1 saXtjy7p2VbjPKQvjzAPVQPince-mi et pince-moi sont sur un bateau, en pleine tempête, sans plus de moteur. Les deux se pincent pour tenter de sortir du cauchemar et les deux risquent fort de tomber à l'eau... Une sale histoire par temps d'embruns... C'est bien dans un huis-clos pur et dur que Lynch nous embarque en nous mettant ces deux hommes face à face. L'un, expérimenté, sans plus trop d'attache, tente de survivre à tout prix. L'autre, plus jeune, tendre comme une pousse de bambou, fébrile, espère rapidement que la farce cesse pour retrouver sa pseudo-copine. Ils ne peuvent compter que sur eux, que sur leur ingéniosité et sur les richesses "de nos temps modernes" de la mer (on n'est plus vraiment dans l'ère du plancton cher à Bombard, plus dans celui du plastique cher à Bertrand) : on pense que l'union fera la force mais rapidement le proprio de la barque devra déchanter : face à lui, ce blanc-bec a vite tendance à sombrer dans le désespoir et il lui revient, à lui seul, d'assurer les conditions de leur survie... On se déleste de tout, puis on tente de traficoter deux trois choses avec les moyens du bord - d'autant qu'avant la pluie, le beau temps et la soif de poindre... Notre héros fait feu de tout bois, bouffe tout ce qui lui tombe sur la main, tente également au passage de procéder à un examen de conscience pour tenter de "laver ses péchés" pendant que l'autre continue de glisser peu à peu vers la mort... Vaincront-ils cette situation en retrouvant un semblant de solidarité ou sombreront-ils progressivement vers une sorte de douce (voire de violente) folie... Là encore, on reste pendant tout le récit "à flots" en espérant un impossible signe du destin. Une sombre et cruelle farce humaine qui n'en oublie pas au passage quelques piques sur notre sympathique pollution des mers ou encore notre affreuse indifférence au malheur des autres (tant que le business va... à l'image de ce porte-containers qui ignore nos deux naufragés). Chacun doit faire face à son passé, à ses erreurs, à ses doutes, à ses peurs et chacun tente à la mesure de sa propre gnaque de résister... autant dire que le proprio n'est pas tombé sur le meilleur des coéquipiers, un coéquipier qui a plus tendance parfois à lui mettre la tête sous l'eau (pour le coup) qu'à le soutenir dans ses initiatives. Paul Lynch semble n'être jamais à court d'avanies pour faire rebondir son histoire et l'on suit avec une certaine patience et un évident allant ce lent "sombrage" de deux âmes en peine. Humide, sombre, mais non sans une petite lueur d'espoir...