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L'abus de films d'horreur ratés ayant totalement déréglé chez Gols toute notion de mise en scène classieuse, revenons sagement à l'ami Dearden. On est ici face à l'une de ses oeuvres tardives, un petit amusement politico-thrillo-européen truculent, qui, si elle ne compte pas parmi ses grandes réussites, parvient à divertir à peu de frais. Partant vaguement d'un roman inachevé de London, il est ici question de ce fameux Bureau des Assassinats, un bureau qui tue votre homme pour peu que vous avanciez quelques raisons morales ; un peu d'argent, oui, aussi, et ils exécutent ce con - c'est pratique et efficace. Mais ici, ô surprise, quand le patron de l'organisation (Oliver Reed) reçoit en son antre une jeune femme, cette dernière demande la mise à mort... de ce même patron, immoral, vénal. Le bougre est surpris, mais finit par accepter le challenge contre une somme rondelette. Il réunit son bureau et annonce la couleur : dorénavant, ce sera lui ou eux... les tueurs se mettent donc en chasse à travers toute l'Europe pour assassiner leur boss sur fond de tensions européennes fortes - on est aux portes de la première guerre mondiale en ce début de XXème siècle...

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Galerie de portraits cosmopolites parmi ses assassins (du Français, Noiret, en éternel bon vivant meneur de bordel parisien ; de l'Allemand vachard, Curd Jürgens égal à lui-même, le sabre tranchant ; du rital charmeur...), véritable petit dépliant touristique pour les nuls (Paris, Vienne, Venise...), visite d'endroits de débauche piquants (on retrousse jupon sans être trop farouche, des chambres rouges parisiennes aux salles de spectacle qui fleurent bon la saucisse viennoise), on retrouve chez Dearden ce petit goût indéniable pour des endroits divers à l'atmosphère en ébullition (des lieux de perdition, ici, principalement - oui, bon, sauf la banque en Suisse, certes) où se mélangent bons gens du peuple, bourgeois portés sur l'alcool et le sexe et personnes haut-placées ayant soif de divertissement. On s'observe, on se tire dessus, on fait exploser toute sorte d'engins (de la valise à la saucisse piégée) et c'est à qui sera le plus malin dans ce petit jeu du chat et de la souris itinérant. Oliver Reed et la commanditaire de son assassinat ne tardent pas à faire copains comme cochons (elle veut le tuer, donc forcément elle tombe amoureuse de lui, ne cherchez pas, c'est logique dans les rapports homme-femme) et les divers assassins sous la houlette d'un Kojak des grands soirs (Telly Savalas magnanime et calculateur) tombent les uns après les auteurs face à un Oliver plein de twists. Cela ne mange pas les trois bouts de pain d'un canard mais les acteurs s'en donnent à coeur joie dans ces courses-poursuites échevelées toujours mises en scène avec un véritable sens du rythme et de la bon humeur... Oui le film tire un peu en longueurs, le final (avec cette grossssse bombe qui doit être larguée par un énorme Zeppelin) "historique" fait un peu dans la surrenchère, mais ce petit film d'espionnage fin des sixties aux transparences souvent un brin médiocres (mais aux décors joliments soignés) constitue tout bien pesé un charmant petit polar transeuropéen vintage. Gentillet, oui.

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