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Dans un registre finalement assez similaire au bouquin de Charles Yu, Chinatown Intérieur, sur les stéréotypes des personnages asiatiques dans le cinéma hollywoodien, Townsend explore la gabegie des rôles proposés aux blacks dans ce même cinéma. Même si, dès le départ, on sent qu'il décide de creuser au plus profond, au plus grossier, le sillon de la parodie et de l'exagération, on se dit que sur un tel thème il y a du grain à moudre... Seulement voilà, là où, dans le petit détail croustillant, parvenait souvent à faire rire le gars Yu, Townsend, en traitant avec d'énormes sabots chaque séquence "détournée" (il y a les rôles fantasmés qu'on n'offre jamais aux afro-américains et sur lequel notre héros s'imagine en rêve : Rambro (!), deux critiques blacks à la Siskel et Ebert qui dégomment les films, Superman black, ou encore le rôle du détective pêchu et tombeur... et puis il y a les rôles d'éternel larbin pour amuser la populace qui sont ceux qu'on lui propose : l'éternel esclave, le chef de gang, l'afro gay qui tortille du cul...) : malheureusement ces petites saynètes à but comique, ces petits sketches qui font de l'hénorme un principe de base (les blacks morts-vivants, yo !) nous laissent plus souvent consterné qu'à notre tour... On comprend rapidement le principe de la chose : pour réussir dans ce milieu quand on est black, il faut ravaler sa fierté, être prêt à tout accepter (en particulier les rôles les plus avilissants), perdre toute dignité... Ce n'est qu'à ce prix qu'on peut décrocher un premier rôle à l'instar de ce black devenu célèbre en jouant les chauves-souris dans les quartier blancs huppés. Bobby Taylor (Robert Townsend) se verrait bien, lui, en grand héros classique... Mais voilà, s'il veut enfin parvenir à son but au cinoche, il lui faudra accepter le pire... Pourra-t-il avaler la pilule sans se rebeller, sans se sentir comme un gland, voire comme un traître par rapport aux siens - son petit frère qui le vénère et sa grand-mère au premier rang. L'idée, n'était pas mauvaise, voire plutôt grinçante et pertinente dans ces années 80 si affreusement normées... Seulement voilà, disons-le comme on le ressent, la réalisation est grotesque, et le film tend plus à la purge ovniesque qu'au film culte de référence... Ce n'est pas avec de bons sentiments etc... Ce n'est pas non plus avec des idées dignes, courageuses, à contre-courant, qu'on parvient forcément au chef-d'oeuvre... Une parodie ni drôle, ni fine, ni recherchée... Un shuffle qui laisse terriblement froid.

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