ovni-s-photo-1420420

Un indéniable charme se dégage de cette série française toute de lumière, qui travaille sur le facile sentiment de nostalgie mais le fait avec tendresse et fantaisie. Dans la lignée de la saison 1, mais en poussant un peu plus loin le bouchon du gentil délire, les auteurs réunissent une troupe de comédiens de toute évidence ravis de se plier à l'exercice et ravivent les années 80 à grands coups de pin's et de pubs télé à pomme. Cœur de cible de la chose, Gols et toute sa génération redécouvrent avec plaisir les pulls en lycra et les clips à effets spéciaux, et plongent sans effort dans cette série légère et gaie comme un pinson. Comme en plus il y est question d'ovnis, thème qui a marqué l'enfance de votre serviteur depuis qu'il a  vu Rencontres du troisième type, vous pensez bien que c'est gagné d'avance : OVNI(s) est un bonheur.

ovnis_saison_2_-_episode_3_6213a5230cdc5_0

Après sa rencontre avec les aliens dans la saison 1, Didier Mature veut absolument prouver au monde entier qu' "ils" existent, quitte à s'attirer les moqueries du corps scientifique (et jusqu'à la presse pour enfants), quitte à devoir travailler avec les moyens du bord (une caravane, trois branchements illégaux sur des antennes télé), quitte à perdre femme (qui n'a plus d'yeux que pour un beau mec qui sauve le monde) et enfants (qui se mettent à douter de leurs liens avec lui). Heureusement ça tombe bien : le cosmos semble vouloir communiquer, puisqu’une immense barbe à papa est envoyée au cœur d'une centrale nucléaire contre toute explication scientifique. Ni une ni deux : Mature s'empare du mystère, et aidé de son équipe de bras cassés débrouillards et romantiques, va tout mettre en œuvre pour atteindre son but : prouver que les extra-terrestres sont là. Pas de machines sophistiquées ici ou de grandes théories quantiques ; tout passe par des flamants roses perdus, un peigne cassé, une bande d'Eskimos, un chanteur de variétés et un jeu Merlin. Pour tout dire Mature, pour un grand scientifique, a l'air d'être totalement ignare en sciences. Mais il compense ces lacunes par une conviction inébranlable et un sens pratique parfait : pirater une émission de chansons télévisée, porter un serre-tête de gamine de 8 ans ou utiliser tout un campus ne lui pose pas de problème, du moment qu'il peut établir un contact avec "eux". C'est tout le bonheur de cette série : le sens des situations absurdes. Mature et sa bande œuvrent avec le plus grand sérieux mais dans un bordel total, ce qui les pousse à tomber dans des situations complètement non-sensiques.

ovni-s-photo-1420417

Le jeu totalement décalé de Melvil Poupaud, Daphné Patakia, Michel Vuillermoz, et surtout mon préféré Quentin Dolmaire (de la graine de Jean-Pierre Léaud, je vous le dis) est en adéquation avec cette fantaisie presque "comédie musicale" du film. C'est coloré, rigolo, pas toujours écrit super droit (les situations ont tendance à être de plus en plus invraisemblables, et parfois il y a une louche de trop), mais c'est surtout joué avec une joie communicative, qui ferait passer n'importe quelle incohérence. Seule Géraldine Pailhas a l'air un peu perdue là-dedans, c'est le seul personnage sans fantaisie et il est assez mal écrit. Mais tout le monde est au diapason des idées rocambolesques des auteurs, qui se laissent volontiers aller au délire, quitte à tomber parfois dans le n'importe quoi. Les références et clins d’œil aux années 80 font plaisir, la mise en scène très vintage est soignée, il y a des petites histoires intimes au milieu du grand barnum extra-terrestre, c'est vraiment une petite série apéro délicieuse.

2027849