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Documentaire "semi-posthume" de l'ami Riggs puisque celui-ci, atteint du Sida, mourut au cours du tournage. Cela fait d'ailleurs partie des images les plus marquantes de ce doc : alité dans son lit d'hôpital, Riggs, gardant toute sa dignité et sa tête, continue de s'entretenir avec son équipe sur ses idées et sur sa vision du film. Black is... Black ain't se veut un portrait "multicolore" (on peut oser pour le coup) de la communauté black. La métaphore filée qui court tout au long du doc (la préparation de ce plat familial qu'est le gumbo et dont les divers ingrédients seront égrenés par la grand-mère de Riggs lors du générique de fin : du poulet, des crevettes, de la saucisse de porc, des fruits de mer, etc...) illustre parfaitement la vision de Riggs vis-à-vis de sa propre communauté : une grande diversité (sociale, culturelle, sexuelle...) où chaque individu peut donner son sel, sa saveur à l'ensemble. Il sillonne pour ce faire les routes des USA (Louisiane, Californie, Caroline du sud...) et interroge des personnes sur leurs propres souvenirs, leurs propres sentiments par rapport à cette communauté. A défaut de prôner une "unité" quelque peu idéaliste et biaisée parmi les Blacks, il est ici plutôt question de "communion" entre eux, comme si chacun, avec ses différences, devrait apprendre à vivre ensemble. La meilleure illustration de ce moment de "communion" (stricto sensu comme disait mon prof de litté comparée) est sans doute cet épisode qui se déroule dans une communauté religieuse de Los Angeles où des partisans pro-gays (l'ostracisme de black gay étant bien sûr un cheval de bataille pour Marlon) se retrouvent pour chanter tous ensemble, ô Jizzzzuss, ô Lôôôrd - c'est la joie, c'est la fiesta, le ventripotent prêtre semblant avoir bouffé au préalable tous les préjugés du monde. On retrouve, comme dans les autres docs de Riggs, ce mélange de poésies, de danses, d'interviews d'intellectuels blacks (Cornel West, Angela Davis ou encore Michelle Wallace) comme pour tenter de ratisser le plus large possible. C'est un peu fourre-tout mais cela donne aussi un portrait très vivant, très éclaté, très fourni de cette communauté, Riggs tentant d'échapper, comme dans tous ses autres docs d'ailleurs, aux clichés du genre, aux caricatures molles. RIP Riggs.

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