03 avril 2007

La Montagne Sacrée (Der Heilige Berg) (1926) de Fanck Arnold

holymountain21_1_

Voilà ce qu'on est en droit d'appeler une rareté, que ce film muet mettant en scène la teutonne Leni Riefenstahl en danseuse, et des skieurs et alpinistes qui s'en donnent à coeur joie dans nos bonnes Alpes. Hymne à la nature -ses joies, ses peines-, en toile de fond de cette éternelle histoire de triangle amoureux.

holymountain30_1_

La danseuse Diotima déchaîne les passions sur scène, et nos deux amis alpinistes - un jeune et son mentor - vont tout de suite avoir le béguin pour la Léni; faut dire que même lorsqu'elle s'entraîne devant la mer, elle déchaîne la houle (rires, là, normalement). Dans une image colorée tour à tour jaune ou bleue, on assiste aux flirts des deux hommes avec la furia allemande. Si l'un excelle en ski (il remporte une compétition de sauts et de courses - le grand moment du film, puisque que l'on suit dans un montage très serré, une course poursuite d'enfer, notamment entre les deux favoris -), l'autre est grand spécialiste d'alpinisme. Ce dernier qui se croit trahi par sa belle entraînera involontairement son ami dans une ascension périlleuse où ils trouveront tous les deux la mort.

holymountain36_1_

Il y a une séquence quasi-surréaliste où le mentor imagine sa vie avec Diotime dans le décor alpestre (glaciers géants, montagnes infiniment grandes,...) à base de collages de paysages - visuellement très réussie. L'ensemble est tout de même un poil too much ("je vais dans les montagnes pour me trouver moi-même, dit-il"; "Moi, c'est la beauté que j'y cherche", répond-elle) et les mines de la Léni lorsqu'elle apprend la mort de ses deux protégés sont un poil surjouées peut-être. Mais bon, sur une musique bien rythmée, cela donne au final l'impression d'assister à une véritable "nuit de la glisse", vintage 1926 et si la Loyauté, le sens du Sacrifice, sont des valeurs morales sur lesquelles on appuie un peu trop lourdement (lourdes comme les danses de la Leni qui frôlent parfois le n'importe quoi), on passe tout de même une agréable descente.

Posté par Shangols à 13:31 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


  1