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Un petit western, cela faisait longtemps, histoire d'aider à compléter l'odyssée golienne de huit mille oeuvres au bas mots (plus que d'indiens encore en vie, me glisse-t-on). C'est Sidney Poitier qui s'y colle, pour son premier film derrière la caméra. Il se retrouve, bien sûr, également devant, en incarnant un homme qui s'emploie à faire passer des familles blacks, libérées des champs de coton depuis la fin de la guerre de Sécession, vers le grand ouest... Seulement voilà, les dangers veillent : il y a des hordes de salopiots de blancs qui s'emploient à empêcher ces familles d'aller plus loin, les attaquant pour qu'elles rebroussent chemin et reviennent en Louisiane où la main d'oeuvre à bas coût manque ; il y a aussi des tribus indiennes qui veillent au franchissement de leur territoire... Poitier, qui est l'homme à abattre pour ces hordes, a fort à faire : il doit s'employer à détourner ces hordes, sans se faire descendre, doit pactiser avec les Indiens pour avoir un laisser-passer et se taper en plus un drôle d'individu qu'il a croisé en route : un certaine prêcheur qui est autant prêcheur qu'Elisabeth Borne de gauche ; c'est l'ami Harry Belafonte (presque méconnaissable avec sa petite barbiche et ses dents pourraves) qui incarne cette fripouille dont on ne sait trop au départ s'il s'agit d'un traître ou d'un allié... Il va en tout cas devoir s'allier pour un temps avec lui pour dézinguer cette horde et même piller une banquer. Bref ça sent la poudre.

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Sur une petite musique emballante à base de guimbarde et d'harmonica rouillé, on a vite faite de s'attacher à ce héros d'un bloc au regard et à la voix si doux. Poitier, dont on sent toute la dévotion auprès de sa communauté, est prêt à tout pour que ces familles rejoignent un jour une verte vallée. Seulement voilà, les blancs sont fourbes et attaquent souvent de nuit ces convois pour leur mettre le feu et décimer la moitié de ces migrants... La contre-attaque de Poitier s'annonce musclée, traquant avec son pote prêcheur ces blancs dans leurs cases puis pillant une banque pour récupérer l'argent volé aux blacks. On a droit ainsi à moult coups de pétards et à des cavalcades relativement solides. Intéressant aussi de voir une certaine complicité qui s'installe entre Poitier et les Indiens (qui parlent leur idiome, moi j'aime bien, surtout que je suis bon en indien) : même s'ils ont au départ des rapports basés sur le business, ils ont bien conscience, en un certain sens, de partager le même ennemi ; tous les blancs, bien entendu, ne sont pas à mettre dans le même panier, mais c'est bien eux ici qui incarnent en ces terres vierges le vrai poison. Un western "communautariste" solide qui ne révolutionne pas le genre mais qui donne à voir quelques séquences explosives à l'image du double canon scié de Poitier et ce calibre prévu pour la chasse aux mammouths. Avec en bonus une petite pointe de romance (Ruby Dee s'y colle - et participe à l'action) et d'amitié bon-enfant (Harry un type qui vous veut du bien...). Correc.

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