PROMO-Rhonda-Fleming-as-Cheyenne-OMally-and-new-husband-Guy-Madison-as-Steve-Daley-in-Bullwhip-1958

Qu'il est âpre et tortueux, le chemin du petit trésor de western oublié qu'on redécouvre à la face stupéfaite du monde. Il mène parfois à de belles choses, et parfois à d'infâmes impasses. Bullwhip est de ces dernières, puisque tout y est consternant, du simplement raté dans la mise en scène au hideux dans la direction d'acteurs. Pourtant, tout démarre sur de bonnes bases, puisque l'idée de départ est plutôt amusante : un type condamné à mort sauve sa peau en épousant une femme dont il ignore tout, grâce à un douteux micmac orchestré par un juge peu regardant. Le projet de la belle est d'occire le nouveau marié dès sa sortie de prison et de toucher gentiment un héritage conséquent, enfin on comprend pas trop. Mais le complot rate, et notre homme, tant par esprit de vengeance que par attirance pour la félonne, la retrouve et se place lui-même, en tant que poux, à la tête de l'entreprise de fourrures qu'elle dirigeait avec une poigne de fer. On se dit que le film va être autant un western qu'une comédie de remariage, et on voit bien qu'avec Clark Gable et Carole Lombard au générique, on aurait eu une pétillante aventure romantique et mouvementée sur fond de convoi en territoire indien.

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Mais voilà : Jones n'a à sa disposition que Guy Madison et Rhonda Fleming, deux vrais tâcherons qui semblent jouer pour un public de 4 ans et demi. Postures forcées, mimiques à la De Funès (un jeu de sourcils de Fleming évoquant même le Jim Carrey des grands jours), c'est consternant. Ce jeu irregardable est pour beaucoup dans l'ennui et la consternation qu'on ressent à regarder ce pauvre film : la psychologie à deux balles est d'autant plus ringarde que les acteurs la jouent dans un premier degré désolant ; et du coup la misogynie bien épaisse du bazar ressort parfaitement : on lève les yeux au ciel devant ces visions antiques de la femme qui tombe raide dingue du gars qui la maltraite, le sourire satisfait de Madison quand il parvient à gagner le plumard de la belle, les rires gras de ces messieurs devant le manque de crédibilité de la dame en meneuse d'hommes (Arf arf arf, l'aut' avec son fouet, eh les gars), on se croirait dans les vestiaires d'un match de foot. Totalement dépourvu d'action (une pauvre bagarre en 80 mn de film), de suspense (il ne se passe rien) ou d'idées, rempli de mille truc inutiles (le sang indien de la belle ne donne aucune piste, par exemple), filmé platement, plein d'effets spéciaux ratés par manque de moyens visiblement, ce film est une véritable purge. Bullshit.

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