Shangols

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21 juillet 2006

Ouvre les Yeux (Abre los ojos) d'Alejandro Amenabar - 1998

Ouvre les Yeux a exactement les mêmes défauts que le film précédent d'Amenabar, Tesis (clique où tu1abzddawswvuyujxodqukhrgupixcnqfy veux, mais , c'est mieux) : moralité très catho (la vraie beauté n'est pas physique, mais elle est dans le coeur, spectateur naïf, et il faut apprendre à la déceler, trois Notre Père et au lit), flou scénaristique complet, acteurs iniques, imagerie mochasse, symbolique épaisse.

On voit qu'Amenabar a potassé ses maîtres bien scolairement : ce film voudrait être du Lynch (aussi bien côté Elephant Man que côté Lost Highway), mais voudrait aussi être du Shyamalan (qui, lui, au moins, sait diriger des acteurs), et peut-être que si on y rajoute une touche de Capra, ça passera. Malheureusement, tout ça s'approche plus de Zemeckis que de ces honorables références. Ce mélange fourre-tout de science-fiction, de drame psychologique et de polar à tiroir n'arrive jamais à trouver son style, et se contente de se laisser sagement dépasser par un sujet trop complexe. Sans dévoiler le coup de théâtre final (il faudra un jour expliquer aux Shyamalan et autres Fincher qu'un film ne se construit pas sur ses 5 dernières minutes), on y parle beaucoup de rêves, et d'un personnage auquel son destin échappe brusquement et incompréhensiblement. Lyeux1e problème, c'est qu'il échappe aussi au spectateur qui, pendant 1h50 est perdu par cette histoire peu passionnante. Et qu'il échappe aussi à Amenabar lui-même qui ne sait plus quoi filmer en attendant sa fameuse chute finale : Penelope Cruz (nullissime) fait du mime, Eduardo Noriega (mauvais comme tout) se fout des prothèses sur la tronche, et vas-y que je te filme sans inspiration une boîte de nuit, et vas-y que je te rajoute une touche de psychologie là-dedans en espérant que ça meublera... Non, ça meuble pas, ça ennuie. Ce n'est pas en égarant complètement le public qu'on lui plaîabre10t: il faut quand même lui donner deux-trois indications, histoire de pas trop le prendre pour un agneau, ça s'appelle du respect. Ajoutons que cette idée de plaquer des visages sur un fond de ciel pour évoquer le rêve ne fait que rendre le film encore plus laid qu'il ne l'était déjà.

Heureusement, Amenabar se débarassera ensuite de ces comédiens immondes pour engager Kidman dans The Others. Mais j'en viens à douter du réel talent du gars...

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24 juin 2006

Tesis d'Alejandro Amenabar - 1996

amenabar_tesis_lexicoTesis est raté. On voit tout à fait ce qu'Amenabar aurait voulu faire. Le problème, c'est que lui ne le voit pas trop. Dans les premières minutes, on se dit qu'il va nous faire un film sur le pouvoir meurtrier des images (comme dans le dernier Carpenter). Ok, qu'on se dit, envoie. Et puis, non, il change de sujet : il décide de nous parler plutôt de la fascination pour la violence, de l'attirance pour la mort. C'est la meilleure partie du film, et on se dit encore : ok, je prends. Et puis, non, il ne le sent plus, donc il nous fait un film d'horreur. On commence à se lasser, mais comme on est bien luné, on dit encore : ok, si tu veux. Et puis, en fin de compte, oui mais non, je sais pas, si plutôt je faisais une critique de la télé. Et là, c'est bon : fatigué de ce flou, on quitte le film désolé pour Alejandro, et gavé de ce manque de conviction dans ses sujets.

Certains plans font mouche : cet irrésistible besoin qu'a l'héroïne de toucher le danger, physiquement, du bout des doigts ; toutes ces récurrences d'images d'yeux détournés, ou grands ouverts, ou "brisés" (les lunettes du héros volent en éclat, le méchant dit : "Et maintenant, dis-moi ce que tu vois".) ; des décors relativement inspirés. Mis à part ces maigres idées, le film affiche une esthétique vieillie (et il n'a que 10 ans), empruntant beaucoup plus à Dario Argento (qui ne m'a jamais passionné) qu'à De Palma (le cinéaste du regard), y compris dans son traitement des "images-choc", qui ne sont jamais effrayantes. Le fameux snuff film central ressemble plus à un épisode de la vieille série Twillight zone qu'à du Kenneth Anger. Les acteurs sont franchement pitoyables, très mal choisis, caricaturaux, un vrai vrai vrai problème de casting (très étonnant de la part du réalisateur du joli et bien joué The Others). On ne croptesis1it pas du tout à la peur/fascination de cette pauvre fille, qui n'agit jamais, qui laisse le film se faire sans elle. Quant aux garçons, une telle caricature de la jeunesse errante laisse rêveur.

Enfin, Tesis est très flou dans son discours-même, prônant sur la fin une morale cul-béni et trop outrée sur les dangers de la télévision, sauvant ses héros dans un élan risible de moralité à 2 balles, n'allant pas au bout de ses idées politico-éthiques (fasciner par la violence mais contre la violence). On a l'impression d'un film fait par un ado frénétiquement passionné de séries Z et se prenant subitement pour Pasolini. Ce qui, en fin de compte est un peu le cas : Amenabar avait 25 ans, et c'est son premier long-métrage. On l'excuse donc, mais quand même...

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