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15 décembre 2006

Soif (Atash) (2004) de Tawfik Abu Wael

ATASH_1_Voilà un film bien aride (ah la poilade) comme le laissait attendre le titre: un père, dans un village inhabité et in-occupé (on comprend qu'il s'agit d'un Palestinien qui refuse de quitter "son" territoire) mène d'une main de fer ses deux filles, son fils et sa femme. Manquant cruellement d'eau, le père se fait une gageure de leur en fournir; seulement lorsque celle-ci arrive enfin, chacun va avoir tendance à vouloir sortir aussi de son "isolement": la grande soeur - victime d'un viol (on le devine peu à peu, ce qui expliquerait ce "retranchement" loin de toute civilisation)  par le passé (un chtit parallèle avec le fait que le père n'a pas pu la défendre, pas plus que son territoire peut être gentiment fait)- veut à nouveau "voir le monde", le fils veut coûte que coûte finir ses études malgré le souhait de son père de le garder à ses côtés... chacun voudrait pouvoir s'extraire de ce mastodonte qui pèse d'un poids insoutenable sur leurs épaules; ils passent leur vie à faire du charbon (à broyer du noir, roh ça va), n'ayant qu'une fois l'opportunité de s'amuser (ouais! des piles pour la radio), agissement auquel le père met rapidement fin... Tout cela ne pourra finir que tragiquement, comme si le fait de garde1524_1_r constamment ses positions ne pouvait constituer qu'une impasse, qu'un suicide individuel... ou collectif. Il faut reconnaître que ce film très peu bavard et magnifiquement mis en images  est d'une certaine profondeur (il a quand même reçu le prix de la critique à Cannes en 2004); les personnages se contentent souvent de "faire" sans jamais pouvoir "être", comme si leur destin était condamné d'avance. Le jeu du père étant particulièrement impressionnant, aucun souffle d'air ne se dégage, et le spectateur se retrouve parfois aussi étouffé que les autres membres de la famille (ce qui n'est pas une critique), ne sachant où se tourner pour trouver une porte de sortie.  Faudra le suivre ce jeune réalisateur arabe, si je puis me permettre. 

Posté par Shangols à 06:46 - ABU WAEL Tawfik - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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