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Il y a des fans de John Waters et de Divine et j'ai envie de dire tant pis pour eux. Ce Multiple Maniacs, après des débuts éventuellement prometteurs dans le petit côté "choquons et tuons le bourgeois", m'a paru plus long qu'une torture au pal et dieu sait que je ne suis pas adepte de la chose. On peut sans doute entendre que ce cinéma sexuellement sans tabou et mêlant à l'envi queer, homo, blonde, gérontophile et avaleur de vomi ait pu avoir des airs de grenade dégoupillée en son temps (et encore...) mais la chose semble aujourd'hui tellement foutraque, bordélique et longuette qu'on aurait presque envie d'arracher les faux-cils de Divine avec les dents ou avec une grosse tenaille. En ouverture, on a droit à un show chaud comme de la braise froide où sous une tente de fortune des quidam embourgeoisés pêchés dans la rue sont invités gratos à "s'encanailler" devant ces hommes s'embrassant, ces drogués en manque, sans oublier ce fameux avaleur de vomi ; nos bourgeois éructent, clament leur dépit tout en mâtant et auront la fâcheuse surprise, ces cons, en fin de spectacle, de se voir braqués - la fameuse Divine allant même jusqu'à flinguer, en tirant dans le tas, une spectatrice ; nos "artistes", ou disons nos saltimbanques se font la malle avec la discrétion d'un troupeau d'hippopotames... Il sera ensuite surtout question de la jalousie de Divine pour son mec-mac-animateur : il la trompe avec une blonde, elle le trompera avec une femme (se faire introduire un rosaire dans une église, faut quand même reconnaître que ce n'est pas courant et plutôt osé pour les gens de la génération de ma grand-mère) et tout cela s'achèvera dans un carnage "à la Sharon Tate" - c'était apparemment d'actualité ; Divine-Godzilla se retrouvera à errer en ville sous l'œil angoissé des passants...

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Oui, c'est sans doute un peu border-line pour ne pas un poil marginal dans le fond et dans la forme : on sent qu'on ne s'embarrasse pas de manières pour filmer et mettre à jour la sexualité des uns et des autres, pas plus d'ailleurs qu'on ne se pose des questions pour flinguer à tout va ; liberté sexuelle, liberté de tuer, et cinéma en liberté - moi, je veux bien ; c'est juste que passé dix minutes, le petit côté amateurisme fatigue (putain, il a pas appris à tenir une caméra, le gars, c'est l'école Lelouch ou quoi ?), et les divagations de Divine ennuient trop vite. Oui, certes, sa renaissance "rosarienne" à l'église est relativement surprenante en soi, l'introduction du rosaire étant montrée en montage alterné avec la crucifixion du Christ (m'est  avis qu'il y a là une volonté de provocation pas très catholique...) ; mais tout cela se fait dans des cris d'orfraie vite agaçants pour ne pas dire un peu ridicules. Quant aux multiples scènes de vengeances déclenchées par la pure jalousie des uns pour les autres, on a un peu l'impression côté réflexion de tomber au niveau de Minnie chez les mouettes rieuses... Ça veut baiser à tout va mais c'est susceptible comme un gamin capricieux... Ce règlement de comptes est un vrai pugilat avec éclatement de tripes et comme c'est filmé de façon toujours aussi approximative notre nausée n'a d'égale que notre ennui (je me suis fait violence, je vous assure que j'ai vu la fin...). Brr, je voulais me lancer dans un petit cycle Waters (ah non, pas Tavernier) et me voilà tout échaudé - je crois que cela sera partie remise, grand temps de revenir à ma sainte base cinématographique...

vlcsnap-2021-04-02-13h27m14s136