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J'aurais sans doute mieux fait de relire le bouquin de Oates que de me lancer dans cette version filmique chic et toc (et infinie) du gars Dominik. On comprend très vite le principe dans ce biopic gentiment romancé : montrer que derrière le mythe, derrière le sourire rouge ultrabright, derrière ce regard de velours, derrière cette crinière de lion albinos, derrière cette petite voix douce et fluette, se cache nom de dieu que du malaise... Marylin Monroe fait rêver mais sa vie intime est un cauchemar. Je n'enfonce pas le clou, Dominik le fait pour nous. Derrière ces variations systématiques sur la grandeur du cadre (tous les formats y passent, du format téléphone au scope), derrière ces variations systématiques sur la couleur (du noir et blanc à la couleur qui pète en passant par des tons vintage), derrière ce jonglage un peu foutraque pour rendre, on devine, la multiplicité des visages de Marylin, la différence entre le côté cour et le côté jardin, l'opposition entre la douceur triste et la joie triste, Dominik semble avoir une obsession : montrer que la vie de Marylin fut quand même affreusement merdique... Une mère starbée qui la projette dans les flammes (mais certains l'aiment chaud, non ?) ou qui cherche à la noyer (la chute du Niagara, n'est-il ?), un responsable de studio qui la viole, des avortements à répétition (avec vue from the vagina, une séquence qu'on pensait réservée à l'ami Noé, ben non), des enfants de stars qui la prennent de haut, un DiMaggio jaloux et brutasse, un Miller (après cinq secondes de bonheur genre image d'Epinal) dans sa bulle, un père absent, un Kennedy qu'il faut sucer jusqu'au trognon... et je note encore que les instants où je n'ai pas trop dormi, j'ai dû en manquer forcément... Dominik s'étale sur la déliquescence complète de cette vie en en rajoutant des tonnes et des tonnes au besoin (la scène de métro de 7 ans de Réflexion qui se joue littéralement devant des milliards de badauds (oui, on l'a compris, elle appartient, et son corps, et sa culotte blanche, dorénavant à tout le monde) ; les fans qui, lorsqu'elle arrive sur un tapis rouge lors d'une première, gueulent sur son passage en ayant des faciès munchiens (on avait compris le principe, pas besoin d'effets spéciaux déformants pour encore accentuer le ridicule de la chose))...). Tout est à l'avenant, le réalisateur charge la mule tant et plus pour montrer que putain, lui, on ne la lui fait pas : le masque monroesque cache tant et tant et tant de douleurs... Pauvre pitite, si fragile, pas si inculte, qui cherchait à si bien faire, pleine de bonne volonté... La chose ne manquait pas forcément d'intérêt en soi, encore eût-il fallu être un peu plus nuancé ou subtil. Dominik fonce dans le mythe au bulldozer, à la moissonneuse batteuse, en tank... Le final dure au moins trois heures, n'ayant de cesse et de cesse de montrer l'état de perdition de notre héroïne : quand le générique arrive enfin, on serait presque content qu'elle soit morte. Oui, derrière les faux-semblants, le sourire, se cache parfois une dure réalité. Merci le petit Dom pour cette leçon d'école primaire et ce catalogue de variations formelles sans queue ni tête. Une forme éclatée au service du glauque : un peu plouc.

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