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Décidément l'humour à l'arrache de l'ami Downey Sr. me passe un peu à travers même s'il faut reconnaître au gars, dans ce film hautement indépendant, toutes les audaces. Après la mort inattendue du président de cette boîte de publicité, Putney Swope (le seul black du board) est élu (de façon tout aussi inattendue : comme il était interdit de voter pour soi-même, tout le monde a voté pour celui qui avait le moins de chance d'être élu). Il prend rapidement les commandes de la boîte, mettant en place ses brothers et coupant les liens avec les industries de l'alcool, du tabac, et des jouets pour enfants. Jusque-là tout va bien, on arrive encore à suivre et l'on s'émerveillerait presque de ce black power au power. Après, avouons que cela se corse un brin. Si Putney, en proposant des pubs frontales, au message simpliste, doté d'un humour caustique, souvent au marteau, ne tarde pas à péter la baraque (les pontes blancs des différentes industries le payent avec des paquets de biffetons), notre homme capable d'endosser tous les rôles hors-establishment (il peut endosser une tenue de Castro comme celle des black panthers) traite un peu son personnel comme de la merde (avec en prime un petit droit de cuissage). Le film, truffé de références et de blagues plus ou moins lourdes, a alors un peu tendance à partir en vrille. On assiste un peu béat devant ce jeu de massacre où, à défaut de suivre un quelconque fil conducteur, on tente de s'intéresser à ces saynètes où s'agitent des personnages plus ou moins grotesques (le nain président, le black arabe souvent à genoux, le Chinois...). L'humour est souvent lourd, un rien grossier mais les réparties fusent tellement dans tous les sens qu'il donne une véritable énergie à cette oeuvre sans aucun doute moins foutraque, au niveau de la forme, que les autres œuvres de Downey mais tout aussi bordélique au niveau du scénario. On assiste un peu les bras ballant à ce brulot ravageur sur le monde de la pub et sur les affrres de la société américaine (et pas que) (le mâle dominant, le racisme, l'acheteur idiot...), Putney finissant par quitter lui-même le navire en prenant sa part de fric et en laissant ses employés se partager le reste... On goûte souvent tout le petit côté satirique et provocateur de la chose, un peu moins la drôlerie (l'humour de répétition, cela marche une fois (...) ; fallait-il sinon vivre aux States dans ces années-là pour capter toutes les subtilités et les implicites - c'est possible aussi) et on sort de la chose en ayant une nouvelle fois l'impression d'avoir vu un ovni sans toujours comprendre ce qui se passait dans le cerveau des occupants. Diablement indépendant et osé (on applaudit à deux mains) et délirant jusqu'à tomber dans une certaine facilité (on applaudit que d'une). 

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