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Des envies de Paris en noir-et-blanc dans les années 20 ? Rien de mieux que de se tourner vers André Sauvage (le fameux réalisateur de La Croisière jaune) pour trouver satisfaction ! Vous ne connaissez pas La Croisière jaune ? Mais si, la traversée de la route de la soie, du Liban à la Chine, en Citroën ! Bon, j'y reviendrai bientôt ! André Sauvage, donc, filme Paris dans les règles de l'art : du travelling à foison (motorisé, sur terre ou sur voie fluviale), du panoramique soigné, des cadres en plongée à tout va, notre ami, qui sait soigneusement peser la longueur de chaque plan (ni trop court pour qu'on ait le temps d'observer les gens, ni trop long pour ne point s'endormir) nous donne un bel éclairage sur la Ville Lumière. Quartier par quartier, tranquillement, avec ses petits cartons, il nous montre toute la diversité de la capitale. Il nous fait pénétrer dans la ville par les différents canaux qui mènent à la Seine et j'aime autant vous dire que l'on voit passer du chaland, tiré par des chevaux ou par des hommes... On observe de tout, sur ces eaux, de l'incontournable péniche à la petite barcasse à voile. On découvre surtout ce passage sous-terrain du canal Saint-Martin qui nous donne des images magnifiquement éclairées... Et sinon, on se tape tous les monuments classiques ? Pas vraiment : si notre homme s'arrête sur Notre Dame, la Tour Saint-Jacques, le Panthéon ou une poignée d'églises, c'est surtout pour nous faire prendre de la hauteur et nous livrer des vues imprenables sur la capitale.

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Alors oui, on aura notre lot de statues et de jardins parisiens (mais pas de visite de musée, hein, on reste dehors), mais ce qui semble surtout intéresser l'ami André au delà de tout ce qui est bâtisse et béton, c'est aussi de capter l'animation d'un quartier : de l'agitation effroyable devant l'Opéra (bagnoles, vélos, charrettes, passants innombrables - et les Parisiens de nos jours qui se plaignent, ben voyons...) aux quartiers les plus excentrés, les plus périphériques (Bicêtre et son lot de gamins des champs...), on a un aperçu assez complet de cette trépidante ou relativement plus campagnarde vie parisienne. Tous ces hommes à chapeau, toutes ces femmes à bonnet, tous ces chevaux à œillères, on se dit nom de dieu qu'il y a cent ans, Paris était déjà Paris, un centre particulièrement agité où chacun cherchait à aller de l'avant... Heureusement, tout de même, il y a aussi des pêcheurs, en barque, sur les rives, que l'on ne voit jamais rien prendre mais qui semblent ainsi échapper, avec calme et dignité, à la cohue parisienne. Paris, propre comme un sou neuf mais déjà envahi par une certaine brumasse, demeure cette ville multiple aussi imposante par la lourdeur de ses bâtiments que coquette et tranquille grâce à ses petits jardins coquets, ses bois, ces gamins qui jouent au cerceau ou qui suivent du regard leur petit bateau à voile dans le bassin du jardin des Tuileries... Pâris, Parrrrris, Parrrris, quoi. Une bien belle illustration signé Dédé.

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