B0BPYHM8X5On retrouve ce bon Lemaitre pour le second tome de sa trilogie française des fifties. Au programme, encore et toujours, le destin des quatre enfants (-1) Pelletier et de leurs parents résidents au Liban. Lemaitre fait une nouvelle fois feu de tout bois au niveau des thèmes socio-écomiquo-sportifs de son temps : un championnat de boxe au Liban avec un challenger (un employé de l'usine du savon du pater familias) touché par la grâce, la construction d'un barrage hydro-électrique qui met en émoi tout un petit village de province (il faut savoir tourner la page et faire des sacrifices au nom du progrès, bah bah bah) et qui permet à la fille de la famille de faire ses armes comme journaliste (après une série d'articles remarquée sur la (mauvaise) hygiène des Françaises : pouah !), l'avortement et les diverses emmerdes que cela créé alors (Annie Ernaux opine) ou encore la construction d'un grand magasin (Dixie, un pseudo Tati), projet ambitieux mais forcément un peu casse-gueule du fils Jean. On navigue d'une situation l'autre avec toujours le même sens du rythme et la même fluidité d'écriture (c'est sûr qu'après Proust, tu lis une page de Lemaitre au même rythme qu'une demi-phrase du Marcel... tout est une question de construction syntaxique, m'est avis). On s'intéresse, bien sûr, en passant, aux affaires de cœur perturbées de la petite famille : la mignonne jalousie du pater, les ennuis "intérieurs" de la fille, Jean et sa marâtre de femme qui prend soin de leur fille comme d'un paillasson, et les anicroches entre François et sa sourde de Nine au passé trouble. Des hauts, des bas, mais la vie qui va, hein, bon an mal an, quoi... On engloutit ces cinq cents pages en moins de temps qu'il ne faut pour le dire et, à défaut d'y trouver une profondeur d'analyse psychologique exceptionnelle, on plonge dans ces années 50 et ses mutations sociétale avec la même facilité et la même gourmandise qu'un petit poisson dans l'eau. Du Lemaitre qui déroule... Le prochain tome dans 6 mois  ? Allez !