Shangols

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18 janvier 2007

Le Grand Couteau (The Big Knife) (1955) de Robert Aldrich

197455_1_Robert Aldrich n'y va pas avec le dos de la cuillère (ben non puisque c'est un couteau) pour saper les bases du monde impitoyable d'Hollywood (produit par Aldrich lui-même mais distribué par United Artists cela dit).

Charles Castle (Jack Palance, super costaud à cette époque, qui cultive une étrange ressemblance avec Richard Virenque et parfois la naïveté...) est un homme qui "s'est fait acheter ses rêves" - en gros il s'est vendu au grand studio pour faire des films de daube - "mais qui ne les a pas oubliés" - on m'aurait menti...? Coincé entre la signature d'un nouveau contrat pour 7 ans - le patron du studio le tient par les coucougnètes car il a été impliqué dans un accident de voiture qui a tué un enfant et pour lequel un homme de paille dévoué a payé - et sa femme qui menace de le quitter : outre ses quelques infidélités elle ne supporte que l'hommBigKnife200_1_e qu'elle aime mange de ce pain-là. Malgré toute sa bonne volonté, il finit par signer, sa femme le conchiant mais revenant finalement à lui (ah l'amour...!). Reste cependant un gros problème : le soir de l'accident, il était avec une pépète et cette dernière sous le coup de l'alcool a un peu tendance à bavasser. L'un des hommes forts du studio lui propose de s'en débarasser et pour Charlie trop c'est trop ; qu'il n'ait plus beaucoup d'illusions sur ce monde de requins, c'est un fait, qu'il soit prêt à sacrifier sa carrière, c'est un souhait, mais que l'on aille jusqu'à tuer quelqu'un pour que tout rentre dans l'ordre, ça que nenni. Ses dernières illusions s'effritent dans cet ultime combat contre les puissants de l'industrie cinématographique et la fin est d'un tragique sans nom.

Aldrich ne se contente pas de démonter les rouages de ce système avarié et de nous conter par le menu les ambitions et les folies des hommes à la tête des studios, il nous montre à quel point les vedettes se retrouvent souvent exploitées physiquement et psychologiquement en échange de quelques millions. grand_couteau4_1_Mais elle finissent aussi souvent malheureusement par dérailler... (je savais que je pourrais me resservir de ce truc de Richard Virenque) Adapté d'une pièce de théâtre, le film se passe quasiment dans un lieu unique et la caméra ne cesse de tourner autour de ses victimes (oui bon on voit même un moment l'ombre du caméraman sur sa grue... oui, je sais c'est cruel); Aldrich varie plans-séquences et changement d'angles avec un certain savoir-faire, le film ne sombrant jamais dans l'ennui. C'est pas l'esprit de la Nouvelle vague certes, mais son film ne ressemble jamais à du théâtre filmé (même si on a tendance à se dire, tiens c'est la fin du premier acte, là...) ce qui n'est déjà pas si mal. Le Palance se lâche dans ce rôle taillé sur mesure face à une Ida Lupino au tempérament volcanique mais pleine de compassion pour celui qu'elle considère comme étant "une partie de sa vie". Un film aiguisé à défaut d'être toujours tranchant (ouais, je cherchais un truc avec du beurre mais non finalement...)

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15 août 2006

Vera Cruz (1954) de Robert Aldrich

Un duel au sommet entre Lancaster, l'homme aux dents les plus blanches d'Hollywood, et Cooper, l'éternel jeune premier, même à 53 ans. Deux hommes, deux femmes (une jeune beauté espagnole, Sara Montiel, aucun lien de parenté, et une Française, Denise Darcel, pas restée dans les annales) et un coffre plein d'or dans un carrosse.

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Etrange amitié que cesara_montiel_1_lle entre les deux hommes, faite de respect mutuel, et dedenise_darcel_1_ trahison pour une femme ou pour l'argent. Drôles de couples qui fonctionnent à merveille mais qui n'hésitent pas à prendre la tangente à la moindre occase. Un équilibre qui repose avant tout sur l'exceptionnel charisme des deux hommes, chacun suivant un code d'honneur très personnel, leurs faiblesses les rendant d'autant plus humains. Ca flingue à tout va et les scènes de bataille avec 15.000 figurants ont une certaine maestria (On a beau dire , c'est quand même plus impressionnant que des clones de vrais Mexicains tous chapeautés). Cooper finit bien sûr avec tous les honneurs (il a la femme et fait don de l'or au peuple mexicain, quitte à sacrifier son compagnon - la larme à l'oeil,... son grand faible le côté humain).Quant à la scène finale, un duel plein d'honneur, elle n'a pas dû échapper à l'oeil averti d'un Sergio Leone: des champs-contrechamps et des variations de cadres d'un grand classicisme.

Emmené tambour battant, ce Stagecoach à la Aldrich, avec les Mexicains remplaçant les Indiens, a sa place dans les grands westerns MGM. Bizarre d'ailleurs de constater (voir chronique) qu'Aldrich enchaînera juste après avec l'étrange Kiss me deadly. Tout à son honneur.

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05 avril 2006

En Quatrième vitesse (Kiss me deadly) (1955) de Robert Aldrich

b0000amkfq.08.lzzzzzzz_1_Un film noir avec une fin de science-fiction c'est pas commun, certes.

Ca commence de façon éblouissante: la caméra suit la course de jambes nues sur l'asphalte noir, une jeune femme en imper cherche désesperément à stopper une voiture, un bolide de sport stoppe furieusement, un barrage de police est dressé pour rechercher une femme qui s'est enfuie d'un hôpital psychiatrique... Elle a du bol, elle est tombée sur Mike Hammer -en plus, il n'a pas la moustache- il perce le barrage en la faisant passer pour sa femme.

Elle sera tout de même tuée et Mike Hammer enquêtera pour savoir quel secret elle cachait !!(Vous voyez pas le rapport avec Les Akissme_1_venturiers de l'Arche perdue ? Normal. Et pourtant.) On a droit à toute une pleïade de fausses pistes, Mike Hammer tombe les pépettes en un tour de main (la première scène du baiser ci-contre est diablement sexy), stoppe les méchants en deux secondes avec un truc qu'on ne voit jamais, se fait tirer dessus mais s'en sort toujours, son ami garagiste meurt écrasé sous une voiture, victime de ces gens dont on ne voit que les chaussures et les pantalons noirs, la police est aussi de la partie et a l'air super inquiète, c'est un polar quoi. D'assez bonne facture d'ailleurs, même si le rythme du début retombe peu à peu. Quant à ce que Mike est sensé découvrir se serait po gentil de le dire même si la vérité (les qualités du film) est ailleurs.

Posté par Shangols à 14:44 - ALDRICH Robert - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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