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Comme on ne se refuse décidément rien sur Shangols, allez hop, on vous emmène en Zambie pour un petit tour honteusement touristique parmi les sorcières exposées et photographiées sur place - quand on n'a pas de monument national, il faut bien trouver une attraction. La chose ne pourrait être que banalement triste et glauque si elle ne concernait pas en plus une enfant... Accusée pour des motifs divers et souvent totalement extravagants (un homme a rêvé qu'elle lui coupait le bras...), notre pauvre chtite nenfant se retrouve en deux temps trois mouvements dans le camp des sorcières (l'autre choix était de devenir "chèvre"... la crédulité des enfants faisant le reste, la chtite s'est dit qu'à tout prendre il valait mieux rester humaine...). Seulement voilà, son lot n'est guère différent de l'animal vu qu'elle se retrouve attachée à une immense bobine : sachant qu'une sorcière risque à toute heure de s'envoler, cela constitue une certaine sécurité - et visuellement, toutes ses sorcières attachées à des bobines, cela crée forcément aussi un effet de ouf... Immédiatement, bien sûr, on a là tout un concentré de l'exploitation et de l'abus de l'enfance en ces contrées : littéralement domestiquée, utilisée pour rendre des avis de justice aléatoires (la chtite, manipulée par le "haut fonctionnaire du village" se doit de désigner, sans preuve aucune, au feeling, un voleur parmi toute une bande de suspects) ou pour faire la promotion de produit de consommation (des œufs de sorcière, c'est apparemment porteur), notre pauvre enfant a tôt fait de tomber dans une sorte d'état catatonique... On comprend le problème... Seul autre problème, on tombe un peu dans le même état qu'elle, non pas qu'on se foute du fond, mais parce que la forme s'épuise un peu... Après cette belle idée des bobines, de cette fuite impossible de la chtite à cause de cette corde qui lui retient les ailes, on tombe dans un faux rythme, pour ne pas dire dans un ventre mou (la longue scène des perruques, celle dans le bureau du blanc qui s'éternise, la séquence de l'école en plein air trop mollassonne et guère exploitée...) Incapable par la suite dde faire venir la pluie, la chtite est mise au rebut et l'ennui finit par la gagner autant que nous... Certes, sur le final, le réalisateur retrouve quelques belles idées visuelles pour mettre en scène cette triste déliquescence et la "tâche" d'huile provoquée par cette enfant sur les autres sorcières mais on eût aimé rester tout du long un peu plus au contact de cette gamine sacrifiée... On apprécie forcément cette plongée pour le moins caustique dans cette société rurale zambienne que l'on ne connaissait guère (...) mais on avoue un petit décrochement progressif face à ce récit où les idées s'épuisent un peu trop rapidement. Pas assez ensorcelé.

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