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Il faut bien un peu de légèreté en cette chienne de vie, et je vous promets que j'en ai : Pain, Amour et Fantaisie est un modèle de sucrerie sans aucune conséquence, creux et sans aucune gravité. Et pour cette fois, ce ne sera pas un défaut : on passe 1h30 en plein soleil, à contempler sans façon la poitr le sourire de Gina Lollobrigida et à rigoler devant les mines de Vittorio de Sica, le tout dans un de ces villages de cartes postale que sait proposer l'Italie rurale. Le film sent littéralement l'olive et la cabrette, on entend d'ici les cigales, et ma foi cela suffira bien à notre satisfaction. Ça a suffi, d'ailleurs puisque le film fut apparemment un énorme succès à l'époque, on est bien content pour lui. Un fringant et célibataire Maréchal est muté donc dans ce village de montagne où chacun se connait, où les petits vieux passent leur temps à colporter des ragots et à observer les passants à la jumelle, où le pire qui puisse arriver est une bagarre entre deux femmes pour une robe ou un gus qui retient un peu trop longtemps la sage-femme jusqu'à ce que son épouse accouche. Difficile de trouver la femme idéale dans cette petite communauté, mais bien vite notre vieux beau pose ses yex sur deux girondes femmes : la sage-femme sus-citée (Marisa Merlini), mystérieuse et secrète, qui pourrait pourtant avoir une liaison à Rome ; et la fameuse "Bersagliera" (Gina : THE beauté italienne), jeune et pauvre paysanne qui n'a froid ni à ses yeux de biche ni à ses fesses de rêve, dont le cœur est pourtant voué à un jeune militaire tout niais et puceau. Situation plantée, et on n'ira guère plus loin : tout va reposer sur ces malentendus,ces scènes de séduction et ces brusques quiproquos qui envoient tout valdinguer, avant que, bien sûr tout s'arrange, et que chacun trouve sa chacune.

rueducine

Un film qui appartient au "néoréalisme rose" qui eût la côte dans les années 50, et on ne saurait mieux dire  : Pain, Amour et Fantaisie, c'est du bonheur et de la joie de vivre faits cinéma. Rien n'est important dans cette petite comédie sans façon. Si on se brouille c'est pour un panier de fraises ou un mot de travers, et de toute façon ça ne dure pas. On préfère conter fleurette sur les bicyclettes, tenter de s'embrasser dans les rivières ou badiner autour d'une mule chargée de foin. Certes, le contexte social est bien là, néoréalisme et de Sica obligent, on voit bien cette Italie rustique ; certes, on voit l'importance du curé et sa fatuité, on se moque gentiment du gendarme, le communisme est encore là dans ce groupe disparate mais soudé dont la sage-femme est finalement le ciment. Mais franchement, inutile de chercher le fond là-dedans : c'est juste un truc pour avoir la banane, et ça remplit relativement bien son rôle, si vous êtes un tant soit peu sucre et miel. Lollobrigida est belle et italianissime : un de ces caractères forts et craquants, l'archétype de la femme dure à la tâche, belle, joyeuse et grave, qui ont pu faire la gloire également de Sophia Loren ou d'Anna Magnani. Tout le film s'inscrit d'ailleurs dans la tradition nationale de la farce à la commedia dell'arte, où on rigole quand le flic tombe à l'eau, on soupire quand le beau gosse fait sa déclaration d'amour et on applaudit quand les obstacles s’évanouissent. Bref, ça pourrait servir de modèle pour une conférence sur "L'Italie rurale des années 50". Un film de détente qui ne va pas bien loin, et il fait bien.

Sans titre