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04 décembre 2009

Courts-Métrages avec Buster Keaton (1917-1923)

1917 Fatty Garçon Boucher (The Butcher Boy) de Roscoe "Fatty" Arbuckle

ButcherBoy1917_01Fatty et Al St John se disputent la même donzelle qu'ils vont aller rejoindre, déguisés en fifille, lorsqu'elle est placée dans un internat, avant de la kidnapper. Quelques "blagues" de comptoir avec grande bataille à coup de farine dans la tronche et une première apparition de Buster Keaton le pied pris dans la mélasse (pâte collante s'avèrant très comique dans film burlesque). A noter un chien en pleine bourre très efficace pour moudre le poivre (belle machine au passage) ou pour sauter aux fesses. Fatty en grosse dondon se fait donner la fessée par la directrice et semble apprécier... Il aura tout de même la fille, c'est lui le réalisateur et le héros, forcément.

1917 Fatty en Bombe (A reckless Romeo / A Creampuff Romance) de Roscoe "Fatty" Arbuckle

vlcsnap_356740Buster joue un rôle indéterminé (l'aveugle?) dans ce film où le gars Fatty joue au joli coeur. On commence par le voir rentrer bourré chez lui à 3 h du mat réveillant toute la maisonnée et entreprendre un beau combat contre ses bretelles. Il s'endort la tête sous l'eau dans son bain mais, malheureusement, cela n'aura pas raison de lui (insubmersible, la bête)... Le lendemain, alors qu'il drague impunément une jeune fille, notre gars Al lui tombe sur le râble et lui met une grosse branlée. Il racontera à sa belle-mère et à sa femme qu'il a reçu un mauvais coup en se battant contre un type qui a piqué de la thune à un aveugle, type aidé de ses trois compagnons. Il sera finalement gaulé car, au cinéma où il est en compagnie de sa femme et de la mère d'icelle, sera projetée sa bien mauvaise action qui avait été filmé à son insu; il se jettera dans les bras d'un policier pour po rentrer chez lui avec la belle-mère furax... Bon, un petit film dans le film qui rétablit la vérité (il y avait du monde au cinoche à l'époque, fusil!), voilou pour l'essentiel.

1917 Fatty chez lui (The Rough House) de Roscoe "Fatty" Arbuckle

buster_keaton_the_rough_house_1917Fatty est décidément un gros lourd (un ancêtre de Régis) et met le feu à son lit avant de tenter, ultra calmement, d'y mettre fin à coup de petites tasses de café puis avec un tuyau d'arrosage qu'il pique à Buster - arroseur arrosé et autres gags attenant... A noter que Fatty, au petit dèj, mime une danse avec ses fourchettes et deux petits pains grillées dont Chaplin se souviendra sûrement pour La Ruée vers l'Or. Eternel combat entre Fatty, Al et Buster qui s'enchaîne très rapidement d'un "cadre à l'autre", autrement dit d'un endroit adjacent à un autre - joli sens de la transition. Fatty se fera corriger par sa mère (il doit aimer ça) avant de se retrouver aux fourneaux. Une fin qui mêle voleurs, détective et policiers (Buster et Al enrôlés dans la force du maintien de l'ordre après avoir renversé un keuf) avec de beaux effets fumigènes de "balles traçantes" qui fusent dans tous les sens. Ad lib.

1917 La Noce de Fatty (His Wedding Night) de Roscoe "Fatty" Arbuckle

2767_untitled_7Fatty veut se marier mais a encore et toujours un rival en la personne d'Al St John. Buster joue les livreurs de robe de mariage à l'élue de leur coeur, et pour montrer la robe à celle-ci, il ne trouve rien de mieux que de l'enfiler. Buster minaude et se fait malencontreusement kidnapper par Al qui pense qu'il s'agit de sa douce. Eh ouais, le quiproquo béta. Une fuite via la fenêtre du premier étage avec roulement sur le toit avant réception rugueuse dans la bagnole garée en bas (Buster est voilé mais il est comme un poisson dans l'eau quand il s'agit de tournebouler). Fatty s'amusera pendant ce temps-là dans son magasin en profitant outrageusement d'une cliente endormie (il a remplacé le parfum par du chloroforme, le gros malin) avant de voler au secours de sa belle... Il pourra se marier avec Buster - ah ben nan c'est po possible ! Ouais le quiproquo comme le voile sera levé, le premier mariage homo n'aura po lieu... Tout rentrera "dans l'ordre", mais oui, bien sûr.

