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Projet toujours étonnant que celui qui fait passer d'un court au long et qui permet de filer plus longuement cette finaude métaphore : vivre en cité, c'est un peu comme vivre dans un monde à part, hors du monde et même lorsqu'on s'attache jusqu'au bout à défendre le rêve (de vie) que représentaient jusque-là ces fameuses tours, tout est voué à disparaître, à se dissoudre, à s'écrouler. Le parcours de notre jeune héros est pour le moins sympathique : Youri s'attèle tous les jours à la tâche pour redonner à ces vieux bâtiments un semblant de fonctionnalité - réparer les lumières, les ascenseurs... Il trouve en son pote Houssam et en la chtite Diana (Lyna Khoudri vraie révélation) une rom du tierquar, de fidèles assistants pour que ces vieilles tours résistent à la destruction... Seulement voilà, trop vétustes, trop amiantées, ces tours inaugurées en leur temps dans la liesse, sont vouées à être dynamitées. Youri, lui, reste dans cet espace, dans sa bulle et transforme un appart abandonné (la tour est évacuée de tous ses occupants) en véritable capsule (spatiale et temporelle) : s'il doit en rester qu'un ce sera lui, il sera le dernier à poser son empreinte en ces lieux : un petit pas pour l'homme mais un grand pas contre l'oubli... On suit avec un certain plaisir, dans un premier temps, cette petite mise en bouche de la vie de la cité ; si certains personnages secondaires ont un peu de mal devant la caméra, notre trio fait part d'un bel aplomb pour imposer, chacun, leur personnage... Une vie de cité qui n'est pas montrée comme une vie ravagées où chacun est isolé : au contraire, les derniers survivants de ces tours font souvent preuve de solidarité pour faire du sport (entre femmes), regarder sans danger une éclipse ou tout simplement faire la fête... Youri, lui, sans véritable attache familiale, continue tant et plus de se battre pour ce béton et pour les beaux yeux de Diana... Le film a tendance à mi-parcours à ralentir, à manquer un peu de souffle reposant un peu trop systématiquement sur cette métaphore filée entre rêve spatiale de Youri et combat pour préserver ce monde à part... On voit bien l'éventuelle tournure poétique que prend la chose mais on commence aussi fermement à s'ennuyer devant ce parallélisme exacerbé entre cette volonté de monter au ciel (le rêve de Youri) et cette plongée dans la solitude, pour ne pas dire dans une certaine misère (la réalité de notre jeune homme). On reconnaît la bonne idée de départ et une certaine vision pour le moins originale de la cité mais le film, trop long, finit par tomber un peu trop des mains (et pas assez du ciel). De quoi attiser un brin de curiosité (une belle brochette de djeun's notamment) mais pas de quoi en tomber gaga, quoi.

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