06 avril 2007
L'Etoile Imaginaire / Il manque une Etoile (La Stella che non c'è) (2006) de Gianni Amelio
Un Italien perdu en Chine: Vincenzo Buonavolontà (remarquez toute la subtilité de la symbolique du nom) - Sergio Castellito dit le Auteuil rital - n'en manque pas; responsable de la maintenance d'un haut fourneau vendu aux Chinois, il décide de partir dans l'Empire du Milieu pour changer un joint qui déconne. Mais la Chine, mon gars, c'est po si facile et il va aller de surprises en surprises (et de désillusions en incompréhension) de Shanghai à Batou en passant par Wuchan et Chongqing (vous pouvez prendre une carte): on se doute depuis le départ que sa mission d'ingénieur ne va pas aboutir, mais qu'en route il va se découvrir lui-même, aura un faible pour la chtite traductrice qui l'accompagne, un bon vieux road-movie sinisant quoi. On en a pour notre argent niveau dépaysement (je plaisante, c'est ce que je me tape tous les jours), la première qualité du film d'Amelio étant d'éviter au maximum tous les clichés ou tous les effets trop faciles (putain, c'est pas la même culture dis donc) et tente de nous donner une image de la Chine au naturel (ouais bon j'y suis, le premier qui n'est pas d'accord, c'est deux baffes): les gares bondées, le yangtze dans la brume, les villes en perpétuelle construction, la modernité de certaines usines, les commissariats glauques... Il y a également quelques moments assez réussis dans les scènes plus intimes entre un Castellito qui comprend que dalle (facile pour moi de m'identifier...) et Ling Tai, autour d'un simple petit-déjeuner où le Sergio fait l'effort de manger du riz blanc et froid ou lorsque à bout de for
ce l'un et l'autre se prennent dans les bras: petites séquences tendres et assez touchantes notamment grâce à l'interprétation tout en douceur du Sergio.
Le Vincenzo à mesure qu'il s'enfonce dans les terres se rend compte qu'en Chine on vit encore à 56 dans un appart ou que les gamins peuvent se retrouver le cul par terre dans une usine à manger du riz dans une bolinette et cela finit par lui mettre une grosse claque: une expérience humaine quoi, qui vous prend là et vous lâche point. Rien de bien nouveau en vérité mais une certaine volonté d'authenticité au final pour montrer la Chine d'aujourd'hui. C'est déjà pas si mal.