1223d7719c5e023374a28544f93aa9d113ac97375831813f7b31845b49a55bd0Murakami est une telle vache à lait dans l'industrie de l'édition qu'on est prêt à lui demander n'importe quoi pour vendre. Ce coup-ci, après les vagues livres sur l'écriture ou la course à pied, il semble bien qu'on ait atteint le point ultime : T est une suite de textes concernant les T-shirts du maître nippon. Jugez de l"intérêt de la chose... Comme on aime bien le bougre, on lit... et on est consterné. C'est en-dessous du nul. En quelques page bâclées, Mura nous parle donc en quelques mots de ses T-shirts préférés, avec à chaque fois une vacuité une absence de style, un bâclage à tous points de vue, qui font frissonner. De cette prose de CE2, qui ne se gène pas du tout pour afficher son foutage de gueule intégral, le grand auteur ne sort pas grandi. Sujet-verbe-complément : on aime la simplicité du style de Mura, qui va souvent avec une complexité de la trame ; mais là, ce n'est plus de la simplicité, c'est de la paresse. Un T-shirt avec une pub de bière ? "Ahah je me boirais bien une petite bière". Un T-shirt sur Springsteen ?"Ah j'aime bien Springsteen". Un T-shirt de Harvard ? "Ah tiens, celui-là je ne l'ai jamais porté". Un T-shirt sur une émission de radio ? "Ah vous devriez l'écouter, elle est très bien". Le reste à l'avenant. Murakami invente le livre Twitter, écrit en vitesse en 120 caractères, style en accord avec le fond. On enrage de voir une telle daube dans un écrin aussi prestigieux (et à un prix aussi révoltant : 24 euros pour 30 pages sans intérêt) : photos des dits T-shirts sur papier glacé, couverture rigide, petit signet boubourge, on croirait un grand livre plein d'élégance. Quand on lit la chose, on se retrouve devant une des plus grosses escroqueries du moment. Il serait peut-être temps que Murakami nous ponde un roman un peu honorable, parce que là il se tire une balle dans le pied.