vlcsnap-2022-01-07-18h14m13s610

Adaptation d'un roman d'Ernaux (point lu) qui bénéficie du female gaze de Danielle Arbid et de l'interprétation sur un fil de Laetitia Dosch. Après avoir balancé cette petite phrase d'introduction hautement murie me voilà déjà un peu à cours d'arguments... Pas facile, forcément, de traiter d'une énième histoire d'amour dans le cinoche français, qui plus est une histoire de passion... On aura forcément droit aux scènes incontournables d'amour physiques enivrantes, d'attentes insoutenables, de retrouvailles flamboyantes, d'attentes angoissantes, de dépression lancinante, de retrouvailles pantelantes... Ben oui, forcément, tout l'arsenal, et on aura beau faire, on ne va pas ré-inventer les bases de la chose... Pendant plusieurs mois Dosch ne pense qu'à ce Russe (froid, tout en maîtrise, sauvage et doux, taiseux, russe quoi...), négligeant au passage quelque peu son gosse (un gamin pas forcément attachant, ça tombe bien), négligeant son taff (elle parvient à assurer ses cours de profs de lettres (décidément...) à la fac mais peine à se concentrer sur sa thèse), peinant à vraiment à y être complétement, même pendant des voyages (avec son gosse) dans des lieux magiques (Florence, bordel, quand même !). Bref, il l'appelle, elle prend l'appel, il la prend et suite au prochain numéro, quand le type (marié) sera dispo... Alors oui, la pauvrette est quelque peu dépendante de ce mâle, ne se laisse pas non plus forcément, le cas échant, dicter sa conduite (une petite scène de rébellion, suite à une réflexion du Russe sur ses tenues, assez bienvenue) mais l'intérêt ici semble surtout être cet état obsessif, amoureux, qui fait que l'on s'oublir dès que l'autre est là et que l'on ne peut l'oublier dès qu'il n'y est plus... Ils n'ont pas forcément de points communs, leurs discussions (entre un whisky et une clope) n'atteignent pas vraiment des sommets d'amour courtois mais il y a ici, pense-t-on, surtout, cette volonté de montrer ce trouble permanent de Dosch qui subit plus qu'elle ne domine cette relation, cet état, cet attachement... Cette histoire est bien sûr vouée à s'éteindre dans les larmes, des larmes utiles pour éteindre quoiqu'on en pense ce feu destructeur (lyrisme et poésie, à votre service)... Le film est un peu répétitif, ce Russe, un peu sans relief, au regard froid comme Poutine, n'attire pas franchement la sympathie, mais une fois encore c'est surtout sur Dosch, ses troubles, ses émotions, que se concentre le film, elle qui tente et qui parvient avec un certain sens de la nuance à jouer ce personnage pas si évident. On dira alors mention bien pour Dosch mais un simple film, à tout prendre, qui ne lâche pour le reste pas vraiment les chevaux...

vlcsnap-2022-01-07-18h14m48s448