Sans titre

Les Kiarostami que nous n'avons pas encore vus commencent à se faire rare, il est temps de racler les fonds de tiroir. Par exemple avec ce documentaire, qui ressemble plus à un essai technique en vue d'un projet futur qu'à un vrai film fini. Difficile de dire quoi que ce soit de profond sur un film aussi simple et dépouillé, dépourvu pour le coup (à moins que je ne me trompe) de discours ou d'intention. C'est juste, à la manière d'un Pelechian, l'enregistrement de la naissance du jour sur une montagne. Avec cette technique dont j'ai oublié le nom, AK accélère les images pour obtenir une impression de fluidité, et filme, de la nuit profonde à l'éblouissant soleil, la lumière naître, le tout accompagné par une musique élégiaque et puissante. On peut y voir une image du cinéma (de la lumière projetée dans un environnement noir), on peut y voir aussi simplement une déclaration d'amour aux beautés de Dame Nature, et une fascination pour les merveilles qu'elle nous offre. En tout cas, juste avant Ten et Five, La Naissance de la lumière montre un cinéaste attiré par l'image fixe, "objective", et également une fascination pour l'expérimental. Kiarostami commence à sortir du cinéma purement narratif ou purement documentaire qu'il faisait jusque là, et se tourne vers la poésie et l'impression. Ce petit machin constitue donc un témoignage précieux en ce qu'il est un tournant formel assez radical chez le génie iranien.

atout Kiaro : ici