1917 Fatty Docteur (Oh Doctor!) de Roscoe "Fatty" Arbuckle

T_879_875_6351Buster joue le gamin de Fatty, docteur et joueur de tiercé. Il se prend forcément des bègnes par son pater et effectue un roulé-boulé après une baffe sur la table avant de ratterrir le cul sur une chaise de toute beauté - il prend ses marques, notre ami. L'histoire mêle un voleur de bijou, sa femme, des bookmakers et un Fatty "docteur, joueur, policier" qui court dans tous les sens. Un scénario un peu plus alambiqué mais qui donne finalement peu de scènes vraiment marquantes : les sempiternelles courses-poursuites entre tous nos personnages très excités. Fatty finira par se faire un max de maille, tant mieux pour lui.

1917 Fatty à Coney Island (Coney Island) de Roscoe "Fatty" Arbuckle

Fatty_at_Coney_IslandOn prend les mêmes et on recommence. Cette fois-ci c'est Al qui pique la petite copine de Buster avant que Fatty délaisse sa mégère de femme pour s'en mêler. Buster remportera exceptionnellement la manche pendant que les deux autres, dégoutés une demi-seconde par les femmes, décident de suivre chacun la sienne - ça évite les disputes. Beaucoup de jeu d'eau dans cette oeuvre avec Fatty qui fait très bien la nage de la baleine et Buster, en maître nageur, plus crédible que Vincent Lindon dans Welcome (je plaisante... hum). Bien aimé quand Fatty s'adresse directement au cadreur avant de poser pudiquement son pantalon face caméra, on est vraiment pas là pour se prendre au sérieux... On découvre également une sorte d'auto-tamponneuse sur "vagues artificielles" poétiquement étonnant parmi les attractions du Parc - c'est pas Space Mountain, nan, c'est presque joli. Fatty et Al iront, sur la fin, faire un tour en prison pour casser un maximum de policiers moustachus - on ne s'en lasse jamais - pendant que Buster profitera de sa compagne dans une tenue de plage ultra-sexy (genre la jeune shanghaienne à la mode, faut y être pour comprendre...). Mention spéciale pour les exploits "bondissants" de nos trois comparses/gymnastes qui sautent plus que jamais dans tous les sens.

1918 Fatty bistro (Out West) de Roscoe "Fatty" Arbuckle

OutWest1918Fatty se fait jeter d'un train, puis est poursuivi par les indiens avant de faire une entrée fracassante dans le saloon où le bandit, Al, est en train de braquer les clients dont Buster (avec un manteau ridicule trois fois trop grand pour lui). Il sera, comme d'hab, question d'une femme - Alice Lake, recrue de l'Armée du Salut qui fait une entrée remarquée lorsqu'elle gronde ces couillons de cow-boys qui font danser un black en tirant à ses pieds - finalement kidnappée par Al et sauvée par le "gros Fatty" (il reprend la main). De bien belles séquences de cascade quand nos amis et leurs comparses se jettent du haut d'une falaise pour faire des roulés-boulés jusqu'en bas. On se rend compte aussi qu'Al peut supporter facilement qu'on lui fracasse 48 bouteilles sur la tronche ainsi que les coups de feu dans les fesses, mais qu'il cède bêtement à la chatouille. Petite scène, aussi, rigolote avec un cheval bourré qui marche tout de guingois. Du classique avec tout de même une première irruption pour Buster dans le monde sauvage de l'Ouest...

