes séquences à la Tod Browning, ou un final assez surprenant qui ouvre sur une métaphysique qu'on n'attendait pas. Mais le réalisateur s'arrête à mi-chemin, décidément plus intéressé par le côté spectaculaire de son film que par son fond. Il a peut-être tort : The Incredible Shrinking Man est creux, et c'est dommage. Mais baste : en tant que film pour enfants spectaculaire, il est parfait.

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