vlcsnap-2021-09-16-18h53m27s570

Voilà ce qu'on pourrait appeler un véritable western moderne, puisqu'ici le cowboy après avoir lessivé le grand ouest (et s'y être fait lessiver - des flashs sur le viols de sa copine et sur le sien émaillent ses cauchemars) revient à la ville, à New York... pour se prostituer : fini l'élevage de chevaux sauvages, le véritable étalon, comme le clame haut et fort Jon Voight, c'est lui !!! Seulement voilà, s'il n'y a plus de poussière, il reste en ville des petits gangsters de bas-étage (Dustin Hoffman : tu lui demandes de boiter, il se pète trois orteils) et de véritables bandits de grands chemins sous leurs faux airs civilisés (la pétasse qui refuse de le payer et qui en plus le taxe, le petit binoclard qui le suce au cinoche en ayant pas un rond en poche) : Voight est bâti comme un menhir mais perd tous ses duels... Après s'être fait mettre profond par Hoffman, il va tout de même finir par s'allier avec lui et tenter de détrousser moult gentes dames - pas évident tout de même de se faire un trou dans le milieu (pas de jeu de mots, ici) et difficile qui plus est de vivre dans le trou dégotté par un Dustin qui commence à suer sang et eau (avant d'être pendu haut et court ?)... Pourra-t-il, malgré tout, le Dustin, un jour, réaliser son rêve et partir en Floride ? Jon semble prêt à tout pour permettre à son buddy de réaliser son rêve...

vlcsnap-2021-09-16-18h54m38s454

vlcsnap-2021-09-16-18h53m57s433

On n'est pas encore chez Scorsese mais on est déjà dans un New York poisseux, sordide, halluciné... Schlesinger, outre sa paire d'anti-héros (le musculeux et niais Voight, le tordu et finaud Hoffman), nous livre des portraits pas piqués des hannetons : vieille radasse radine en chaleur, prédicateur au bord de la folie enfermé et solitaire (le petit numéro de John McGiver qui fait froid dans le dos : toujours se méfier d'un type qui possède un autel dédié à Jeeeezuss dans le placard de ses toilettes), artistes branchouilles organisant des soirées un rien délurées... Pas facile, au sein de cette faune, de trouver sa place et la fleur Voight va devoir se faire des piquants avant de trouver sa place... Il trouve, au fin fond du trou, un allié en Hoffman et nos deux clampins vont tenter vaille que vaille de remonter la pente, les cauchemars de Voight sur son passé traumatique laissant peu à peu la place aux doux rêves de Hoffman (qui s'imagine courir sur la plage aux côtés de son pote Voight - plus crypto-gay tu meurs). Nos deux amochés de la vie tentent de garder la foi et ce même s'ils risquent de morfler en route... Serait-ce l'innocent Voight qui va finir par se prendre un mur ou le glavieux Hoffman qui va s'étouffer dans sa morve ? Les paris sont ouverts et l'on suit ces déambulations infernales (pour un petit coup avec une bourgeoise, un gros coup dans ta gueule) dans cette cité qui a plus des allures de ville maudite délabrée que de centre urbain propre au rêve américain. L'image a un peu vieilli certes, le jeu du Dustin fait souvent sourire à son insu mais le film fit date (le personnage sur la brèche de Voight, le rat Dust-in qui mord la poussière, le traitement frontal de l'homosexualité) et garde encore une belle part de son petit côté rêche, rugueux, misérable. Pas si schlecht le gars Schlesinger !

vlcsnap-2021-09-16-18h54m49s881