1918 Fatty Groom (The Bell Boy) de Roscoe "Fatty" Arbuckle

Annex___Keaton__Buster__Bell_Boy__The__NRFPT_01On retrouve une idée qu'exploitera plus tard ce diable de Woody Allen : lors d'un braquage de banque (normalement juste pour le fun puisqu'il doit permettre à Fatty de jouer au héros et d'arrêter les deux voleurs devant les yeux de sa donzelle charmée), Al et Buster tombent sur une autre équipe déjà à l'oeuvre. Les décors de cette pauvre banque finiront en charpie et seront le lieu d'un magnifique pugilat - les cloisons sont aussi inconsistantes qu'un livre de Marc Levy... Il y aussi un petit jeu qui tire un peu en longueur avec un ascenseur tracté par un cheval plutôt têtu mais cela permettra d'apprécier les dons d'acrobates de Buster, debout sur les épaules de Fatty ou rebondissant sur une planche. Fatty aura donc la fille, again, et les deux autres, bien que bourrés de thune, seront dégoutés - le capitalisme n'avait point encore tout pourri !

1918 La Maison de Fatty (Moonshine) de Roscoe "Fatty" Arbuckle

Moonshine1918_01En l'absence d'une copie 35 mm (mais une en 16 existerait, allons bon),  uniquement 6 minutes sont montrées sur ma version DVD (Eureka!, chapeau bas, malgré tout); pas vraiment facile de se faire une idée... Buster et Fatty sont à la poursuite de bootleggers... quelques gags glanés au passage : 312 personnes (les assistants de nos gars) qui sortent de la même bagnole et un fac-similé de suicide au ketchup de Fatty. Bon, circoncis par la force des choses, donc difficile de se faire vraiment une idée de l'ensemble... 

1918 Fatty à la Clinique (Good Night, Nurse!) de Roscoe "Fatty" Arbuckle

Nurse1Une scène d'ouverture sous une pluie battante où Fatty, entre moult gamelles dans les flaques qui font floc, tente désespérément d'allumer une clope et sympathiquement conclue avec un type, totalement à la ramasse, dont Fatty écrit l'adresse sur le plastron avant de le timbrer et de le poser sur une boîte aux lettres. Il ramène ensuite chez sa femme un couple de bohémiens avec un chtit singe avant d'être lui même conduit à l'hôpital pour faire apparemment une cure anti-alcool. Buster, chirurgien en chef maculé de sang, endormira notre Fatty qui rêvera de s'échapper de l'hôpital avec une autre patiente un poil nympho, se déguisera en grosse infirmière et flirtera avec Buster pour l'amadouer (ce dernier est à mourir en grand timide qui s'enfonce un doigt dans la bouche, se triture les cheveux ou roule sur le mur tout gêné...) avant de se retrouver, dans sa fuite, en plein milieu d'une course sportive qu'il va forcément remporter. Il émergera alors enfin de son sommeil. A noter au passage une bagarre d'oreillers mythique qui ferait passer celle de Zéro de Conduite pour un vol de canard sauvage. 

1918 Fatty Cuisinier (The Cook) de Roscoe "Fatty" Arbuckle

rdf5_02Fatty au fourneau et Buster au service s'en donnent à coeur joie quand il s'agit pour le premier de balancer une commande à l'autre. Deux grands numéros de jongleurs absolument imparables. Les deux se lancent également dans une sorte de danse "pré-tecktonik égyptienne" hilarante, avant qu'un couple de clients se la pète avec un rock acrobatique un poil dangereux. Grand numéro de notre ami le chien, qu'on avait un peu perdu de vue, quand il s'agit de mordre les fesses d'un gazier ou de monter à une échelle. Une séquence pour le fun de dégustation de spaghetti où Fatty, Buster et le reste de la clique nous présentent toutes les façons, des plus ridicules aux plus pratiques, de bouffer la pasta. Un épisode diablement bien rythmé avant une fin un peu plus molle dans un décor de fête foraine et de montagnes russes.   

