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On a beau dire qu'on ne nous y reprendra plus, on finit par succomber à l'appel des sirènes de ce Stranger Things 4 "toujours plus spectaculaire". Et c'est vrai, d'ailleurs, que les deux premiers épisodes dépotent : un carnage dans un labo, un monstre, issu tout droit des pires films d'horreur, qui te fracasse ses proies comme des allumettes (bonne nouvelle, on a retrouvé votre fils, par exemple mauvaise nouvelle, on ne sait plus trop l'endroit de l'envers...), on se dit que les frères Duffer en musclant un peu leur jeu osent enfin flirter avec une certaine violence voire avec le gore ce qui leur va bien au teint (marre de ces séries "années 80" aussi bandantes et lisses qu'un Rubik's cube). Bon et puis voilà, forcément, on rentre assez vite dans un ventre mou... Depuis Game of Thrones, on connaît la recette : on divise notre petite communauté en quatre groupes (une mission Russie, une mission dans l'antre du monstre, une mission à la recherche d'Eleven, des allers-retours dans la vie d'Eleven pour comprendre ce passé si trouble) et toutes les dix minutes, on passe de l'un à l'autre. On peut varier les scénaristes et les réalisateurs qui n'ont plus qu'à suivre un cahier des charges clair : tout ce petit monde progresse, mais aucun rebondissement notable avant les deux derniers épisodes, merci. Du coup, malgré les quelques scènes de tuerie, les quelques effets spéciaux chiadés (on aime les couleurs primaires), on se laisse un peu trop paisiblement bercer en attendant les "révélations", les "morts" éventuels (ceux qui n'ont signé que pour une saison), les amours (de la séparation à la déclaration ? Oui ? Oui), les retrouvailles forcément poignantes... Le moins que l'on puisse dire c'est que les Duffer brothers déroulent : oui, c'est vrai, ces monstres-fleurs et leur master foutent méchamment les pétoches aux enfants (enfin, la mienne), oui il y a un minimum de soin apporté au design de ce monde infernal, négatif de notre monde, et à cette maison hantée envahie par les lianes, oui il y a un peu de suspense dans cette prison russe (du prison break à la guerre contre ces monstres) mais au niveau du fond, c'est toujours le même marasme, le même calme plat... Les relations troubles entre Eleven et son "Papa", notamment, ne sont que très peu exploitées et la petite mise en abyme (on est toujours le monstre de quelqu'un...) guère approfondie... Notre club des cinq étendu à douze (au moins) montre que la jeunesse est capable de se battre, super, bravo, mais on reste tranquillement du côté d'un entertainment de papa. On aura beau nous la jouer "apocalypse", sur la fin, avec ce tremblement de terre "imprévu" (la petite ville de Hawkins n'a décidément pas de fion), on y croit autant que la victoire des verts à une élection : attention, attention, va falloir réagir, hein ! Comment ? Ah oui, non. Du bruit, de la fureur, de la candeur, de la jeunesse combattive, des petits morceaux musicaux réglés (Metallica vs the bats !) : les Duffer font parler la poudre et le soufre pour un spectacle qui reste globalement gentillet et inodore.

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