1919 Fatty Cabotin (Backstage) de Roscoe "Fatty" Arbuckle

BkStageUn épisode un peu en berne avec les numéros préalables d'un grand danseur tout guimauve et d'un homme fort tout moustachu, avant que nos amis se lancent dans leur propre spectacle avec, à nouveau, un petit numéro de danse égyptienne assez fendard. Première tentative du gag d'une façade entière (le décor de la pièce, relativement léger a priori) qui s'écroule sur Fatty dont le corps passe au travers d'une fenêtre. L'homme fort, exclu du numéro et jaloux de l'actrice, tire dessus des gradins : Buster et Al feront un pugilat de l'homme fort sur la scène, et Fatty endossera le petit rôle fleur bleue du bazar en allant au chevet de l'actrice alitée. Gentillet, moui.

1919 Fatty au Village / Un Garçon séduisant (The Hayseed) de Roscoe "Fatty" Arbuckle

On sent qu'au niveau du scénar, on se casse de moins en moins la binette. Fatty, facteur à ses heures, et un shérif se dispute la même donzelle. Le shérif vole une lettre avec de la thune et accusera Fatty - heureusement Buster veille et dénonce le coupable. Une petite séance de danse pour le plaisir de montrer qu'à cette époque les gens valser comme des plumes (Buster et sa cavalière 12 kilos à eux deux?) au moindre impact. Buster joue au magicien (tiens, un lapin!), Fatty chante après s'être bourré d'oignons... faisant pleurer tout son monde puis fuir tous les gens auxquels il s'adresse (même le clebs)... Pas vraiment de morceaux de bravoure et même po une photo... Il est temps que Buster vole de ses propres ailes...

1919 Fatty et Malec garagistes d'occasion (The Garage / Fire Chief) de Roscoe "Fatty" Arbuckle

garageDernière collaboration entre les deux hommes et c'est sûrement pas plus mal vu à quel point le fil narratif a tendance à partir en quenouille... Des gags dans une bassine remplie d'eau, avec du cambouis (On pourrit le client qu'on lave ensuite au pétrole, rires) ou à la station de lavage avec une plateforme tournante (Buster qui tourne en rond et court en faisant du surplace... tout un symbole...). Ensuite on zappe sur nos deux hommes qui s'improvisent pompiers - l'image devient toute rouge, forcément - et effectuent un petit sauvetage acrobatique dans des fils électriques... C'est maigre. Allez, exit le gros Fatty, on est content d'avance pour le Buster d'être débarrassé du gros lourdaud.

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16 octobre 2009

Windy Riley Goes Hollywood (1931) de William Goodrich, alias Roscoe 'Fatty' Arbuckle

menu_diary_of_a_lost_girlPDVD_003C'est vraiment, une nouvelle fois, pour la présence de Louise Brooks - et le plaisir finalement assez rare d'entendre sa petite voix - que ce film mérite d'être vu. Le scénar est trépidant : tournant pour des studios hollywoodiens, on lui demande de ne plus avoir son nom étalé dans les journaux pour quelque raison que ce soit - le public, trop béta faisant souvent des amalgames. Malheureusement un gros gros lourd qui purge une peine (des travaux d'intérêt généraux) et bosse pour l'agence comme groom a l'excellente idée de kidnapper le réalisateur du dernier film de Louise pour l'enfermer dans un wagon (en référence au titre du film: "The box-car Mystery"): scandale et publicité garantis... De la police au studio en passant par la chtite Louise, tout le monde est bien embêté ma foi... Le gros lourd va finalement rechercher le réalisateur et on a droit à un super happy end car celui-ci annonce son mariage avec une Louise Brooks toute pimpante. L'intérêt du scénario (quelle autodérision ces studios hollywoodiens!) est digne de la mauvaise qualité de l'image et du son de la copie qui nous reste; mais ne faisons pas trop la fine bouche devant cette légère et courte comédie (à peine vingt minutes) qui a au moins le mérite d'exister et n'a pas disparu à jamais. Louise Brooks et le réalisateur (sur la liste noire - quand tu lui téléphones, ça explose (...!) - désolé) étaient en plus à cette époque plus vraiment en odeur de sainteté dans la Mecque hollywoodienne.   

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